La Dernière Directive

irm

Etablit que Srila Prabhupada est le maître spirituel donnant l’initiation dans ISKCON

par

Krishnakant

 
Préface à La Dernière Directive

par la docteur Kim Knott,

Maître de Conférences Doyen en Etudes des Religions, Université de Leeds, UK

Alors que je faisais des recherches pour un document paru récemment sur “Srila Prabhupada, sa perception par les initiés et les non-initiés”, je me suis surprise en train d’essayer de réconcilier les différents points de vues des dévots sur la succession disciplique, et le rôle des gurus après le départ de Prabhupada en 1977. Bien évidemment, j’avais déjà pris conscience avant cela des périodes de crise entourant la chute de gurus ainsi que le choc et la tristesse affectant leurs disciples, frères et sœurs en Dieu. J’ai espéré comme beaucoup, que la réforme des gurus vers la fin des années 80 allait résoudre les problèmes de direction et d’initiation. Mais en ré-examinant la question pour préparer ma thèse, je lisais quelques-uns des arguments pour et contre le système actuel, ainsi que des documents d’autres érudits sur la question du guru et de la succession, et manifestement, la question était toujours d’actualité. Dans “L’Institution de la parampara”, de Jan Brzezinski paru dans le volume 5 du Journal des Etudes Vaisnavas plusieurs aspects du sujet sont abordés, et notamment l’importance pour le futur d’ISKCON d’un leader charismatique et qualifié. Ce n’est qu’un point de vue, mais il indique la capacité de ce sujet à susciter l’intérêt aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mouvement.

A la fin de l’année 1996, il m’a été demandé de lire La Dernière Directive, de donner mon opinion et de débattre des questions posées. En lisant, je comprenais sans le moindre doute, qu’il s’agissait d’un sujet préoccupant les dévots, et d’une importance fondamentale pour ISKCON. Il me semble que les questions théologiques soulevées comme l’autorité spirituelle et sa transmission, la relation entre le disciple et le représentant de Krishna, le guru et le véritable objet de l’adoration dévotionnelle, sont capitales. N’étant pas directement concernée, je ne peux pas me prononcer sur le sujet (ni apprécier les preuves présentées ici par rapport aux preuves du système actuel d’acarya). Toutefois, je peux clairement louer cette présentation comme étant une tentative sérieuse de présentation des éléments prouvant que Srila Prabhupada a établi un système de ritvik gurus qui devaient initier en son nom. J’espère qu’elle sera lue attentivement et débattue largement, non parce que je soutiens ou condamne cette position, mais parce que les sujets traités demandent une grande considération à tous niveaux. Ce sujet possède un réel intérêt personnel pour chaque dévot.

Il ne fait aucun doute qu’il serait imprudent pour une personne extérieure de s’impliquer en écrivant une telle préface mais, mon intérêt pour le Mouvement ainsi que ma bienveillance pour tous les dévots demeurent ma motivation.

Kim Knott, février 1997

 
Avant Propos

"ISKCON". Quiconque connait le Mouvement ne pourra nier que ce document a, pour le moins, provoqué un grand "débat", et a ainsi atteint son but en amenant ses conclusions sous les projecteurs.
Il sera désormais difficile pour les dirigeants d'ISKCON de prétendre avoir oublié les documents légaux officiels, signés personnellement par Srila Prabhupada, qui établissent clairement son intention de rester le seul maître-initiateur (diksa) pour le Mouvement spirituel qu'il a fondé. Ce sont ces documents légaux qui forment le cœur de La Dernière Directive qui est maintenant distribuée partout dans le monde, et disponible sur Internet. Il y a toutefois des pays où La Dernière Directive n'est pas encore disponible dans la langue locale, (en septembre 2008 sont disponibles les traductions en français, espagnol, allemand, russe, chinois, hindi, bengali, kannada, tchèque, italien, hongrois, néerlandais, d'autres sont en cours); de plus, les dirigeants d'ISKCON ont lancé une interdiction généralisée contre sa distribution dans tous les centres du Mouvement. Pour ces raisons de nombreux dévots n'ont pas encore lu ce document malgré la couverture médiatique et le débat général. Mais, en ce qui concerne les dirigeants et les gurus d'ISKCON, l'ignorance de l'instruction de Srila Prabhupada sur l'initiation ne peut plus être une excuse. Le fait que le Comité Directeur (GBC) d'ISKCON, ait essayé de freiner l'influence de La Dernière Directive, bien qu'il soit incapable de présenter la moindre instruction officielle pour soutenir sa position, prouve une fois de plus la pertinence de la mise en garde de Srila Prabhupada qui nous dit que les trompeurs prospèrent toujours là où les gens veulent être trompés. Dans l'introduction de La Dernière Directive, l'auteur déclare:

"Nous estimons donc peu probable que quiconque puisse délibérément désobéir - ou pousser autrui à désobéir - à une instruction directe de notre Acarya-Fondateur."

Constatant la dérobade du GBC, son entêtement, sa répression violente et sa malhonnêteté patente vis à vis de La Dernière Directive, ce point, mentionné ci-dessus en gras doit être maintenant corrigé.
Le Mouvement pour le Renouveau d'ISKCON (IRM) a pour fondement La Dernière Directive, et fut créé pour promouvoir ses conclusions. Il a un site web avec plus de cent articles du même auteur http://www.iskconirm.com, ainsi qu'un magazine trimestriel en couleur "Back to Prabhupada" (Retour à Prabhupada) distribué gratuitement à des milliers d'abonnés dans le monde. Les activités d'IRM ont bénéficié d'une couverture médiatique mondiale incluant de nombreux articles de presse et des sujets traités par la BBC. IRM a eu l'occasion de s'exprimer lors de conférences importantes, dont l'Association d'Etudes Internationales des cultes, le CESNUR et l'Académie Américaine de Religion. Par ailleurs, l'auteur de La Dernière Directive, a été publié par plusieurs éditeurs universitaires et académiques dont : Columbia University Press, Firma KLM, Continuum International Publishing et Facts on File. IRM, au cours de ces conférences et présentations, a gagné la reconnaissance de la communauté universitaire et académique en tant que force interne oeuvrant pour réformer ISKCON. Depuis sa création, un nombre croissant de dévots et de centres ont accépté les conclusions de La Dernière Directive.
 

Questions Fréquemment Posées sur le Mouvement pour le Renouveau d’ISKCON (IRM)

1) Qu’est ce que l’IRM?

L’IRM est composé de dévots ISKCON du monde entier qui veulent voir le mouvement revenir sur les rails, en accord avec les directives de son Fondateur, Srila Prabhupada.

2) Pourquoi l’IRM existe?

La réputation globale, et la pureté spirituelle d'ISKCON ont été soumises à de sérieuses détériorations depuis le départ physique de son fondateur le 14 novembre 1977. Srila Prabhupada, sans aucune aide, a donné au monde l'ISKCON en 1966 tel un immense cadeau, et lorsqu'il est parti, c'était une force dynamique, un phare pour l'humanité.
Malheureusement aujourd'hui ce mouvement se désintègre, un fait admis par le président du GBC Ravindra Svarupa dasa, dans ses notes de l'année 2000:

"Donc la question reste entière: Qu'allons-nous faire maintenant?
Comment allons-nous diriger notre organisation qui est divisée et se désintègre?"

Si on retrace l'origine de ce déclin, elle passe par plusieurs déviations des instructions et des normes données par Srila Prabhupada, toutes ces déviations culminant dans le fait d'avoir écarté Srila Prabhupada de sa position unique de seul diksa guru d'ISKCON. Le Mouvement pour le Renouveau d'ISKCON cherche à restituer à ISKCON sa gloire première, sa pureté et son intégrité philosophique par la remise en application de toutes les instructions et normes données par Srila Prabhupada, en commençant par lui restituer son rôle d'unique autorité et diksa guru d'ISKCON. La position de IRM est exposée dans La Dernière Directive et "No Change in ISKCON Paradigm" (non encore traduit). Ces deux documents sont disponibles sur notre site web: http://www.iskconirm.com .

3) Est-ce que l’IRM est séparé de l’ISKCON?

Non. C'est un mouvement dans le mouvement, composé de membres de l'ISKCON qui cherchent à réformer et ranimer le mouvement de l'intérieur.

4) Est-ce que le but de l’IRM est de former un nouveau mouvement?

Non. Il s'agit de rétablir l'ISKCON originel que Srila Prabhupada nous a légué. Ce but atteint IRM devra être dissout.

5) Quelle différence cela fera, une fois que Srila Prabhupada sera restauré dans sa position de seul diksa guru?

Tout d'abord, un des premiers axiomes de base de la vie spirituelle, est que nous ne pouvons progresser spirituellement que si nous suivons scrupuleusement les ordres du maître spirituel. Si le guru demande du lait et que nous lui amenions de l'eau, comment pourrait-il être satisfait? Et si le guru n'est pas satisfait, comment pourrions nous jamais approcher Krsna?

Cela fait plus de trente ans qu'ISKCON n'a pas exécuté ce que Srila Prabhupada a ordonné. Depuis que Srila Prabhupada nous a quitté physiquement, nous ne l'avons pas autorisé à initier ne serait-ce qu'une personne via son "ritvik" ou son organisation de représentants. C'est le seul système d'initiation qu'il ait jamais autorisé à fonctionner pour être continué dans son mouvement. Si les membres d'ISKCON recommencent à suivre ses ordres alors, naturellement, ils feront plaisir au Seigneur Sri Krsna et tout le succès spirituel suivra naturellement. De plus, comme tout le monde aura la même relation directe avec Srila Prabhupada en tant que disciple, l'esprit de clan sera naturellement aboli. Pour la première fois en plus de 30 ans, il y aura une unité avec un même esprit d'équipe, chacun travaillant avec un même objectif – le service et la glorification de Srila Prabhupada et Sri Krsna. Beaucoup de "gurus" d'ISKCON sont devenus la proie d'activités pécheresses grossières; lorsqu'ils sont partis, ils ont souvent emmené avec eux des centaines de milliers de dollars et beaucoup de leurs "disciples".
Cette perte continuelle de propriétés, de foi et de dévots, sera terminée puisque la foi sera placée uniquement en Srila Prabhupada, et non en des substituts faillibles. L'argent des "disciples" régulièrement aspiré par les "dakshinas" des quelques 80 "gurus" reviendra aux temples qui trouveront la stabilité financière et reprendront vie. la stabilité financière et reprendront vie.

6) Comment l’IRM peut être certain que sa position est meilleure que celle du GBC?

IRM considère sa position plus solide car elle est basée sur des documents légaux et signés, adressés à tout le mouvement. D'un autre côté, le GBC a présenté au moins 4 positions officielles (aucune d'entre elles n'étant soutenue par des documents légaux) se contredisant mutuellement, les empêchant ainsi de rivaliser avec notre position, que dire d'être supérieures. Nous devons mentionner clairement que non contents de se contredire les uns les autres, parfois, le même document se contredit. A titre d'exemple, si:

a) Comprenez sur mon Ordre, (“On My Order Understood” GBC, 1995):

Srila Prabhupada a donné l’ordre pour des gurus et en même temps l’ordre à des dévots d’agir comme ses représentants, et cela a eu lieu le 7 juillet 1977. (p28, Gurus et Initiation dans ISKCON)

b) Disciple de mon Disciple, (“Disciple of my Disciple” H.H. Umapati Swami, 1997):

Onze diksa gurus étaient établis et préparés le 28 mai 1977 car “ritvik” signifie “acarya officiant” qui veut dire “diksa guru”.

c) L’Ordre de Prabhupada, (“Prabhupada’s Order” Badrinarayan, 1998):

Il est clair que le GBC est confus quant à la date où les diksa gurus successeurs ont été nommés. IRM explique que cela est inévitable car Srila Prabhupada n'a jamais autorisé des diksa gurus; uniquement des ritviks, et c'est le système ritvik qu'il laissa fonctionner sans aucun ordre de l'interrompre. Sur ces bases nous affirmons que le GBC doit d'abord déterminer sa position définitive et seulement alors pourrons-nous juger de sa pertinence.
Le malheur dans tout ça, c'est que quiconque pose des questions, même aujourd'hui, au sujet des témoignages discordants du GBC, est impitoyablement chassé du mouvement.

Krishnakant septembre 2008

Si vous désirez de plus amples informations sur IRM, y compris un abonnement gratuit à notre magazine, ou si vous souhaitez poser des questions sur le contenu de La Dernière Directive vous pouvez écrire à l’auteur à irm@iskconirm.com ou bien visitez notre site: http://www.iskconirm.com

 
Introduction

Cet ouvrage se veut un humble effort pour présenter les instructions laissées par Srila Prabhupada au comité directeur (GBC) sur la manière dont il entendait que les initiations continuent dans l’International Society for Krishna Consciousness (ISKCON). Bien que nous citions plusieurs documents et articles publiés sur le sujet par des dévots aînés d’ISKCON, les principaux points de référence viendront du tout dernier guide officiel du GBC sur l’initiation intitulé: “Gurus and Initiation in ISKCON” (que nous mentionnerons par l’abréviation “GII”) et du document “On My Order Understood” qui est mentionné dans la section 1.1 des “Lois d’ISKCON”:

“Le GBC approuve le document intitulé “On My Order Understood” qui établit comme loi d’ISKCON le siddhanta final quant au désir de Srila Prabhupada de voir continuer la succession disciplique après le départ de Sa Divine Grâce.” [Voir partie II: Documents sur la position du GBC, dans ce volume.]” (GII, p.1).

Dans GII, le GBC affirme son intention de supprimer toute incohérence et contradiction des codes et lois d’ISKCON concernant les gurus, les disciples et guru-tattva d’une manière générale, afin d’établir un siddhanta final sur le sujet. Nous prions sincèrement que le présent document soit conforme à ce même objectif.

Dans ce souci d’une meilleure cohérence et fidélité philosophique, il nous semble qu’il subsiste une ou deux incohérences que GII ne traite pas en profondeur et qui gagneraient à être davantage débattues et commentées. Face à ces incohérences, certaines questions soulevées pourraient s’avérer délicates et des points de vue paraître même radicaux, mais il nous semble qu’en nous y attaquant dès maintenant nous réduirons considérablement les risques de confusion et d’éventuelle déviation pour le futur. Ce n’est pas la première fois que les “systèmes de gurus” d’ISKCON ont été radicalement revus et corrigés. Dans le passé, des symboles ont été supprimés, des cérémonies restreintes et des paradigmes transformés – tout cela sans trop de perturbations à long terme.

A tout prendre, ISKCON est sans aucun doute le plus important Mouvement de la planète. Aussi est-il impératif de maintenir une vigilance constante afin de s’assurer qu’il ne s’écarte, ne serait-ce que d’un millionième de la pointe d’un cheveu, des paramètres administratifs et philosophiques établis par notre acarya-Fondateur. Srila Prabhupada mit constamment l’accent sur le fait qu’on ne doit rien changer, inventer ou spéculer, mais simplement continuer de développer ce qu’il avait établi avec tant de soins et de sacrifices. Quel meilleur moment pour nous d’examiner de plus près la façon dont nous assumons l’expansion de sa mission, qu’en cette année qui marque son Centenaire (1996)?

Nous avons la profonde conviction que le “système de gurus” actuel dans ISKCON devrait être remis en conformité avec la dernière instruction signée de la main de Srila Prabhupada sur le sujet – la directive du 9 juillet sur l’initiation. (voir la lettre du 9 juillet 1977 page 111). Certains contestent parfois l’importance particulière attribuée à cette lettre par rapport à d’autres lettres ou préceptes. En réponse, nous citerons simplement un axiome présenté par le GBC lui-même, dans le guide GII :

“En toute logique, les derniers énoncés supplantent les précédents.” (GII, p.25)

Puisque la lettre du 9 juillet 1977 – qui fut adressée à tout le Mouvement – est, de fait, la dernière instruction concernant l’initiation dans ISKCON, elle doit être vue comme définitive. Il sera démontré que l’acceptation sans réserve de cette instruction et sa mise en pratique s’accordent pleinement avec les enseignements de Srila Prabhupada.

Nous ne sommes pas intéressés par les théories d’un complot et nous n’avons pas davantage l’intention de déterrer les détails des difficultés spirituelles passées de certains infortunés. Ce qui est fait est fait. Nous pouvons tirer les leçons des erreurs du passé et aider à paver la voie d’un avenir positif de réunification et de pardon plutôt que nous étendre sur les scandales d’hier. L’auteur considère que la grande majorité des dévots d’ISKCON s’efforcent avec sincérité de satisfaire Srila Prabhupada. Nous estimons donc peu probable que quiconque puisse délibérément désobéir - ou pousser autrui à désobéir - à une instruction directe de notre acarya-Fondateur. Néanmoins, il semble bien que d’un point de vue épistémologique et sur des détails d’administration, certaines aberrations se soient introduites et se soient répandues d’une manière générale à l’intérieur d’ISKCON au cours des dix huit dernières années. Nous prions qu’en identifiant ces zones troubles nous contribuions à réduire d’inutiles obstacles dans notre service de dévotion à Srila Prabhupada et Krsna.

Dans cet ouvrage, nous présenterons comme preuves des documents signés et envoyés personnellement par Srila Prabhupada ainsi que des transcriptions d’entretiens dont l’authenticité est reconnue par le GBC. Nous étudierons attentivement à la fois le contenu et le contexte de ces pièces afin de voir s’il faut les prendre au sens littéral ou si des amendements existent, qui pourraient raisonnablement en modifier le sens ou l’applicabilité. Nous nous pencherons également sur tous les aspects philosophiques qui pourraient être soulevés au regard de ces preuves, et nous répondrons à toutes les objections les plus souvent soulevées contre l’acceptation littérale de la directive du 9 juillet 1977 sur la procédure d’initiation. Nous envisagerons enfin comment la “procédure d’acarya officiant”, telle que l’instruction du 9 juillet la définit, pourrait être mise en place avec un minimum de perturbation.

Tous nos arguments se fonderont uniquement sur la philosophie et les instructions données par Srila Prabhupada dans ses livres, lettres, classes et entretiens. Nous implorons humblement la bienveillance de tous les Vaisnavas pour que personne ne se sente offensé et que nous ne perturbions aucunement la mission vitale de Sa Divine Grâce A. C. Bhaktivedanta Swami Srila Prabhupada.

 

Les Eléments De Preuve

Quiconque a connu Srila Prabhupada a pu souvent remarquer sa nature méticuleuse. Son attention soigneuse du moindre détail dans son service de dévotion était un de ses traits remarquables et, pour ceux qui le servaient intimement, un témoignage profond de son amour et de sa dévotion intenses pour Le Seigneur Sri Krsna. Sa vie entière fut consacrée à exécuter l’ordre de son maître spirituel, Srila Bhaktisiddhanta et, dans ce service, il était particulièrement très vigilant. Il ne laissait rien au hasard, corrigeant toujours, guidant ou réprimandant ses disciples dans un effort constant pour établir ISKCON. Sa mission était sa vie et son âme.

Il n’était certainement pas dans le caractère de Srila Prabhupada de laisser un aspect aussi important comme les futures initiations dans son Mouvement – qui lui tenait à cœur - dans le vague, l’ambiguïté ou sujet à débat ou spéculation. Cela se comprend d’autant plus, quand on sait ce qu’il advint de la mission de son propre maître spirituel qui, comme il le souligna souvent, fut ruinée en grande partie par la mise en place d’un système de guru non-autorisé. Ayant ceci à l’esprit, rappelons tout d’abord les faits que personne ne met en doute:

Le 9 juillet 1977, quatre mois avant son départ physique, Srila Prabhupada établit une procédure d’initiation avec recours à des “ritviks” ou “représentants de l’acarya”. Srila Prabhupada donna l’instruction d’instituer cette procédure “d’acarya officiant” immédiatement et de fonctionner ainsi désormais ou “dorénavant” (voir la lettre du 9 juillet page 111). Cette directive administrative, qui fut envoyée à tous les membres du comité directeur (GBC) et à tous les présidents de temple de l’Association Internationale pour la Conscience de Krishna, stipulait que désormais, les nouveaux disciples recevraient leur nom spirituel, leur chapelet et les mantras gayatri des 11 ritviks nommés. Les “représentants de l’acarya” agissant au nom de Srila Prabhupada, les nouveaux initiés devenaient tous disciples de Srila Prabhupada, ce dernier remettait ainsi à ces représentants les pleins pouvoirs de décider qui pouvait recevoir l’initiation; il fit bien comprendre qu’à partir de cet instant, il n’avait plus à être personnellement consulté. Pour en savoir plus sur les devoirs des ritviks, voir la section “Qu’est-ce qu’un ritvik?” page 93.

Dès le départ physique de Srila Prabhupada, le 14 novembre 1977, le GBC a suspendu cette procédure. Lors du Gaura-Purnima 1978, les 11 ritviks assumaient déjà le rôle “d’acaryas de zone diksa-gurus”, initiant des disciples en leur nom propre. Ils se prévalurent pour cela d’une instruction présumée de Srila Prabhupada qui les aurait autorisés eux seuls à lui succéder en tant qu’acaryas initiateurs. Quelques années plus tard, ce système d’acarya par zone fut lui-même remis en question puis remplacé, non pas par le rétablissement de la procédure initiale mais par un ajout d’une douzaine de gurus supplémentaires, avec l’élaboration d’un système complexe d’évaluation et de remise à niveau pour ceux qui dévieraient; la justification de ce changement était que l’instruction de devenir guru ne s’appliquait pas seulement aux onze, comme on nous l’avait d’abord dit, mais d’une manière générale à quiconque suivait strictement et obtenait, par voie de vote à la majorité des deux tiers, une approbation du comité du GBC.

Ce compte-rendu n’est pas une opinion politique ou partisane, mais un rappel historique des faits accepté par tous, y compris le GBC.

Comme mentionné plus haut, la lettre du 9 juillet fut envoyée à tous les membres du GBC et à tous les présidents de temple et reste à ce jour l’unique instruction concernant les futures initiations signée par Srila Prabhupada et adressée à tout le Mouvement. Commentant la directive du 9 juillet, Jayadvaita Swami a récemment écrit:

“Son authenticité est indiscutable [...] Cette lettre établit clairement un système de ritvik-guru.”
(Jayadvaita Swami “Where the ritvik People are Wrong”, 1996)

La controverse vient du fait que deux modifications ont été plus tard rajoutées à cette directive pourtant claire et faisant autorité:

Modification A:

La mise en place des représentants ou ritviks n’était qu’une mesure temporaire, spécifiée pour être supprimée après le départ de Srila Prabhupada.

Modification B:

Ayant cessé leur fonction de représentants, les ritviks deviendraient automatiquement des diksa gurus, initiants leurs propres disciples et non ceux de Srila Prabhupada.

Les réformes du système d’acarya par zone qui eurent lieu vers 1987 conservèrent intactes ces deux théories. Théories qui, en fait, soutenaient le système même qui devait être remplacé. Nous employons le terme modification pour les théories A et B, car aucune de ces deux assertions n’apparaît dans la lettre du 9 juillet, ni dans aucune directive ultérieure donnée par Srila Prabhupada.

Le document GII du GBC soutient clairement les modifications mentionnées plus haut:

“Quand on demanda à Srila Prabhupada qui initierait après son départ physique, il dit qu’il “recommanderait” et donnerait “l’ordre” à certains de ses disciples d’initier en son nom de son vivant et ensuite en tant que “gurus standard” dont les disciples seraient les petits-disciples de Srila Prabhupada.” (GII, p.14)

Au fil des ans, de plus en plus de dévots en vinrent à remettre en question la légitimité de la base de ces théories. Pour beaucoup, elles n’ont jamais été dûment démontrées, de sorte qu’un malaise fait de doute et de défiance grandit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement. À l’heure actuelle, livres, articles, courriers électroniques et sites Internet offrent presque quotidiennement les dernières nouvelles sur ISKCON et son système de gurus dénoncé comme déviant. Tout apport visant à résoudre cette controverse se doit d’être positif, si on se soucie réellement du Mouvement de Srila Prabhupada.

Un point sur lequel tout le monde s’accorde est que Srila Prabhupada est l’autorité ultime pour tous les membres d’ISKCON; aussi, quelle que soit son instruction, notre devoir est de la suivre. Il y a également accord sur le fait que l’unique directive signée par Srila Prabhupada concernant les futures initiations et qui fut envoyée à tous les dirigeants du Mouvement est la directive du 9 juillet 1977.

Il est intéressant de noter que GII ne fait aucune mention de l’existence de la lettre du 9 juillet, bien que ce soit le seul endroit où les onze “acaryas” originaux sont formellement désignés. L’omission est d’autant plus déconcertante que GII est censé offrir un “siddhanta final” sur la question.

Voyons maintenant de plus près la directive du 9 juillet, si l’on y trouve quoi que ce soit qui pourrait soutenir les hypothèses A et B.

L’instruction elle-même:

Répétons le, la directive du 9 juillet stipule que la procédure ritvik doit être suivie “dorénavant”. Le terme spécifique “dorénavant” n’a qu’un sens, à savoir “à partir de maintenant”. Ce qui correspond à la fois à l’utilisation précédente du terme par Srila Prabhupada et à sa signification en français. Contrairement à d’autres termes, le terme “dorénavant” ne présente aucune ambiguïté, le dictionnaire n’en donnant qu’une seule définition. Sur les 86 exemples répertoriés dans le Folio où Srila Prabhupada a utilisé le terme “dorénavant”, personne n’a jamais avancé la possibilité que le terme puisse signifier autre chose que “à partir de maintenant”. “À partir de maintenant” ne signifie pas “à partir de maintenant jusqu’à mon départ”. Cela signifie simplement “à partir de maintenant”. Il n’y a aucune mention dans la lettre, que la procédure devait s’arrêter au départ de Srila Prabhupada, ni que la procédure devait seulement être suivie durant sa présence physique parmi nous. De plus, l’argument selon lequel toute la procédure ritvik ne “repose” que sur un mot – dorénavant – ne tient pas, car même si on enlève ce mot de la lettre, rien ne change pour autant. On a toujours une procédure instituée par Srila Prabhupada quatre mois avant son départ, sans instruction ultérieure de la suspendre. En l’absence d’un tel contre-ordre, cette lettre doit être vue comme la dernière instruction de Srila Prabhupada sur l’initiation et doit par conséquent être suivie.

Instructions supplémentaires à l’appui:

D’autres déclarations de Srila Prabhupada et de son secrétaire dans les jours qui suivirent la lettre du 9 juillet indiquent clairement que la procédure ritvik était censée continuer sans interruption:

“…la procédure à suivre pour l’initiation dans le futur.” (11 juillet)

“…continue d’agir sous ma responsabilité en tant que ritvik.” (19 juillet)

“…continue d’agir en mon nom en tant que ritvik.” (31 juillet)

(voir en annexe)

Dans ces documents les mots ‘continue’ et ‘dans le futur’ indiquent, comme le terme ‘dorénavant’, la nature permanente de la procédure ritvik. Il n’y a pas de déclaration de Srila Prabhupada qui laisserait même sous-entendre que cette procédure devrait s’arrêter à son départ.

Instructions ultérieures:

Une fois la procédure ritvik mise en route, Srila Prabhupada n’a jamais ensuite donné l’ordre de l’arrêter, ni déclaré qu’elle devait être abandonnée lors de son départ. Conscient peut être qu’une telle chose pourrait par erreur ou autre, se produire, il écrivit au début de son testament que le “système d’administration” en vigueur dans ISKCON devait continuer et ne pouvait être changé – une instruction laissée intacte par un codicille ajouté seulement neuf jours avant son départ. S’il en avait eu l’intention, c’eût été là une occasion parfaite de révoquer la procédure ritvik (voir en annexe). Le fait d’utiliser des représentants pour donner des noms aux initiés relève d’un “système d’administration” est illustré par ce qui suit:

En 1975, une des résolutions préliminaires du GBC établissait que le “GBC avait l’unique responsabilité des questions administratives”. Voici quelques-uns des aspects “administratifs” qui étaient à l’ordre du jour du GBC, cette année-là:

“Pour recevoir la première initiation, le candidat doit avoir été un membre à plein temps pendant six mois. Pour la seconde initiation, il doit y avoir une période supplémentaire d’au moins un an après la première initiation.”
(Résolution n° 9, 25 mars 1975)

“Méthode d’initiation des sannyasis.”
(Résolution n° 2, 27 mars 1975)

Ces résolutions furent personnellement approuvées par Srila Prabhupada. Elles montrent clairement que la méthodologie utilisée pour déterminer les procédures d’initiation relevait d’un “système d’administration”. Si toute la méthodologie utilisée pour l’initiation est considérée par Srila Prabhupada comme un “système d’administration”, il s’ensuit qu’un des éléments de l’initiation à savoir l’emploi de ritviks pour donner des noms spirituels, s’inscrit dans ce même cadre.

Par conséquent, la suspension de la procédure ritvik d’initiation fut une violation directe des dernières volontés de Srila Prabhupada.

Une autre instruction du testament de Srila Prabhupada indiquant la longévité projetée de la procédure ritvik, est celle où il est stipulé que les administrateurs de ses propriétés immobilières permanentes en Inde ne pourront être choisis que parmi ses “disciples initiés”:

“…un (des) administrateur(s) successeur(s) pourra être nommé par les administrateurs restants, à condition que le nouvel administrateur soit mon disciple initié…” (Testament de Srila Prabhupada, 4 juin 1977)

Une telle condition ne peut être satisfaite que si la procédure d’initiation ritvik reste en vigueur après le départ de Srila Prabhupada, car sinon le vivier d’administrateurs potentiels finirait par se tarir.

En outre, chaque fois que Srila Prabhupada aborda le sujet des initiations après le 9 juillet, il ne fit que confirmer la procédure ritvik. Il ne laissa jamais sous-entendre que la procédure devrait s’arrêter à son départ ou qu’il y avait en coulisse des gurus qui attendaient, fin prêt à assumer le rôle de diksa gurus. Ainsi, en ce qui concerne les éléments de preuve directe, il apparaît qu’il n’existe rien qui puisse soutenir les théories A et B mentionnées précédemment. Comme nous l’avons dit, ces théories – que la procédure ritvik devait être suspendue au départ de Srila Prabhupada, et que les ritviks devaient alors devenir des diksa gurus – sont au fondement même du système actuel de gurus dans ISKCON. Si ces thèses s’avéraient nulles et non avenues, une révision radicale devrait s’imposer au GBC.

Le décor est posé. L’instruction elle-même, les instructions supplémentaires en appui et les instructions ultérieures soutiennent uniquement la poursuite de la procédure ritvik. Toutes les parties concernées admettent que Srila Prabhupada n’a donné aucune instruction de suspendre la procédure ritvik à son départ physique. Tous reconnaissent également que Srila Prabhupada a effectivement mis en place la procédure ritvik à partir du 9 juillet. Nous sommes donc en présence d’une situation où l’acarya:

1) a donné l’instruction claire de suivre une procédure ritvik.

2) n’a pas donné l’instruction de cesser de suivre cette procédure ritvik lors de son départ physique.

Par conséquent, pour qu’un disciple arrête de suivre cette instruction, avec un tant soit peu de légitimité, il faudrait qu’il fournisse de solides raisons de le faire. La seule chose que Srila Prabhupada nous a effectivement demandé, est de suivre la procédure ritvik. Il ne nous a jamais dit d’arrêter de la suivre ou que nous pouvions seulement la suivre durant sa présence physique. La charge de la preuve revient naturellement à ceux qui souhaitent mettre fin à une procédure mise en place par notre acarya et qui devrait désormais fonctionner. Ceci est un point évident; on ne peut pas, par simple caprice, arrêter de suivre l’instruction du guru:

“…le processus est qu’on ne peut pas modifier l’ordre du maître spirituel.”
(CC Adi 7.76-81, Lecture, 2/02/67, San Francisco)

Le disciple n’a pas à justifier qu’il continue de suivre une instruction directe du guru, particulièrement quand il a reçu l’instruction de le faire. Ceci est un axiome – c’est ce que le mot “disciple” signifie:

“Lorsqu’on devient un disciple, on ne peut désobéir à l’ordre du maître spirituel.”
(Lecture de la BG, 11/02/75, Mexico)

Étant donné qu’il n’existe aucune preuve directe établissant que la procédure ritvik aurait dû être abandonnée lors du départ physique de Srila Prabhupada, la décision d’y mettre un terme ne pourrait s’appuyer que sur des éléments de preuve indirects. Des éléments de preuve indirects pourraient apparaître du fait de circonstances particulières entourant l’instruction littérale directe. De telles circonstances atténuantes, pour autant qu’elles existent, pourraient ouvrir la voie à une interprétation de l’instruction littérale.

Examinons maintenant les circonstances entourant la directive du 9 juillet, afin de voir si de telles circonstances modificatrices ont pu effectivement exister et si, par déduction, il existe quoi que ce soit qui pourrait soutenir les théories A et B.

 

Objections Se Rapportant Directement À La Forme Et Aux Circonstances De La Dernière Directive
 

 

1. “La lettre laisse clairement penser que la procédure d’initiation ritvik n’avait été établie que pour la période pendant laquelle Srila Prabhupada était présent.”

Rien dans la lettre ne dit que l’instruction devait seulement être suivie lorsque Srila Prabhupada était physiquement présent. En fait, la seule information de la directive soutient la continuation de la procédure ritvik après le départ de Srila Prabhupada. Il est à noter que dans la lettre du 9 juillet 1977, il est mentionné trois fois que les nouveaux initiés seraient disciples de Srila Prabhupada. Dans leur plaidoyer pour soutenir le système actuel de gurus, les GBC ont rappelé avec vigueur que Srila Prabhupada avait déjà clairement établi qu’en ce qui le concernait, une loi inviolable excluait quiconque d’initier en sa présence. Le souci d’établir de façon si nette et incontes-table l’appartenance des futurs disciples à Srila Prabhupada indique que cette directive devait particulièrement s’appliquer à une période où l’appartenance des disciples aurait pu éventuellement être remise en question, à savoir après son départ.

Depuis des années, Srila Prabhupada employait des représentants pour chanter sur les chapelets, accomplir le sacrifice du feu, faire entendre les mantras Gayatri, etc. Personne n’a jamais eu le moindre doute quant à l’appartenance des nouveaux initiés. Au tout début de la lettre du 9 juillet, il est explicitement dit que les onze disciples mandatés sont des “représentants” de Srila Prabhupada. La nouveauté que cette lettre apporta, fut l’institutionnalisation officielle du rôle de ces représentants; rien, que l’on puisse confondre avec un ordre direct de devenir des diksa gurus à part entière. Si la procédure ne devait fonctionner que durant sa présence, l’accent mis sur l’appartenance des disciples à Srila Prabhupada aurait été superflu; d’autant que, tant qu’il était présent, il pouvait s’assurer que nul ne prétende à la possession de disciples. Tel que précédemment mentionné, ce point est répété trois fois dans une lettre, elle-même, courte et directe.

“Lorsqu’on rappelle un point trois fois, il faut comprendre: point final.”
(SP Bg. Classe, 27/11/68, Los Angeles)

La lettre du 9 juillet mentionne que les noms des nouveaux disciples initiés devaient être envoyés “à Srila Prabhupada” – Ceci indiquerait-il que la procédure ne devait être en vigueur que pendant la présence physique de Srila Prabhupada? Certains ont argumenté qu’étant donné que nous ne pouvons plus envoyer ces noms à Srila Prabhupada, cela rendait la procédure ritvik caduque.Le premier point à considérer est l’objet (précisé dans la lettre) de cet envoi de noms à Srila Prabhupada, à savoir “…afin de l’inscrire dans le registre des ‘Disciples Initiés’ de Sa Divine Grâce.” Nous savons, d’après l’entretien du 7 juillet (voir en annexe), que Srila Prabhupada n’inscrivait pas lui-même les nouveaux noms dans ce registre. C’est son secrétaire qui s’en chargeait. Un autre document qui confirme que les noms devaient être envoyés pour inscription dans le registre, mais pas de façon spécifique à Srila Prabhupada, est la lettre envoyée le lendemain même à Hansadutta, dans laquelle Tamal Krsna Goswami lui explique les devoirs de sa nouvelle fonction de ritvik:

“…vous devrez envoyer leurs noms afin qu’ils soient inscrits dans le registre des ‘Disciples Initiés’ de Srila Prabhupada.”
(Lettre de Tamal Krsna Goswami à Hansadutta, 10/07/77)

Il n’y est nullement mentionné que les noms doivent être envoyés à Srila Prabhupada. Cette procédure aurait parfaitement pu continuer après le départ physique de Srila Prabhupada. Rien dans La Dernière Directive ne stipule que si le registre des “Disciples Initiés” se trouve séparé physiquement de Srila Prabhupada, les initiations doivent être suspendues.

Le point suivant est que l’acte de procédure consistant à envoyer les noms des nouveaux initiés à Srila Prabhupada est un acte post-initiation. Les noms ne pouvaient en tout état de cause être envoyés qu’après l’initiation. On ne peut prendre une instruction concernant ce qui doit être fait après l’initiation pour modifier ou remettre en question un élément pré-initiation et à plus forte raison l’ensemble même de la procédure (le rôle du ritvik étant déjà rempli bien avant la cérémonie d’initiation proprement dite). Que les noms puissent ou non être envoyés à Srila Prabhupada ne change rien à la procédure d’initiation, car au moment où les nouveaux noms sont prêts à être envoyés, l’initiation a déjà eu lieu.

Le dernier point est que si l’envoi des noms à Srila Prabhupada représentait un aspect vital de la cérémonie, alors, avant même le départ de Srila Prabhupada, la procédure aurait pu s’avérer inapplicable, ou du moins courait le risque de l’être à tout moment. Il était généralement compris que Srila Prabhupada pouvait quitter ce monde à tout moment; aussi le risque de ne pouvoir transmettre à temps les noms existait déjà dès le jour où la directive fut envoyée. En d’autres termes, si on considère le scénario toujours possible où Srila Prabhupada quitte ce monde le lendemain de l’initiation d’un disciple par la procédure ritvik, selon l’argument présenté plus haut le disciple n’aurait pas été effectivement initié, et cela juste à cause du délai d’acheminement du courrier. Nous n’avons pas trouvé mention dans les livres de Srila Prabhupada que le processus transcendantal de diksa, qui peut prendre de nombreuses vies à parfaire, puisse être entravé par les vicissitudes des services postaux. Rien n’empêcherait aujourd’hui d’inscrire les noms des nouveaux initiés dans le registre des “Disciples Initiés” de Sa Divine Grâce. Ce registre pourrait ensuite être présenté à Srila Prabhupada à un moment approprié.

2. “La lettre ne dit pas spécifiquement “cette procédure continuera après le départ de Srila Prabhupada”; il était donc juste d’y mettre un terme au départ de Srila Prabhupada.”

Considérons les points suivants:

  1. La lettre du 9 juillet ne dit pas non plus: “La procédure ritvik doit se terminer au départ de Srila Prabhupada.” Pourtant, on y mit fin dès son départ.
  2. La lettre ne dit pas non plus: “La procédure ritvik doit être en vigueur quand Srila Prabhupada est encore présent.” Pourtant, elle fut en vigueur quand il était encore présent.
  3. La lettre ne dit pas non plus: “La procédure ritvik ne doit être en vigueur que jusqu’au départ de Srila Prabhupada.” Pourtant, on ne la laissa en vigueur que jusqu’à son départ.
  4. La lettre ne dit pas non plus: “La procédure ritvik doit s’arrêter.” Pourtant, on l’arrêta.

En résumé, le GBC insiste pour que:

  • La procédure ritvik doive s’arrêter.
  • La procédure ritvik doive s’arrêter au départ de Srila Prabhupada.

Aucune de ces stipulations n’apparaît dans la lettre du 9 juillet, ni dans aucune autre directive signée; elles sont cependant au fondement même à la fois du système d’acarya par zone et de l’actuel “Système d’acaryas Successeurs Multiples”, que nous appellerons S.A.S.M. (dans ce contexte, nous utilisons le terme acarya dans son sens le plus élevé, celui de maître spirituel initiateur ou diksa guru).

Soutenir qu’étant donné que la lettre ne spécifie pas la durée pendant laquelle la procédure ritvik doit fonctionner, elle doit donc s’arrêter au départ de Srila Prabhupada, est complètement illogique. La lettre ne spécifie pas non plus que la procédure doit être suivie au cours de la journée même du 9 juillet; selon cette logique, elle n’aurait alors jamais même dû être suivie. Même en admettant que “dorénavant” puisse s’étendre au moins jusqu’à la fin de la journée où l’ordre fut donné, ce mot n’indique pas qu’on doive la suivre le lendemain, le 10 juillet. Peut-être aurait-on dû la suspendre alors?

L’exigence d’une période spécifiée à l’avance pour l’application de la procédure ritvik vient en contradiction avec le fait de l’avoir acceptée pendant une période de 126 fois 24 heures (4 mois), car ces 126 périodes de temps distinctes ne sont nullement spécifiées dans la lettre. Tout le monde semble pourtant satisfait que la procédure ait été en vigueur durant précisément ce laps de temps. À moins de reconnaître le sens “non-limité” du mot “dorénavant”, on aurait pu suspendre la procédure à n’importe quel moment après le 9 juillet. Alors pourquoi choisir le départ?

Autant dans l’emploi du terme par Srila Prabhupada (répertorié 86 fois) que dans l’histoire de notre langue, il n’y a pas d’exemple où le terme “dorénavant” aurait jamais signifié:

“Tout laps de temps jusqu’au départ de la personne qui a donné une instruction”

Pourtant, selon la pensée qui prévaut actuellement, c’est ce que ce mot devait signifier dans la lettre du 9 juillet. Tout ce que dit la lettre est que la procédure doit être suivie “dorénavant”. Alors pourquoi l’avoir suspendue?

3. “Il y a bien des instructions qu’on ne peut plus suivre après le départ de Srila Prabhupada; il est entendu qu’elles ne pouvaient être suivies que lorsqu’il était présent; par exemple, quelqu’un a pu être désigné pour ‘dorénavant’ masser régulièrement Srila Prabhupada. C’est peut-être le cas de la directive ritvik.”

S’il y a impossibilité pratique de suivre une instruction après le départ physique de Srila Prabhupada, par exemple lui faire un massage quotidien, il est bien évident que la question ne se pose pas. Le devoir du disciple consiste simplement à suivre une instruction jusqu’à ce qu’il devienne impossible de le faire ou jusqu’à ce que le maître spirituel modifie cette instruction. La question ici est de savoir s’il est possible de suivre une procédure ritvik sans la présence physique de la personne qui l’a établie.

À la vérité, la procédure ritvik fut spécifiquement établie pour fonctionner sans la moindre implication physique de Srila Prabhupada. Si la procédure ritvik avait continué après le départ de Srila Prabhupada, elle serait restée en tout point identique à ce qu’elle était lorsqu’il était présent. Après le 9 juillet, l’implication de Srila Prabhupada était inexistante, de sorte qu’à ce stade déjà, la procédure fonctionnait comme s’il avait déjà quitté ce monde. De ce fait, la procédure ritvik ne peut être qualifiée d’inopérante ou inapplicable du fait du départ de Srila Prabhupada, car son départ n’affecte en rien le fonctionnement de la procédure. En d’autres termes, la procédure ritvik ayant été spécifiquement établie pour fonctionner comme si Srila Prabhupada n’était pas présent sur la planète, le fait de son départ ne saurait en soi rendre cette procédure caduque.

4. “Le fait que l’instruction fut ‘seulement’ donnée dans une lettre et non dans un livre autorise à en faire une interprétation.”

L’argument ‘lettres contre livres’ ne s’applique pas ici car il ne s’agit pas d’une lettre ordinaire. En général, quand Srila Prabhupada écrivait une lettre, c’était pour répondre à une question particulière d’un disciple, donner une instruction personnalisée ou faire une réprimande. Naturellement, dans ces cas, la question posée, la situation particulière ou la déviation d’un dévot peuvent ouvrir à interprétation. Dans les lettres de Srila Prabhupada, tout ne s’applique pas nécessairement d’une manière universelle (par exemple, dans une lettre à un dévot qui n’était pas très habile à utiliser les épices, Srila Prabhupada lui recommanda de cuisiner simplement avec un peu de sel et de curcuma; il est clair que cette recommandation n’était pas destinée au Mouvement entier). Mais La Dernière Directive sur les initiations n’est pas sujette à interprétation car elle ne vient pas en réponse à une question particulière, situation personnelle ou comportement d’un disciple. La lettre du 9 juillet 1977 est une directive administrative de procédure qui fut envoyée à tous les dirigeants du Mouvement.

La lettre suit la forme de toute instruction importante envoyée par Srila Prabhupada, qu’il voulait qu’on suive sans interprétation – il la fit rédiger, l’approuva en la signant, puis l’envoya à ses disciples dirigeants. À titre d’exemple, il fit envoyer une de ces lettres le 22 avril 1972, adressée à ‘TOUS LES PRÉSIDENTS DE TEMPLE’ :

“Le devoir du secrétaire régional est de s’assurer que les principes spirituels sont bien observés dans tous les temples de sa zone. À part cela, chaque temple doit être autonome et financièrement indépendant.”
(SP Lettre à tous les Présidents de temple, 22/04/72)

Srila Prabhupada ne publiait pas un nouveau livre chaque fois qu’il donnait une instruction importante, qu’elle doive continuer d’être suivie après son départ ou non. La forme sous laquelle cette instruction fut donnée ne l’expose donc pas aux interprétations ni n’entame sa validité.

5. “Peut-être qu’à l’époque où la directive fut donnée, il y avait un contexte particulier qui aurait écarté son application après le départ de Srila Prabhupada.”

Si de telles circonstances avaient existé, Srila Prabhupada l’aurait mentionné dans la lettre ou dans un document joint. Srila Prabhupada donnait toujours suffisamment d’informations pour que ses instructions puissent être suivies correctement. Il n’était pas dans sa façon d’agir de considérer que ses présidents de temple étaient des devins et qu’il lui suffisait de donner des bribes de directives incomplètes qui seraient déchiffrées plus tard par télépathie. A titre d’exemple, si Srila Prabhupada avait voulu que la procédure ritvik s’arrête à son départ, il aurait ajouté à la lettre du 9 juillet les sept mots suivants: “Cette procédure se terminera à mon départ”. Un rapide aperçu de la lettre montre qu’il voulait qu’elle continue “dorénavant”. (voir la lettre du 9 juillet 1977 page 111)

Il est parfois avancé que la procédure ritvik n’avait été mise en place que parce que Srila Prabhupada était malade.

Que les dévots aient eu ou non, connaissance de l’ampleur de la maladie de Srila Prabhupada, comment auraient-ils pu déduire d’une lettre qui ne dit rien de sa santé, que c’était la raison pour laquelle elle avait été envoyée? Où a-t-on vu Srila Prabhupada dire que toute instruction venant de lui devait être interprétée en tenant compte de son dernier bulletin de santé? Pourquoi ceux qui reçurent La Dernière Directive sur l’initiation n’auraient-ils pas dû la prendre comme toute les autres instructions sans l’interpréter?

Srila Prabhupada avait annoncé qu’il était venu à Vrindavan pour y quitter son corps. Étant tri-kala-jna, il était fort probablement conscient de son départ quatre mois plus tard. Il avait formulé des dernières instructions pour la continuation de son Mouvement; rédigé son testament et d’autres documents concernant le BBT (Bhaktivedanta Book Trust) et le GBC, expressément pour donner les directives à suivre après son départ qu’il voyait imminent. La seule question encore à régler était la manière d’accomplir les initiations après son départ. On ne savait alors pas encore précisément comment les choses devraient se dérouler. La directive du 9 juillet clarifia pour tout le monde la manière exacte dont les initiations devaient se dérouler en son absence.

En résumé, on ne peut pas modifier une instruction par une information dont les destinataires de cette instruction ne disposaient pas. Pourquoi Srila Prabhupada aurait-il délibérément envoyé une directive en sachant par avance que personne ne pourrait la suivre correctement puisqu’il manquait une information essentielle dans la directive? Si la procédure ritvik n’avait été établie qu’à cause de sa maladie, Srila Prabhupada l’aurait mentionné dans la lettre ou dans un document joint. On n’a jamais vu Srila Prabhupada agir ainsi, de manière délibérément ambiguë et peu informative, particulièrement quand il s’agit d’instruire le Mouvement entier. Srila Prabhupada n’a jamais rien signé de façon désinvolte, et quand on considère la portée de l’instruction en question, il est inconcevable qu’il ait pu omettre la moindre information vitale.

6. “La ‘cassette des nominations’ ne contient-elle pas des informations qui limitent la portée de la directive du 9 juillet à la période pendant laquelle Srila Prabhupada était physiquement présent sur la planète?”

Dans le guide GII du GBC, l’unique élément de preuve offert pour soutenir les modifications A et B est extrait d’un entretien qui eut lieu le 28 mai 1977. GII semble concéder qu’il n’existe pas d’autre élément de preuve sous forme d’instruction, faisant référence directement à la fonction de ritviks après le départ de Srila Prabhupada:

“Bien que Srila Prabhupada ne répétât pas ses propos antérieurs, il était entendu qu’il envisageait que ses disciples initieraient dans le futur.” (GII, p.35)

L’entretien du 28 mai étant l’unique élément de preuve présenté, une section distincte y est consacrée page 35. Reste que les détails de cet entretien n’ayant pas été rapportés dans la lettre du 9 juillet et Srila Prabhupada n’ayant pas fait joindre l’enregistrement à cette directive, on en déduira par conséquent que cet entretien ne peut contenir d’élément vital pour la compréhension de La Dernière Directive. En fait, l’entretien du 28 mai ne fut révélé que plusieurs années après le départ de Srila Prabhupada. On nous demande donc de modifier une instruction écrite en termes clairs au vu d’une information dont ne disposaient pas ceux à qui cette instruction avait été adressée. Comme nous le verrons plus loin, l’entretien du 28 mai ne contient absolument rien qui contredise La Dernière Directive.

D’une manière générale, les dernières instructions du guru supplantent toujours les précédentes: La Dernière Directive est La Dernière Directive et il faut donc la suivre:

“Je peux vous dire plusieurs choses, mais quand je vous le dis directement, alors vous le faites. Votre premier devoir est de le faire, il n’est pas question d’argumenter “Mais, vous m’avez dit de faire comme ceci auparavant”, non ce n’est pas votre devoir; ce que je vous dis de faire maintenant, vous le faites, c’est ça l’obéissance, pas question d’argumenter.”
(SP S.B. Classe, 14/04/75, Hyderabad)

Dans la Bhagavad-gita Krsna donna de nombreuses instructions à Arjuna et décrivit divers types de yoga, du Dhyana au Jnana, mais tout cela fut supplanté par une dernière instruction:

“Emplis toujours de Moi ton mental et deviens Mon dévot” doit être vu comme La Dernière Directive du Seigneur et doit être suivie.”
(Teachings of Lord Caitanya, chap.11)

La Dernière Directive donnée par Sankarâchârya, “bhâjâ Govinda”, devait également supplanter nombre de ses déclarations précédentes, et en fait toutes. Tel que mentionné dans l’introduction, le GBC lui-même reconnaît qu’il s’agit là d’un principe axiomatique de logique:

“En toute logique, les derniers énoncés supplantent les précédents.” (GII, p 25)

Il n’est pas possible d’avoir une instruction qui soit “postérieure” à la dernière. Ainsi, selon la propre logique du GBC, on doit suivre la procédure ritvik.

7. “Srila Prabhupada a souvent dit que tous ses disciples devaient devenir des gurus; cela prouve bien qu’il ne voulait pas que la procédure ritvik continue.”

Srila Prabhupada n’a jamais nommé ou ordonné à quiconque de devenir un diksa guru après son départ. Aucun élément en ce sens n’a jamais été produit et plusieurs dirigeants aînés d’ISKCON l’ont d’ailleurs reconnu:

“Et c’est un fait que Srila Prabhupada n’a jamais dit: “Voici le prochain acarya” ou “Voici les onze prochains acaryas, les gurus accrédités du Mouvement pour la planète.” Il n’a rien dit de tel.”
(Ravindra Svarupa dasa, Débat de San Diego, 1990)

Srila Prabhupada enseigne sans équivoque que le diksa guru doit être un maha-bhagavata (situé au plus haut stade de la réalisation de Dieu) et être spécifiquement accrédité par son propre maître spirituel. Il a toujours fermement condamné l’usurpation du poste de guru par ceux qui ne sont ni qualifiés ni accrédités comme il se doit. Nous citons ci-dessous le passage des livres de Srila Prabhupada où le terme diksa est lié à une qualification spécifique:

maha-bhagavata-srestho brahmano vai gurur nrnam
sarvesam eva lokanam asau pujyo yatha harih
maha-kula-prasuto’pi sarva-yajnesu diksitah
sahasra-sakhadhya yi ca guruh syad avaisnavah

“Le guru doit être situé au plus haut stade du service de dévotion. Il existe trois catégories de dévots, et le guru doit être choisi dans la catégorie la plus élevée.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

“Le bhakta qui a atteint le stade ultime de maha-bhagavata doit être reconnu comme guru et vénéré au même titre que Hari, Dieu la Personne Suprême. Seule une telle personne est digne d’occuper le poste de guru.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

Outre la qualification, Srila Prabhupada enseigne qu’il est essentiel de recevoir aussi l’autorisation explicite de l’acarya précédent avant d’agir en tant que diksa guru :

“En somme, sache qu’il n’est pas une âme libérée et par conséquent il ne peut initier personne à la Conscience de Krsna. Pour cela, il faut recevoir une bénédiction spirituelle spécifique d’autorités supérieures.”
(SP Lettre à Janardana, 26/04/68)

“Cette initiation, il faut la recevoir d’un maître spirituel authentique issu de la filiation spirituelle et ayant la permission de son propre maître spirituel. C’est ce qu’on appelle diksa-vidhana.”
(S.B. 4.8.54, Teneur et portée)

Un indien: Quand êtes-vous devenu le chef spirituel de la Conscience de Krsna?
Srila Prabhupada: Comment?
Brahmananda: Il demande: “Quand êtes-vous devenu le chef spirituel de la Conscience de Krsna?”
Srila Prabhupada: Lorsque mon Guru Maharaja m’en donna l’ordre. Telle est la guru parampara.
Un indien: Est-ce que…
Srila Prabhupada: Essayez de comprendre. N’allez pas trop vite. Un guru ne peut le devenir que lorsque son guru lui en donne l’ordre. C’est tout. Sinon, personne ne peut devenir guru.
(SP B.G. Classe, 28/10/75, Nairobi)

Srila Prabhupada enseigne ainsi qu’on ne peut devenir un diksa guru que lorsqu’il y a, à la fois, la qualification et l’autorisation. Srila Prabhupada n’a accrédité aucun diksa guru, ni dit qu’un de ses disciples avait la qualification requise pour pouvoir initier. Au contraire, à peine deux mois avant le 9 juillet, il acquiesçait à la déclaration qu’ils étaient encore des ‘âmes conditionnées’ et affirmait qu’il faudra être d’une grande vigilance pour prévenir que certains ne se posent en gurus. (voir en annexe l’entretien du 22 avril 1977)

Les éléments présentés pour soutenir une alternative à la procédure ritvik entrent dans trois catégories:

  1. L’appel fréquent de Srila Prabhupada à tous de devenir guru, souvent fait en relation avec le verset ‘amara ajnaya guru hana’ du Caitanya-Caritamrta.
  2. Une demi-douzaine de lettres personnelles dans lesquelles Srila Prabhupada mentionne l’éventualité pour ses disciples d’agir en tant que diksa guru après son départ.
  3. D’autres affirmations trouvées dans les livres et classes de Srila Prabhupada où le principe de disciples devenant des diksa gurus est mentionné.

Voyons d’abord la catégorie 1):

L’instruction donnée à chacun de devenir guru se trouve dans le verset suivant du Caitanya-Caritamrta que Srila Prabhupada citait souvent:

“Apprends à chacun à suivre les directives de Sri Krsna telles qu’elles sont données dans la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam. Deviens ainsi un maître spirituel et essaie de libérer tout le monde dans cette région.”
(C.C. Madhya, 7.128)

Or, le type de guru que le Seigneur Caitanya encourage chacun à devenir est clairement établi dans les ‘Teneur et portée’ qui suivent ce verset:

“On doit rester chez soi, chanter le mantra Hare Krsna et prêcher les instructions de Krsna telles qu’elles sont données dans la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam.”
(C.C. Madhya, 7.128, Teneur et portée)

“On peut rester chef de famille, médecin, ingénieur ou n’importe quoi d’autre. Cela n’a pas d’importance. La seule chose à faire est de suivre l’instruction de Sri Caitanya Mahaprabhu, de chanter le maha-mantra Hare Krsna et d’enseigner la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam à ses parents et amis […] Il est préférable de ne pas accepter de disciples.”
(C.C. Madhya, 7.130, Teneur et portée)

Nous voyons bien que ces instructions n’exigent pas que les gurus en question atteignent d’abord un niveau de réalisation particulier avant d’agir. La requête est immédiate. Il est clair qu’ici tous sont simplement encouragés à prêcher ce qu’ils ont pu apprendre, devenant ainsi des siksa gurus ou gurus instructeurs. Ceci est explicité par la stipulation que ces siksa gurus le restent et ne deviennent pas des diksa gurus:

“Il est préférable de ne pas accepter de disciples.”
(C.C. Madhya, 7.130, Teneur et portée)

Accepter des disciples est la charge spécifique du diksa guru, tandis que le siksa guru peut simplement s’acquitter de ses devoirs et prêcher de son mieux la Conscience de Krsna. Les ‘Teneur et portée’ de Srila Prabhupada montrent clairement que dans le verset cité plus haut, le Seigneur Caitanya autorise en fait des siksa gurus et non des diksa gurus.

Ceci est clairement répété dans d’autres exemples où Srila Prabhupada encourage chacun à devenir guru:

yare dekha, tare kaha, krsna-upadesa. Vous n’avez nul besoin d’inventer quoi que ce soit; ce que Krsna a dit, vous le répétez. C’est tout. N’ajoutez rien, ne changez rien, vous devenez alors guru […] Il se peut que je sois un insensé, un gredin […] Il faut donc suivre cette voie, devenir guru, libérer son voisinage et ses relations en répétant les paroles de Krsna qui font autorité. Alors cela agira […] Tout le monde peut le faire, même un enfant.”
(SP Darshan, 11/05/77, Hrsikesh)

“Etant donné que les gens sont dans les ténèbres, il faut que des millions de gurus puissent les éclairer. Ainsi la mission de Caitanya Mahaprabhu […] Il dit: “Que chacun de vous devienne guru.”
(SP Classe, 21/05/76, Honolulu)

“Dites simplement […] “Krsna dit: “Emplis toujours de Moi ton mental et deviens Mon dévot. Offre-Moi ton hommage et voue-Moi ton adoration.” Voulez-vous bien faire cela?” Si vous pouvez amener quelqu’un à faire cela, vous devenez un guru. Est-ce difficile?”
(SP Entretien, 2/08/76, Paris)

“Le vrai guru est celui qui enseigne ce que Krsna a dit… Il vous suffit de dire: “Voilà ce qu’il en est.” C’est tout. Est-ce si difficile?”
(SP Classe, 21/05/76, Honolulu)

“Mais je n’ai aucune qualification. Comment pourrais-je devenir guru?” Nul besoin de qualification… Qui que vous rencontriez, enseignez-lui simplement ce que Krsna a dit. C’est tout. Vous devenez un guru.”
(SP Classe, 21/05/76, Honolulu)

(Curieusement, certains ont utilisé de telles citations pour justifier la création de ‘diksa gurus aux qualifications minimales’ *(1), une entité dont on ne trouve mention dans aucun livre, entretien, lettre ou classe de Srila Prabhupada)

Un exemple de guru qui n’a d’autre qualification que de répéter ce qu’il a entendu peut être trouvé dans tout stage préparatoire pour nouveaux bhaktas dans ISKCON. Il est donc parfaitement clair que les citations présentées plus haut appellent en fait à devenir des maîtres spirituels instructeurs ou siksa gurus. Il n’y a rien là de surprenant, car Srila Prabhupada nous a déjà informés dans ses livres des conditions bien plus strictes à remplir pour devenir un diksa guru:

“Le bhakta qui a atteint le stade ultime de maha-bhagavata doit être reconnu comme guru et vénéré au même titre que Hari, Dieu la Personne Suprême. Seule une telle personne est digne d’occuper le poste de guru.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

“Cette initiation, il faut la recevoir d’un maître spirituel authentique issu de la filiation spirituelle et accrédité par son propre maître spirituel. C’est ce qu’on appelle diksa-vidhana.”
(S.B. 4.8.54, Teneur et portée)

Dans cette dernière citation, Srila Prabhupada dit que l’ordre de devenir un guru initiateur doit être reçu spécifiquement de son propre guru. L’instruction de portée générale du Seigneur Caitanya existe, elle, depuis 500 ans. Il est donc évident que Srila Prabhupada ne considérait pas que ‘amara ajnaya guru hana’ faisait spécifiquement référence à diksa, sinon pourquoi aurions-nous besoin d’un nouvel ordre spécifique de notre acarya immédiat? Cette instruction de portée générale du Seigneur Caitanya fait donc bien référence à des siksa gurus et non à des diksa gurus. Le diksa guru est l’exception et non la règle. Srila Prabhupada envisageait ainsi des millions de siksa gurus – hommes, femmes et enfants.

Voyons ensuite la catégorie 2):

Une poignée de dévots trop sûrs d’eux-mêmes et impatients d’initier leurs propres disciples en la présence de Srila Prabhupada reçurent de lui des lettres. Ces lettres sont parfois présentées pour soutenir le S.A.S.M. Srila Prabhupada avait une manière standard de traiter de tels ambitieux. Généralement, il leur disait de continuer à suivre strictement leurs vœux de discipline, et dans un temps futur, après son départ physique, ils pourraient accepter des disciples:

“Tout d’abord, je dois prévenir Acyutananda: n’essaie pas d’initier. Tu n’es pas actuellement en mesure d’initier qui que ce soit […] Ne te laisse pas captiver par une telle maya. Je vous forme tous pour devenir de futurs maîtres spirituels, mais ne sois pas si pressé.”
(SP Lettre à Acyutananda et Jaya Govinda, 21/08/68)

“Il y a quelque temps, tu m’as demandé la permission d’accepter des disciples. Le moment viendra bientôt où tu auras de nombreux disciples par ta prédication soutenue.”
(SP Lettre à Acyutananda, 16/05/72)

“J’ai appris que certains dévots te rendent un culte. Bien sûr, il est juste d’honorer un Vaisnava, mais pas quand le maître spirituel est présent. Après le départ du maître spirituel, cela viendra, mais pour le moment sois patient. Sinon cela créera des divisions.”
(SP Lettre à Hansadutta, 1/10/74)

“Continue à pratiquer strictement, tu deviendras alors un guru authentique et pourras accepter des disciples selon le même principe. Mais d’après l’étiquette, il est d’usage que durant la présence de ton maître spirituel tu lui présentes des disciples potentiels; en son absence, ou après son départ, tu peux accepter des disciples sans limites. Ainsi le veut la loi de la lignée disciplique. Je veux voir mes disciples devenir d’authentiques maîtres spirituels et répandre largement la Conscience de Krsna. Nous en serons, Krsna et moi, très heureux.”
(SP Lettre à Tusta Krsna, 2/12/75)

Il est intéressant de noter qu’alors que GII cite cette loi pour soutenir la doctrine du S.A.S.M., dans le même document il est avancé qu’il ne s’agit pas du tout d’une loi:

“Dans les Écritures, il existe de nombreux exemples de disciples ayant donné l’initiation en la présence du guru [...]. Dans les Écritures, il n’y a pas d’instruction spécifique contre le fait qu’un disciple donne l’initiation en la présence de son guru.”
(GII, p.23)

En fait, la soif d’adoration et de disciples disqualifie l’aspirant maître spirituel. Nous ne pouvons qu’être ébahis de la puissance du faux ego qui fit que, même en la présence du plus puissant acarya que la planète ait jamais vu, certains se crurent néanmoins amplement qualifiés pour initier leurs propres disciples sous le nez de Srila Prabhupada! *(2)

Il est visible qu’en écrivant ainsi à ces dévots en leur disant qu’ils pourraient accepter des disciples s’ils patientaient encore un peu, Srila Prabhupada essayait simplement de les garder engagés dans le service de dévotion, ce qui laissait au moins la possibilité qu’avec le temps leur mentalité ambitieuse se purifie:

Aucun dévot humble qui accomplissait son service avec application et dans une attitude désintéressée de sacrifice pour son maître spirituel n’a jamais reçu une lettre lui décrivant un brillant avenir de diksa guru. Pourquoi Srila Prabhupada n’aurait-il promis sérieusement le poste de diksa guru qu’à ceux qui étaient les plus ambitieux et de ce fait les moins qualifiés?

Il est vrai, qu’après son départ, ils seraient libres d’initier. De même qu’en France on est libre de conduire une voiture dès l’âge de 18 ans. Mais il ne faut pas oublier deux petites conditions à cela: Premièrement, il faut avoir appris à conduire, et deuxièmement, un permis de conduire doit être délivré par l’autorité compétente. Le lecteur saura faire le parallèle.

Une autre lettre citée pour soutenir le S.A.S.M. dit:

“Dès 1975, tous ceux qui auront réussi tous ces examens seront spécifiquement habilités à initier et accroître le nombre des personnes conscientes de Krsna.”
(SP Lettre à Kirtanananda, 12/01/69)

Ceci valide-t-il la suspension de La Dernière Directive sur l’initiation?

S’agissant là d’une tentative visant à mettre un terme à la procédure ritvik en utilisant des lettres personnelles, nous évoquerons ici la “loi de la lignée disciplique” de Srila Prabhupada. La première partie de cette “loi” stipule qu’un disciple ne doit pas agir en tant qu’acarya initiateur lors de la présence physique de son propre guru. Ceci étant la “loi”, il est clair que cette lettre ne saurait faire référence à des disciples de Srila Prabhupada initiant en leur propre nom puisque Srila Prabhupada était encore sur la planète en 1975. Nous ne pouvons donc que conclure qu’il envisageait déjà dès 1969 une procédure d’initiation assurée par des “officiants”. Comme cela s’avéra en 1975, Srila Prabhupada avait en effet déjà “habilité” ou autorisé des dévots comme Kirtanananda pour chanter sur le chapelet des nouveaux initiés et accomplir pour lui la procédure de l’initiation. Cette lettre semble préfigurer l’utilisation future de représentants, qu’il appellera plus tard ‘ritviks’ et dont il officialisera le rôle dans la directive du 9 juillet 1977. Encore une fois, il serait insensé de suggérer que Srila Prabhupada autorisait véritablement Kirtanananda à agir en tant qu’acarya initiateur de la sampradaya pour peu que ce dernier réussît quelques examens.

“Quiconque suit l’instruction du Seigneur Caitanya sous la direction de Son représentant authentique peut devenir maître spirituel, et je souhaite qu’en mon absence tous mes disciples deviennent d’authentiques maîtres spirituels et répandent la Conscience de Krsna à travers le monde entier.”
(SP Lettre à Madhusudana, 2/11/67)

Cette dernière citation en main, certains ont avancé qu’étant donné que Srila Prabhupada avait mentionné que ses disciples pourraient devenir des maîtres spirituels en son absence, il devait faire référence à diksa, puisqu’ils étaient déjà des siksa gurus. Mais Srila Prabhupada encourageait peut-être simplement à nouveau tous ses disciples à devenir de bons maîtres spirituels siksa et à continuer à l’être également en son absence. Dans cette citation, il n’y a assurément aucune mention de disciples de Srila Prabhupada initiant ou acceptant leurs propres disciples. Les termes ‘authentiques maîtres spirituels (qui) répandent la Conscience de Krsna à travers le monde entier’ s’appliquent également à des siksa gurus.

Si des lettres de ce type peuvent faire penser à d’autres sortes de systèmes de guru, elles ne peuvent cependant pas être retenues pour modifier La Dernière Directive du 9 juillet car leur teneur ne fut pas diffusée au reste du Mouvement. Les lettres en question ne furent publiées qu’en 1986. On avance parfois que certaines de ces lettres personnelles furent divulguées à d’autres membres du Mouvement. Quoi qu’il en soit, le point important est que Srila Prabhupada n’a apparemment jamais personnellement établi ou approuvé les mécaniques d’une telle distribution. Nous n’avons pas d’éléments prouvant que Srila Prabhupada ait jamais ordonné une distribution large de sa correspondance. Un jour, il suggéra en passant que ses lettres pourraient être publiées “si nous en avions le temps”, mais il n’a jamais déclaré que sans ces documents, personne ne saurait comment mettre en place un S.A.S.M. après son départ.

Constituer un dossier sur ce qui aurait dû être fait en 1977 requiert de ne prendre en compte que les éléments qui étaient disponibles à l’époque et sous une forme officielle. Si ces lettres recelaient véritablement la clé pour comprendre comment Srila Prabhupada projetait la conduite des initiations pour une période pouvant atteindre 10.000 ans, Srila Prabhupada aurait certainement fait de leur publication et distribution massive une urgence absolue. Après tout, il était toujours possible que ses disciples dirigeants n’aient pas tous pu lire sa correspondance privée et donc saisir clairement la manière exacte dont les initiations devaient se dérouler après son départ. Nous savons que ceci était plus qu’une simple possibilité, car jusqu’au 28 mai 1977, l’ensemble des membres du GBC n’avaient pas la moindre idée des projets de Srila Prabhupada sur le sujet. (voir en annexe)

À la lumière de ce qui précède, toute tentative de modification de la directive du 9 juillet sur la base de cette poignée de lettres serait imprudent et mal à propos. Si ces lettres constituaient des compléments vitaux à La Dernière Directive, Srila Prabhupada n’aurait pas manqué de le clarifier dans la directive elle-même ou dans un document joint.

En définitive, le seul statut donné à quiconque pour ce qui concerne les initiations fut celui de représentant de l’acarya ou ritvik.

Voyons enfin la catégorie 3:

Certains passages des livres et conférences de Srila Prabhupada ont été extraits pour justifier le démantèlement de la procédure ritvik. Nous allons maintenant examiner ces éléments.

Dans les livres de Srila Prabhupada les qualifications du diksa guru sont données en termes généraux. On n’y trouve pas de mention particulière selon laquelle ses propres disciples deviendront des diksa gurus. Au contraire, les citations rappellent uniquement le fait qu’on doive être hautement qualifié et accrédité avant de penser à devenir un diksa guru:

“Le disciple d’aujourd’hui est le maître spirituel de demain. Or, nul ne peut être un maître spirituel authentique et accrédité à moins de s’être montré parfaitement soumis à son propre maître spirituel.”
(S.B. 2.9.43, Teneur et portée)

Cette injonction est loin de donner carte blanche à quiconque pour initier simplement parce que le guru a quitté la planète. L’idée même du départ du guru de la planète n’est même pas mentionnée ici; seulement le fait que l’on doive être accrédité et avoir été parfaitement soumis. Nous savons aussi qu’il faut d’abord atteindre le stade de maha-bhagavata.

Certains rappellent un passage d’‘Antimatière et Éternité’ (p.35) qui parle de ‘guru auxiliaire’ comme un élément soutenant le S.A.S.M. et ainsi le démantèlement de la procédure ritvik. Or, cette judicieuse analogie scolaire définit clairement une position de siksa guru et non de diksa guru. Dans ce passage, l’auxiliaire agit pour le compte du professeur. Il n’est pas lui-même un professeur. Il peut certes en obtenir la qualification, mais c’est là un processus en soi, et qui n’est pas décrit comme automatique au départ du professeur (qui correspond ici au diksa guru). Un guru ‘auxiliaire’ ne peut, par définition, avoir que des disciples siksa, et cela en nombre limité. Une fois qualifié (c’est-à-dire ayant atteint le stade de maha-bhagavata) puis dûment accrédité par son propre acarya, on ne l’appellera plus auxiliaire; il sera un professeur à part entière. Une fois devenu un professeur à part entière, il peut alors accepter des disciples en nombre illimité. L’auxiliaire est ainsi le siksa guru et le professeur le diksa guru; en obéissant rigoureusement au diksa guru, le siksa guru pourra graduellement s’élever au niveau requis où une autorisation pour diksa sera alors théoriquement possible. De plus, l’auxiliaire assiste simplement le professeur alors que celui-ci est présent. Si les auxiliaires étaient véritablement des diksa gurus, il y aurait là encore un écart avec la ‘loi’ de la lignée disciplique qui est utilisée pour soutenir le S.A.S.M. En d’autres termes, l’auxiliaire n’est pas une entité créée pour remplacer ou succéder au professeur, mais existe pour agir en parallèle ou à côté du professeur.

La formule de l’auxiliaire ne soutient donc aucunement les théories A et B: que la procédure ritvik devait s’arrêter au départ de Srila Prabhupada, et que les ritviks deviendraient alors automatiquement des diksa gurus.

En dehors de lettres personnelles de Srila Prabhupada, d’autres extraits ont été cités comme donnant une autorisation à ses disciples de devenir des diksa gurus:

“Maintenant, dixième, onzième, douzième. Mon Guru Maharaja est le dixième après Caitanya Mahaprabhu; je suis le onzième et vous êtes les douzièmes. Distribuez cette connaissance.”
(SP Classe, 18/05/72, Los Angeles)

“Dans le même temps, je vous demande à tous de devenir maître spirituel. Chacun d’entre vous doit être un maître spirituel après moi.”
(SP Vyasa Puja, 5/09/69, Hambourg)

La première citation mentionne clairement que les disciples de Srila Prabhupada sont déjà les douzièmes – ‘vous êtes les douzièmes’. Il ne s’agit pas ici d’une quelconque autorisation de devenir des diksa gurus dans le futur, mais d’une simple affirmation qu’ils perpétuent déjà le message de la parampara. La deuxième citation est dans la même veine. Il y est certes mentionné que ses disciples viennent après lui, mais comme le dit la première citation, cette succession existe déjà en vertu de la prédication vigoureuse de ses disciples. Dans les deux cas, il n’y a pas d’ordre spécifique d’accepter des disciples, mais simplement de prêcher. Le simple fait de demander à ses disciples de devenir maître spirituel après lui ne signifie pas qu’il voulait qu’ils deviennent des maîtres spirituels initiateurs après lui. Insister en affirmant le contraire relève de la pure spéculation. En fait, nous savons ce qu’il en est puisque sa dernière instruction clarifie le fait que ses disciples doivent agir simplement comme représentant de l’acarya, et non avec l’autorité de diksa.

Que de tels propos puissent évincer La Dernière Directive est, non seulement pas soutenable, mais facilement réfutable en citant l’une des déclarations de Srila Prabhupada sur ce qui se passerait après son départ, déclaration qui contredit clairement la proposition faite:

Journaliste: Qu’adviendra-t-il du Mouvement aux États-Unis quand vous mourrez?
Srila Prabhupada: Je ne mourrai jamais!
Dévots: Jaya! Haribol! (éclats de joie)
Srila Prabhupada: Je vivrai à travers mes livres et vous les utiliserez.
(SP Conférence de presse, 16/07/75, San Francisco)

Voilà une occasion rêvée pour Srila Prabhupada de définir les dispositions d’un S.A.S.M. si telle avait été son intention. Or, au lieu de dire que ses disciples lui succéderaient en tant que diksa gurus, il déclare qu’il ne mourra jamais et que ses livres feront le nécessaire. Il ressort de l’échange ci-dessus que Srila Prabhupada est un maître spirituel vivant qui continue de transmettre la connaissance transcendantale (la principale composante de diksa) par le biais de ses livres, et qu’il en sera ainsi tant qu’ISKCON existera. Le rôle de ses disciples étant simplement de faciliter ce processus.

“Ne devenez pas prématurément des acaryas. Obéissez tout d’abord aux directives de l’acarya et vous deviendrez matures. C’est ce qu’il faut faire pour devenir acarya. Nous voulons former des acaryas, mais l’étiquette veut qu’au moins pendant la période où le guru est présent on ne devienne pas acarya. Même si l’on est parfait, il ne faut pas, car l’étiquette veut que lorsqu’une personne se présente pour être initiée, le devoir du disciple est de présenter le candidat à son acarya.”
(SP C.C.Classe, 6/04/75, Mayapur)

Si cette citation mentionne en effet le principe que ses disciples pourraient devenir des acaryas, l’accent est mis sur le fait qu’ils ne doivent pas le faire maintenant. En fait, Srila Prabhupada ne semble mentionner ce principe de devenir acarya que pour les prévenir de ne pas le faire en sa présence. Ce qui est dans la même veine que la lettre personnelle citée plus haut. À l’évidence, il ne s’agit pas d’un ordre spécifique donné à certains en particulier de prendre leurs propres disciples, mais plutôt d’une déclaration de principe général. Comme nous le verrons plus loin dans la ‘cassette des nominations’, (p.35) que GII présente comme principal élément de preuve pour soutenir le S.A.S.M., en mai 1977 Srila Prabhupada n’avait toujours pas donné d’ordre pour diksa (“Sur mon ordre”…“Mais sur mon ordre”…“Quand j’ordonnerai”). Or, la situation demeura inchangée jusqu’à son départ. De surcroît, plus loin dans la même classe, il encourage ses disciples à canaliser l’ambition de devenir acarya de la manière suivante:

“Et devenir acarya n’est pas très difficile. […] amara ajnaya guru hana tara ei desa, yare dekha tare kaha krsnaupadesa: “En suivant Mon ordre, devenez guru.” […] Ainsi, dans le futur… supposons que vous soyez maintenant dix mille. Nous croîtrons jusqu’à cent mille. Il le faut. Puis, de cent mille à un million; et d’un million à dix millions.”
(SP Classe, 6/04/75, Mayapur)

Il a déjà été démontré précédemment que l’instruction du Seigneur Caitanya était que chacun prêche avec dynamisme et amène le plus grand nombre de personnes possible à pratiquer la Conscience de Krsna, mais ne prenne pas de disciples. Ce point est renforcé quand Srila Prabhupada encourage ses disciples à accroître le nombre de dévots. Il est à noter que Srila Prabhupada dit “supposons que vous soyez maintenant dix mille...” (c’est à dire en la présence de Srila Prabhupada). Il est clair qu’ici Srila Prabhupada parle d’adeptes de la Conscience de Krsna et non de ‘disciples de ses disciples’, puisque le point principal de cette classe est qu’en sa présence, ils ne devaient pas initier. Il ressort de ceci que, de même qu’à l’époque il y avait peut-être quelque dix mille adeptes de la Conscience de Krsna, dans le futur des millions d’autres viendront grandir leur nombre. La procédure ritvik fut mise en place pour que les adeptes qui se qualifieraient pour l’initiation (diksa) puissent la recevoir de Srila Prabhupada, tout comme les dévots le pouvaient à l’époque où Srila Prabhupada donna cette classe.

En Conclusion:

Il n’existe pas de preuve que Srila Prabhupada ait donné d’ordre spécifique à ses disciples de devenir des diksa gurus, ce qui aurait établi une alternative à la procédure ritvik.

Ce dont nous disposons effectivement est une poignée de lettres personnelles non publiées (à l’époque) adressées uniquement à des individus désireux de devenir des diksa gurus même en présence de Srila Prabhupada, certains d’entre eux n’ayant joint le Mouvement que depuis peu. Il leur est alors dit d’attendre au moins que Srila Prabhupada ait quitté la planète avant de réaliser leurs ambitions. Le fait même, que ces lettres n’étaient pas publiées à l’époque de la lettre du 9 juillet signifie qu’elles ne devaient pas avoir de conséquence sur les initiations futures dans ISKCON.

De plus, les livres et entretiens de Srila Prabhupada ne contiennent que l’instruction pour ses disciples de devenir des siksa gurus. Bien que le principe général du disciple devenant diksa guru y soit mentionné, Srila Prabhupada n’ordonna pas de manière explicite à ses disciples d’initier et de prendre leurs propres disciples.

Les citations précédentes ne sauraient nullement supplanter l’instruction explicite du 9 juillet, instruction qui fut distribuée à tout le Mouvement en tant que directive spécifique. Il n’existe aucun document équivalent aussi clair, décrivant le S.A.S.M.

Ainsi, l’idée que Srila Prabhupada ait enseigné abondamment que tous ses disciples devaient devenir des diksa gurus dès son départ, peu après ou en quelque futur que ce soit, n’est rien d’autre qu’un mythe.

On entend dire fréquemment que Srila Prabhupada n’avait pas besoin de détailler dans la lettre du 9 juillet ce qu’il fallait faire concernant les futures initiations car il avait déjà expliqué nombre de fois dans ses livres, lettres, classes et entretiens ce qu’il voulait exactement. Malheureusement cette affirmation, outre le fait qu’elle est totalement fausse, ne soulève que davantage d’absurdités:

  • Si les enseignements précédents de Srila Prabhupada sur la manière dont il voulait que les initiations continuent en son absence étaient si limpides qu’il ne jugea pas nécessaire d’adresser une directive spécifique sur la question, pourquoi le GBC envoya-t-il alors une délégation spéciale à son chevet? Une délégation dont le but principal était de savoir ce qu’il faudrait faire pour les initiations, ‘particulièrement’ lorsqu’il ne serait plus parmi eux! (voir la ‘cassette des nominations’ p.35) Srila Prabhupada était malade, sur le point de quitter son corps, et voilà que ses disciples parmi les plus aînés, viennent lui poser des questions élémentaires auxquelles il avait soi-disant déjà répondu maintes et maintes fois depuis des années!
  • Si Srila Prabhupada avait clairement défini un S.A.S.M., comment aurait-il laissé si peu d’instructions sur sa mise en place, au point que, peu après son départ, ses disciples les plus aînés se sentirent obligés d’aller questionner Sridhar Maharaja sur la manière de le mettre en place?
  • S’il était si clair pour tous que Srila Prabhupada voulait que chacun devienne un diksa guru, pourquoi le GBC établit-il alors le système d’acarya par zone avec ses onze diksa-gurus exclusifs, et le laissa-t-il en place durant presque une décennie?

Bien que nous nous soyons montrés quelque peu critiques à l’égard du livret GII du GBC, il y a un passage qui nous semble résumer parfaitement l’état d’esprit qui pourra réunir la famille de Srila Prabhupada:

“Le seul devoir du disciple est de vénérer et servir son maître spirituel. Son mental ne devrait pas être agité par la pensée de devenir guru. Le dévot qui désire sincèrement progresser sur la voie spirituelle doit s’efforcer de devenir un disciple et non un maître spirituel.”
(GII, p.25, GBC 1995)

Nous sommes pleinement d’accord.

............................................................................

*(1) Cette interprétation est prônée par Ajamila dasa dans l’article ‘Regular or ritvik’, qui fut publié dans l’ISKCON Journal du GBC en 1990.

*(2) Nous voudrions souligner ici que la plupart des dévots qui ont été mentionnés plus haut ont admis depuis leurs fautes; nous leur présentons donc nos excuses pour toute offense ou embarras que nous aurions pu leur causer. Peut-être apprécient-ils à sa juste mesure le fait que des lettres privées envoyées par Srila Prabhupada pour traiter spécifiquement leurs anarthas personnels soient maintenant utilisées pour soutenir le S.A.S.M. dans ISKCON.

8. “Peut-être existe-t-il dans les livres de Srila Prabhupada un principe sastrique qui interdit d’accorder diksa lorsque le guru et le disciple ne sont pas sur la même planète ”

Une telle affirmation n’existe pas dans les livres de Srila Prabhupada or, étant donné que les livres de Srila Prabhupada contiennent tous les principes sastriques essentiels, une telle restriction ne saurait exister dans notre philosophie.

La mise en place d’une procédure ritvik après le départ de Srila Prabhupada suit la ligne de nombreuses instructions de Srila Prabhupada qui soulignent le caractère immatériel du lien physique dans la relation guru-disciple (voir les citations en annexe). Après lecture de ces citations, on notera que certains membres du GBC ont au fil des ans présenté une image quelque peu différente:

“Srila Prabhupada nous a enseigné que la lignée disciplique est quelque chose de bien vivant [...] Dans la lignée disciplique, la règle veut qu’on approche un maître spirituel vivant – vivant, dans le sens de physiquement présent.”
(Sivarama Swami, ISKCON Journal, 1990)

Il est bien difficile de réconcilier cette assertion avec les enseignements suivants:

“La présence physique n’est pas importante.” (SP Entretien, 6/10/77, Vrindavan)

ou

“La présence physique est immatérielle.”
(SP Lettre à Brahmananda et autres étudiants, 19/01/67)

Nous avons certes besoin d’un guru externe, car à l’état conditionné nous ne sommes pas en mesure de nous en remettre purement à l’Ame Suprême dans le cœur, mais Srila Prabhupada n’enseigne nulle part que ce guru physique doit aussi être physiquement présent:

“Il faut donc tirer profit de la vani et non de la présence physique.”
(C.C. Antya, Conclusion)

Srila Prabhupada démontra pratiquement ce principe en initiant la plupart de ses disciples sans les avoir jamais rencontrés physiquement. Ce fait prouve en soi que diksa peut être reçue sans aucune implication physique du guru. Ni les sastras, ni Srila Prabhupada ne relient diksa à la présence physique. La continuation de la procédure ritvik est donc en parfaite cohérence avec, à la fois, les sastras et l’exemple donné par notre acarya lorsqu’il était physiquement présent.

Dans un des principaux passages des livres de Srila Prabhupada traitant de diksa, il est dit que la seule condition requise pour la recevoir est l’agrément du guru. Cet agrément fut totalement délégué aux
ritviks:

“Donc, sans m’attendre, quiconque vous considèrerez méritant. Cela se fera par discrétion.”
(SP Entretien, 7/07/77, Vrindavan)

Srila Prabhupada nous instruit:

“En ce qui concerne le moment opportun pour diksa (l’initiation), tout dépend du guru […] Si le sad-guru, le maître spirituel authentique l’agrée, on peut être initié immédiatement, sans avoir à attendre une période de temps ou un lieu approprié.”
(C.C. Madhya, 24.331, Teneur et portée)

Il est à noter qu’aucune stipulation ne requiert que le diksa guru et l’aspirant disciple soient en contact physique, ni que le diksa guru doive être présent physiquement pour donner son accord. (il est intéressant de voir que Srila Prabhupada emploie de façon équivalente les termes sad-guru et diksa guru). Srila Prabhupada a maintes fois dit que les conditions requises pour être initié sont simplement de se conformer aux règles et principes qu’il a continuellement enseignés:

“Tel est le processus de l’initiation. Le disciple doit s’engager à ne plus commettre d’activités pécheresses […] Il promet de suivre les directives du maître spirituel. Alors, le maître spirituel prend soin de lui et l’élève au stade de l’émancipation spirituelle.”
(C.C. Madhya, 24.256, Teneur et portée)

Dévot: Quelle est l’importance de l’initiation formelle?
Srila Prabhupada: L’initiation formelle signifie accepter officiellement de se conformer aux directives de Krsna et de Son représentant. Voilà ce qu’est l’initiation formelle.
(SP Classe, 22/02/73, Auckland)
 
Srila Prabhupada: Qui est mon disciple? Qu’il suive tout d’abord strictement les règles de discipline.
Disciple: Tant qu’il les suit, il est…
Srila Prabhupada: Il est bien situé.
(SP Promenade matinale, 13/06/76, Détroit)

“…sans discipline, il n’est pas question de disciple. Disciple signifie celui qui se plie à la discipline.”
(SP Promenade matinale, 8/03/76, Mayapur)

La définition du terme diksa implique-t-elle un contact avec le guru, celui-ci étant physiquement présent sur la planète?

diksa est le processus par lequel on peut éveiller sa connaissance transcendantale et anéantir toutes les réactions causées par des activités pécheresses. Ceux qui sont versés dans l’étude des Écritures révélées appellent ce processus diksa.”
(C.C. Madhya, 15.108, Teneur et portée)

Voir le diagramme ‘diksa’ p. 95

Rien dans cette définition de diksa, n’implique en aucune façon que le guru soit sur la même planète que le disciple pour que le processus de diksa fonctionne. Au contraire, les instructions de Srila Prabhupada ainsi que son exemple personnel prouvent de manière catégorique que les divers éléments constituants de diksa peuvent être activés sans qu’il y ait besoin d’une implication physique du guru:

“La réception du savoir spirituel ne peut être entravée par aucune condition matérielle.”
(S.B. 7.7.1, Teneur et portée)

“La puissance de la vibration sonore transcendantale n’est jamais affaiblie par l’absence apparente de la personne dont elle émane.”
(S.B. 2.9.8, Teneur et portée)

Ainsi, tous les éléments de diksa – la connaissance transcendantale, la réception de mantras, etc. peuvent être effectivement délivrés sans la présence physique du guru.

En résumé, il est démontré de manière concluante qu’il n’existe aucun principe sastrique dans les livres de Srila Prabhupada qui empêcherait la transmission de diksa une fois que le guru a quitté la planète Terre. Bien que le précédent historique soit quelquefois invoqué comme objection, ce précédent historique ne constitue pas en soi un principe sastrique. Bien qu’il puisse servir de preuve pour l’application d’un principe sastrique, l’absence de précédent historique ne prouve nullement qu’un principe sastrique ait été transgressé. Notre philosophie repose sur l’adhésion aux injonctions sastriques et non sur la tradition historique. C’est justement ce qui distingue ISKCON de pratiquement la totalité des autres groupes Vaisnavas Gaudiya. Il y a en Inde de nombreux smartas brahmins écoutés qui critiquent avec véhémence le manque de suivi de la tradition par Srila Prabhupada.

Les enseignements des sastras, comme l’exemple pratique de Srila Prabhupada, soutiennent pleinement le principe que diksa ne dépend d’aucune manière de la présence physique du guru.

9. “Étant donné que cette directive conduirait à mettre en place une procédure qui n’a pas de précédent ou de référence historique, elle doit être rejetée.”

Ce n’est pas une raison pour rejeter la directive du 9 juillet, car Srila Prabhupada lui-même créa de nombreux précédents – (réduction du nombre minimum de tours de japa de 64 à 16, célébration de mariages, autorisation pour les femmes de demeurer dans les temples, transmission des mantras gayatri par bande magnétique, etc.) A la vérité, c’est un trait caractéristique des acaryas de notre lignée et, pratiquement sans exception, ils ont tous créé des précédents historiques. En tant qu’acaryas, ils en ont la prérogative et ils l’ont toujours fait en respectant les principes sastriques. Comme nous l’avons vu précédemment, l’emploi de ritviks en l’absence physique du guru sur la planète ne transgresse aucun principe sastrique. Les livres de Srila Prabhupada contiennent tous les principes sastriques essentiels; or, comme il n’y a pas mention dans ses livres que le guru doit se trouver sur la planète au moment de l’initiation, cela ne saurait être un principe sastrique. Le précédent historique qui consiste à continuer l’emploi de ritviks après le départ de Srila Prabhupada ne représente donc qu’un changement dans le détail et non dans le principe.

Srila Prabhupada créa de nombreux précédents, notamment en ce qui concerne l’initiation, mais nous ne les rejetons pas pour autant (voir tableau page 50). On pourrait objecter que certains changements sont expliqués dans ses livres. C’est vrai, mais beaucoup d’autres ne le sont pas. Par ailleurs, il n’était pas nécessaire de décrire en détail la procédure ritvik dans ses livres car il en avait déjà démontré le principe et le fonctionnement dans la pratique depuis des années, avec le mode opératoire définitif dans la directive du 9 juillet 1977. Srila Prabhupada ne nous a jamais enseignés de suivre aveuglément la tradition:

“Notre seule tradition consiste à satisfaire Visnu.”
(SP Classe, 30/07/73, Londres)

“Non. Tradition, religion, tout cela est matériel. Ce sont aussi des créations.”
(SP Entretien, 13/03/75, Téhéran)

Que les directives particulières que nous avons reçues de Srila Prabhupada aient été données ou non par un acarya précédent est totalement hors sujet. Notre seul devoir est de suivre les directives de notre propre acarya.

Si un système d’initiation devait être rejeté pour cause de manque de précédent historique, il faudrait alors rejeter du même coup le système actuel de gurus dans ISKCON.

Jamais auparavant une pléthore de diksa gurus n’a été soumise à un comité habilité à suspendre ou mettre un terme à leur activité d’initiateurs. Aucun acarya initiateur de notre lignée n’est jamais entré en fonction par voie de vote à la majorité des deux tiers, ni ne s’est ensuite perdu en des activités pécheresses grossières si bien qu’il fallut le retirer à la hâte de la ‘lignée des maîtres spirituels’. Nous rejetons de telles irrégularités, non pour leur manque de précédent historique, mais parce qu’elles vont radicalement à l’encontre de nombreux principes fondamentaux de la philosophie Vaisnava telle qu’elle est présentée dans les livres de Srila Prabhupada, et qu’elles transgressent de manière flagrante la dernière instruction de Srila Prabhupada.

Le fait qu’une procédure ritvik similaire ne soit pas directement mentionnée dans les sastras ou dans des textes védiques antiques ne rend pas non plus l’argument pertinent. Selon certaines règles védiques, les sudras et les femmes ne devraient pas non plus recevoir l’initiation brahmanique:

Diksa ne peut être accordée à un sudra […] Cette initiation n’est pas donnée en se conformant aux règles védiques, car il est très difficile de trouver un brahmana qui soit pleinement qualifié.”
(SP Classe, 29/03/71, Bombay)

Ainsi, strictement parlant, Srila Prabhupada n’aurait pas dû initier un seul disciple occidental, compte tenu du fait que tous étaient de naissance inférieure à la caste védique la plus basse. Srila Prabhupada dépassa le cadre de telles règles védiques en invoquant les injonctions sastriques d’un ordre supérieur. Il appliqua parfois ces injonctions d’une manière qui ne l’avait jamais été auparavant:

“Si Hari est libre d’agir comme il l’entend, le maître spirituel investi de pouvoirs par le Seigneur l’est également. Tout comme Hari, il ne peut être critiqué en vertu des règles et lois de ce monde.”
(C.C. Madhya, 10.136, teneur et portée)

“Ainsi, la miséricorde du Seigneur Suprême et d’Isvara Puri n’est-elle pas sujette aux règles et aux lois védiques, quelles qu’elles soient.”
(C.C. Madhya, 10.137)

Le point important est que, si la procédure ritvik peut paraître unique (du moins à notre connaissance), elle ne transgresse aucun principe sastrique d’un ordre supérieur. Il revient au génie spirituel de Srila Prabhupada d’avoir pu miséricordieusement appliquer de tels principes sastriques de façon novatrice en fonction du temps, du lieu et des circonstances.

Nous n’avons peut-être pas encore véritablement compris à quel point Srila Prabhupada est unique. Il n’y a jamais eu à proprement parler d’acarya mondial auparavant. Aucun acarya n’a dit que ses livres feraient loi pendant dix mille ans. Rien non plus de comparable à ISKCON auparavant. Pourquoi devrait-on s’étonner qu’une personnalité aussi unique et exceptionnelle puisse décider de mettre en place une procédure d’initiation apparemment inhabituelle?

10. “Étant donné que la procédure ritvik n’avait pas été mentionnée avant le 9 juillet 1977, elle n’était pas censée continuer après le départ de Srila Prabhupada.”

Cette objection repose sur la prémisse que Srila Prabhupada n’instruisait jamais rien de nouveau dans le Mouvement. Prise à la lettre, cette objection est absurde, car cela voudrait dire que toute directive du guru peut être rejetée si elle est nouvelle ou même quelque peu différente d’une précédente. Cela revient à dire qu’au cours des derniers mois, Srila Prabhupada n’aurait pas dû donner d’instructions importantes concernant l’avenir de son Mouvement, à moins qu’elles ne soient familières et connues de tous.

Quoi qu’il en soit, et comme nous l’avons vu, la procédure ritvik n’avait en fait rien de “nouveau”. Dans le Mouvement, avant la lettre du 9 juillet, l’usage pour l’initiation diksa était habituellement d’être conduite par des représentants. Srila Prabhupada était le diksa guru dans ISKCON, et notamment au cours des dernières années, la plupart des cérémonies d’initiation étaient conduites par le président de temple, quelque autre représentant ou un prêtre.

La seule différence notable après le 9 juillet 1977, est que l’acceptation de nouveaux disciples, se fait désormais par des représentants, sans en référer à Srila Prabhupada. La lettre qui était envoyée aux nouveaux initiés n’était plus signée par Srila Prabhupada, et les noms spirituels de tous les initiés étaient choisis par les ritviks. De plus, la procédure se trouva liée à un terme relativement peu connu: ‘ritvik’.

La formalisation du lien éternel avec l’acarya authentique par une cérémonie d’initiation conduite par des représentants, était une chose familière pour des milliers de disciples. La lettre du 9 juillet définit le terme ‘ritvik’ comme un ‘représentant de l’acarya’. Il est clair que cette procédure, qui permet d’être initié par Srila Prabhupada en utilisant des représentants, n’a rien du tout de ‘nouveau’. Elle s’inscrit simplement dans la continuité de ce que Srila Prabhupada a enseigné et mis en pratique dès que son Mouvement prit un essor rapide.

Pourquoi le fait que cette procédure continue après le 14 novembre 1977 aurait dû provoquer un tel choc?

Bien que peu connu de tous, le terme ‘ritvik’ n’est cependant pas nouveau. Srila Prabhupada a déjà défini et cité ce terme et ses dérivés 31 fois dans ses livres. Ce qui fut “nouveau” est que cette procédure, qui existait déjà depuis plusieurs années, fut formellement écrite avec les ajustements nécessaires pour le futur. Rien d’étonnant à cela car, à cette période, Srila Prabhupada fit rédiger divers documents concernant l’avenir de son Mouvement. Les dispositions de la directive du 9 juillet 1977 confirmaient en fait une procédure que tous en étaient venus à considérer comme une pratique standard.

Ironiquement, la véritable “innovation” fut la curieuse métamorphose des ritviks en “purs acaryas successeurs matériels et spirituels” de Srila Prabhupada. Cette nouveauté là, fut un tel choc que plusieurs centaines de disciples quittèrent le Mouvement peu après son institutionnalisation, puis des milliers d’autres firent de même.

En Résumé:

Nous avons démontré qu’il n’existe aucune preuve directe pour soutenir l’arrêt de la procédure ritvik au départ de Srila Prabhupada, ni la transformation ultérieure des ritviks en diksa gurus – théories A et B. Même s’il existait une solide preuve indirecte pour soutenir A et B, il est loin d’être acquis qu’elle puisse supplanter les preuves directes, qui généralement ont priorité. Or, comme nous venons de le démontrer, il n’y a même pas le moindre élément de preuve indirect soutenant l’abandon de la procédure ritvik au départ de Srila Prabhupada. Ainsi:

1. Une instruction fut donnée au Mouvement entier – Preuve directe.

2. L’analyse de l’instruction elle-même ainsi que d’autres instructions à l’appui et ultérieures soutiennent uniquement la continuation de la procédure ritvikPreuve directe.

3. Il n’existe aucun élément de preuve direct d’un ordre de Srila Prabhupada disant de suspendre la procédure ritvik à son départ.

4. Il n’existe pas non plus un élément de preuve indirect se basant sur l’instruction elle-même, les sastras, d’autres instructions, des circonstances particulières, un antécédent, la nature et le contexte de l’instruction ou quelque autre considération imaginable, qui pourrait donner une raison valable d’avoir suspendu la procédure ritvik au départ de Srila Prabhupada. Fait intéressant, l’analyse de ces autres facteurs n’apporte que d’autres éléments de preuve indirects qui soutiennent l’application continue de la directive.

Au vu de l’analyse présentée, nous dirons en toute humilité que l’abrogation, le 14 novembre 1977, de la dernière instruction de Srila Prabhupada concernant les initiations fut dans le meilleur des cas une décision arbitraire et non-autorisée. Nous n’avons trouvé aucun élément de preuve qui puisse soutenir les théories A et B qui, comme nous l’avons dit, sont au fondement même de la politique actuelle sur le guru dans ISKCON. En tant que disciples et serviteurs de Srila Prabhupada, notre seule option est de nous conformer de nouveau à la directive originelle de Srila Prabhupada.

Dans cette optique, nous allons maintenant examiner l’entretien du 28 mai 1977, puis répondrons à d’autres objections qui ont pu faire naître quelque confusion.

 

La “Cassette Des Nominations”

 

Dans GII, le GBC prétend que la seule et unique justification des modifications A et B à La Dernière Directive du 9 juillet vient d’un entretien enregistré le 28 mai 1977. Pour référence, rappelons les modifications A et B:

Modification A:

La mise en place des représentants ou ritviks n’était qu’une mesure temporaire, spécifiée pour être supprimée après le départ de Srila Prabhupada.

Modification B:

Ayant cessé leur fonction de représentants, les ritviks deviendraient automatiquement des diksa gurus, initiants leurs propres disciples et non ceux de Srila Prabhupada.

Cette section sera donc consacrée à un examen minutieux de l’entretien du 28 mai, afin de voir s’il peut légitimement modifier La Dernière Directive selon les 2 points A et B ci-dessus.

La position du GBC ne reposant que sur ce seul élément de preuve, il est d’ores et déjà inquiétant que cet unique élément ait été publié dans, au moins, quatre versions ou transcriptions différentes. Elles apparaissent dans les publications ci-dessous :

1983: Srila Prabhupada- Lilamrita, Vol 6 (Satsvarupa das Goswami, BBT)

1985: ‘Under My Order’ (Ravindra Svarupa dasa)

1990: ‘ISKCON Journal’ (GBC)

1995: ‘Gurus and Initiation in ISKCON’ (GBC) (GII)

Le fait qu’il y ait quatre versions différentes du même enregistrement soulève en soi de sérieuses questions. Par exemple, il ne serait pas déraisonnable de demander quelle version est la bonne? Et d’abord, pourquoi y a-t-il plusieurs versions? La transcription est-elle un composé de plusieurs entretiens? La cassette elle-même a-t-elle été éditée à partir de plusieurs entretiens? Y-a-t-il eu plusieurs versions de cette cassette diffusée? Si c’est le cas, comment savoir si une version plus qu’une autre constitue une reproduction fidèle de cette conversation? Ainsi, avant même d’examiner ledit élément de preuve, nous sommes mis dans la position délicate d’avoir à modifier une lettre dûment signée, en analysant une transcription de cassette sur laquelle planent déjà de sérieux doutes quant à son authenticité.

Quoi qu’il en soit, et dans le but d’aller au bout de l’analyse, nous présentons ici un composé des quatre transcriptions, les variantes étant indiquées entre parenthèses:

1 Satsvarupa: Notre prochaine question concerne les initiations dans le futur,
2 plus particulièrement lorsque vous ne serez plus parmi nous. Nous voulons savoir comment
3 les première et seconde initiations devront être conduites.
4 Prabhupada: Oui, je recommanderai certains d’entre vous. Une fois cette question réglée,
5 je recommanderai certains d’entre vous pour exercer la fonction d’acarya(s) officiant(s).
6 Tamal Krsna: Cela est-il appelé ritvik acarya?
7 Prabhupada: ritvik, oui.
8 Satsvarupa: (Alors) Quelle est la relation de la personne qui donne l’initiation avec…
9 Prabhupada: Il est guru. Il est guru.
10 Satsvarupa: Mais il le fait pour votre compte.
11 Prabhupada: Oui. C’est une formalité. Car en ma présence, on ne doit pas devenir guru,
12 donc pour mon compte. Sur mon ordre, amara ajnaya guru hana, (il est) (soit) effectivement guru.
13 Mais sur mon ordre.
14 Satsvarupa: Donc (alors) ils (peuvent être) (seront) aussi considérés vos disciples?
15 Prabhupada: Oui, ils sont disciples, (mais) (pourquoi) considérer…qui…
16 Tamal Krsna: Non. Il demande: ces ritvik acaryas, ils officient, donnent diksa,
17 (leurs)… ceux à qui ils donnent diksa, de qui sont-ils les disciples?
18 Prabhupada: Ils sont ses disciples. (They are his disciples)
19 Tamal Krsna: Ils sont ses disciples (?)
20 Prabhupada: Celui qui initie… (son) (il est) petit-disciple…
21 Satsvarupa: (Oui)
22 Tamal Krsna: (C’est clair)
23 Tamal Krsna: (Poursuivons)
24 Satsvarupa: Ensuite, nous avons une question concernant…
25 Prabhupada: Quand j’ordonnerai deviens guru, il devient un guru standard.
26 C’est tout. Il devient disciple de mon disciple. (Voilà). (Vu).

Comme nous l’avons déjà rappelé, ni la directive du 9 juillet, ni aucun document ultérieur signé par Srila Prabhupada ne fait explicitement référence à cet entretien. Ceci est très curieux, notamment quand on sait que GII présente ce bref échange verbal comme étant absolument vital pour la bonne compréhension de la directive du 9 juillet.

Ce n’est pas de cette manière que Srila Prabhupada instruisait son mouvement international – en distillant des directives écrites incomplètes et trompeuses dont le sens ne pourrait être compris qu’en fouillant dans des enregistrements passés.

Lorsqu’on considère l’importance de la directive en question, à savoir la continuation de la mission de Sankirtana pour les dix mille ans à venir, et ce qu’il advint de la Gaudiya Matha à cause précisément de ce même problème, il semble inconcevable que Srila Prabhupada eût agi de la sorte. C’est pourtant ce qu’il faudrait croire, si l’on accepte la position actuelle du GBC. Voyons maintenant, malgré tout, dans le détail cette transcription composite, en accordant une attention toute particulière aux lignes dont GII dit qu’elles soutiennent les modifications A et B de la directive du 9 juillet 1977:

Lignes 1-3: Ici, Satsvarupa dasa Goswami pose une question spécifique à Srila Prabhupada sur la manière dont les initiations se dérouleront dans le futur – “plus particulièrement lorsque vous ne serez plus parmi nous”. Quelle que soit la réponse de Srila Prabhupada, nous savons qu’elle portera particulièrement sur la période après son départ, puisque c’est cette période qui préoccupe manifestement Satsvarupa – “lorsque vous ne serez plus parmi nous”.

Lignes 4-7: Srila Prabhupada répond ici à la question de Satsvarupa dasa Goswami. Il dit qu’il nommera certains disciples à la fonction d’‘acarya officiant’ ou ‘ritvik’. Ayant clairement répondu à la question, Srila Prabhupada n’en dit pas plus.

Il en reste à cette réponse, sans davantage la détailler ni entreprendre de le faire. Nous devons bien comprendre que c’est sa réponse à la question posée. Sinon les alternatives à cette conclusion sont:

1) Srila Prabhupada répondit délibérément de manière incorrecte ou trompeuse.

ou

2) Il n’entendit pas bien la question et pensa que Satsvarupa dasa Goswami demandait seulement ce qu’il fallait faire alors qu’il était encore présent parmi nous.

Aucun disciple de Srila Prabhupada ne voudrait envisager l’option 1), et si l’option 2) était juste, l’entretien ne nous apprendrait alors rien de plus sur les initiations après le départ de Srila Prabhupada; nous en resterions alors à une directive du 9 juillet non-modifiée, comme seule déclaration de Srila Prabhupada sur les futures initiations.

Certains ont avancé que la réponse complète ne se fait véritablement qu’au fur et à mesure des échanges. Le problème de cette proposition est que si Srila Prabhupada avait instruit de cette manière, il n’aurait pu répondre pleinement à la question initiale posée par Satsvarupa dasa Goswami que si les conditions suivantes allaient être remplies:

  • Que certains se chargeraient de poser d’autres questions.
  • Que par pur hasard, ils poseraient les bonnes questions pour obtenir les réponses correctes à la question initialement posée par Satsvarupa Maharaja.

C’est une manière plutôt excentrique pour quiconque de répondre à une question, que dire lorsqu’on dirige une institution internationale, et ce n’était pas dans les manières de Srila Prabhupada. Si, comme le suggère le GBC, Srila Prabhupada s’est donné la peine d’envoyer à tout le Mouvement des instructions écrites sur les initiations ne devant porter que sur quatre mois, il n’aurait certainement pas agi de manière aussi obscure pour donner des instructions qui pourraient, elles, porter sur les dix mille ans à venir.

Si l’on espérait trouver dans cette transcription de quoi soutenir de manière incontestable les modifications A et B, jusqu’ici nous restons sur notre faim. On demande à Srila Prabhupada ce qui se passera pour les initiations, particulièrement après son départ: il répond qu’il nommera des ritviks. Voilà qui contredit totalement les deux modifications proposées par le GBC et confirme que la directive du 9 juillet devait simplement s’appliquer ‘dorénavant’. Continuons la lecture:

Lignes 8-9: Ici, Satsvarupa dasa Goswami demande quel type de relation lie l’initiateur à l’initié. Satsvarupa dasa Goswami n’a pas fini sa question, que Srila Prabhupada répond aussitôt: “Il est guru”. Étant donné que, par définition, les ritviks ne sont pas des initiateurs, Srila Prabhupada ne peut faire référence qu’à lui-même en tant que “guru” des initiés. C’est ce qui est confirmé dans la lettre du 9 juillet où il est dit par trois fois que ceux qui sont initiés sont “disciples de Srila Prabhupada.”

Une théorie est parfois avancée prétendant que lorsque Srila Prabhupada dit “il est guru”, il veut parler des ritviks. Voilà qui a de quoi surprendre car Srila Prabhupada vient juste de définir le terme ritvik comme ‘acarya officiant’ – littéralement, un prêtre qui conduit une cérémonie ou un office religieux. Dans la lettre du 9 juillet, Srila Prabhupada définit de manière précise les fonctions de ces prêtres-officiants lors des cérémonies qu’ils seront amenés à conduire: ils donneront un nom spirituel aux nouveaux initiés et, s’agissant de la seconde initiation, ils chanteront sur les fils sacrés le gayatri – tout ceci pour le compte de Srila Prabhupada. C’est tout. Nulle part, il n’est fait mention qu’ils deviendront des diksa gurus, initiant leurs propres disciples, ou des Maîtres Spirituels de plein droit. La lettre définit exactement le ritvik comme un “représentant de l’acarya”. Ils devaient agir pour le compte de l’acarya et non en tant qu’acaryas eux-mêmes. Pourquoi Srila Prabhupada aurait-il ici semé une certaine confusion en appelant les ritviks: “guru”? S’ils devaient être des gurus initiateurs, pourquoi ne pas les avoir simplement appelés ainsi, et éviter alors toute confusion?

Lorsque Srila Prabhupada se prononçait sur des principes philosophiques ou dispositions pratiques liés à sa position d’acarya, il lui arrivait souvent de parler de lui à la troisième personne. On peut parfaitement comprendre qu’il en fît de même ici, d’autant que la question de Satsvarupa dasa Goswami est formulée sous cette forme.

Cet entretien n’a de sens qu’en comprenant que Srila Prabhupada est le “guru” qui initie ses nouveaux disciples en mandatant ses représentants, les ritviks.

Bien que les réponses de Srila Prabhupada soient claires et cohérentes, il semble y avoir quelque confusion dans l’esprit de celui qui pose la question. Ainsi, Satsvarupa dasa Goswami demande à la ligne 10: “Mais il le fait pour votre compte”. Le “il” dont parle ici Satsvarupa dasa Goswami est le ritvik, alors que le “il” auquel Srila Prabhupada fait référence ne pouvait être, comme nous l’avons montré, que lui-même puisque dans la procédure ritvik, il est le seul initiateur. En dépit de l’apparente confusion chez son disciple, Srila Prabhupada adapte adroitement sa réponse à la préoccupation réelle de Satsvarupa dasa Goswami, à savoir le statut des futurs ritviks.

Lignes 11-13: C’est là, d’après GII, qu’il y a un élément de preuve qui soutient la modification A. Avant de voir s’il y a effectivement une justification à la théorie A, nous devons bien nous souvenir de l’analyse des lignes 1 à 7.

Car si les lignes 11-13 devaient établir la modification A, cela ne pourrait se faire qu’en contredisant les lignes 1-7 où Srila Prabhupada a déjà répondu clairement que des ritviks allaient être nommés ‘particulièrement’ pour après son départ. Si la modification A devait être validée par les lignes 11-13, cela voudrait dire que Srila Prabhupada contredit ce qu’il vient juste de dire. Si c’était le cas, encore une fois, cela rendrait la transcription impropre à déterminer quoi que ce soit concernant les futures initiations, puisque deux positions totalement contradictoires se trouveraient également validées dans l’entretien. Il ne nous resterait alors qu’à revenir à une dernière directive du 9 juillet non-modifiée.

Voyons donc ce qu’il en est. Pour rappel, nous recherchons une déclaration précise selon laquelle les ritviks doivent cesser leur fonction au départ de Srila Prabhupada; autrement dit, qu’ils peuvent seulement remplir leur fonction en sa présence.

Dans les lignes 11-13, nous voyons que tout ce qui est dit est que les ritviks doivent remplir leur fonction en sa présence car en sa présence ils ne peuvent pas être des gurus. Srila Prabhupada réaffirme simplement ici un principe qu’il invoquait occasionnellement dans des lettres à des disciples ambitieux, à savoir qu’en la présence du guru, on doit seulement agir pour le compte de celui-ci. En revanche, ce que Srila Prabhupada ne dit pas, c’est que “agir pour son compte”, doit cesser une fois qu’il a quitté la planète. Il ne dit pas non plus que “agir pour son compte” peut seulement se faire en sa présence. En fait, nulle part jusqu’ici il n’établit un lien entre sa présence physique et le concept d’agir pour son compte, mais rappelle plutôt cela comme étant la raison pour dissuader certains disciples d’être guru. C’est ce: “ne pas être guru” qui est lié au fait d’agir en tant que ritvik.

En d’autres termes, à l’époque où cette conversation eut lieu, une des raisons pour lesquelles ils ne pouvaient alors être des diksa gurus était la présence physique de Srila Prabhupada. Mais ce n’était pas le seul obstacle qui empêchait ses disciples de prendre sur eux la charge de diksa guru, comme nous l’apprend la ligne suivante:

La ligne 12 nous montre qu’être un (diksa) guru dépend aussi d’un ordre spécifique de Srila Prabhupada – “Sur mon ordre”. Il répète cette condition à la ligne 13“Mais sur mon ordre”, et encore une fois à la ligne 25“Quand j’ordonnerai”. Il est clair que ce n’était pas là l’ordre lui-même, sinon pourquoi dire “Quand j’ordonnerai”? Si c’était là, l’ordre lui-même, de devenir guru après son départ, comme le prétend le GBC, Srila Prabhupada aurait dit quelque chose comme: “Je vous donne maintenant l’ordre de cesser vos fonctions de ritvik dès mon départ et de devenir alors des diksa gurus.” Voilà qui apporterait quelque crédit à la position actuelle du GBC et à la doctrine du S.A.S.M. (Système d’acaryas Successeurs Multiples). Or, comme on peut le constater, rien dans l’entretien du 28 mai ne se rapproche, ni de près ni de loin, d’une telle déclaration.

En outre, il est présenté l’argument que l’utilisation du verset: “amara ajnaya” à cet endroit signifie que l’ordre de devenir des diksa a déjà été donné, puisque l’ordre du Seigneur Caitanya avait été maint et maint fois répété par Srila Prabhupada. Toutefois, comme nous l’avons déjà vu, l’ordre “amara ajnaya” désigne uniquement des siksa gurus; nous savons aussi que l’ordre de devenir diksa guru n’a pas été donné puisque Srila Prabhupada dit: “Quand j’ordonnerai”. Donc, l’utilisation de ce verset par Srila Prabhupada, à ce moment, amène l’idée de la nécessité d’un ordre qui doit être donné avant de prendre la position de guru (diksa ou autre).

Il n’y a absolument rien, dans les lignes 11-13 qui vienne modifier la réponse claire de Srila Prabhupada à la question initiale de Satsvarupa (lignes 1-7). Donc notre compréhension de ces lignes (1-7) reste intacte. Srila Prabhupada ne s’est pas contredit et la directive du 9 juillet reste inchangée.

Ce que les lignes 11-13 établissent est que la procédure ritvik devait être suivie quand Srila Prabhupada était présent. Mais pas qu’elle pouvait l’être seulement lorsqu’il était présent. La lettre du 9 juillet clarifie déjà ce point en utilisant le mot “dorénavant”. Le terme “dorénavant” inclut tous les jours à compter de ce jour sans limite de temps, et ce quelle que soit la proximité physique de Srila Prabhupada. Continuons la lecture:

Lignes 14-15: Fait intéressant, Satsvarupa dasa Goswami pose maintenant une question de manière directe: “Alors ils seront aussi considérés vos disciples?” Srila Prabhupada répond: “Oui, ils sont disciples…”, confirmant de nouveau l’appartenance de tous les futurs disciples. Bien que ce que Srila Prabhupada allait peut-être ajouter est incertain, sa réponse immédiate est, elle, très claire: une question lui est posée directement – et il répond “Oui”.

Si les GBC avaient quelque espoir de soutenir ici les modifications A et B, il eût fallu que Srila Prabhupada répondît quelque chose comme: “Non, ils ne sont pas mes disciples”. Nous ne saurons jamais ce que Srila Prabhupada allait peut-être ajouter, mais nous savons par contre que lorsqu’on lui demanda si les futurs initiés seraient ses disciples, il répondit “Oui”. Là encore, pas de bon augure pour les modifications A et B .

Lignes 16-18: Tamal Krsna Goswami semble ressentir là une certaine confusion et il interrompt Srila Prabhupada. Il s’emploie alors à clarifier la question de Satsvarupa dasa Goswami en demandant à Srila Prabhupada de qui seront les disciples à qui les ritviks donneront diksa. Srila Prabhupada répond là encore à la troisième personne (la question ayant précédemment été posée à la troisième personne): “Ils sont ses disciples”. Comme nous l’avons vu, Srila Prabhupada ne peut faire référence ici qu’à lui-même puisque par définition, les ritviks n’ont pas leurs propres disciples. En outre nous savons qu’il fait définitivement référence à Lui-même car dans sa réponse il emploi le singulier (en anglais: “his disciples”… “who is initiating”), la question faisant référence aux ritviks étant, elle, posée au pluriel (en anglais: “these ritvik-acaryas”).

L’idée est parfois avancée que Tamal Krsna Goswami pose sa question dans un sens vaguement futuriste d’un temps indéfini où les ritviks se seraient transformés d’une façon ou d’une autre en diksa gurus. Selon cette théorie quand Srila Prabhupada, que nous supposons maintenant branché de manière mystique sur le mental de Tamal Krsna Goswami, répond que les futurs initiés sont ‘ses disciples’, il veut en fait dire qu’ils sont les disciples des ritviks, qui alors ne sont plus du tout des ritviks, mais des diksa gurus. Outre l’aspect improbable et fantaisiste de cette ‘rencontre des esprits’ hautement spéculative, cette hypothèse pose au moins un problème:

Jusqu’alors, Srila Prabhupada n’a pas dit que les ritviks, qu’il doit encore désigner, n’agiraient jamais autrement que comme des ritviks. Alors pourquoi Tamal Krsna Goswami suppose que leur statut devrait changer?

Lignes 19-20: Tamal Krsna Goswami répète la réponse, puis Srila Prabhupada ajoute: “Celui qui initie… son petit disciple…” Nous avons choisi la transcription “son petit-disciple” plutôt que “il est petit-disciple” (phonétiquement proches en anglais: his ~ he is) car c’est ce qui se rapproche le plus à l’audition de la cassette et correspond plus justement au sens des échanges. Sinon l’initiateur serait simultanément le petit-disciple! (“Celui qui initie… il est petit-disciple”)

L’argument selon lequel Srila Prabhupada faisait référence aux ritviks et non à lui-même en ce qui concerne l’appartenance des disciples, peut être testé ici en modifiant l’entretien selon cette vue pour les lignes 17-20. Les termes se référant à Srila Prabhupada (ses…celui…son) sont remplacés par des termes se référant aux/à un ritvik(s) – (leurs)…(le ritvik)…(du ritvik):

Tamal Krsna Goswami: De qui sont-ils les disciples?
Srila Prabhupada: Ils sont (leurs) disciples
Tamal Krsna Goswami: Ils sont (leurs) disciples
Srila Prabhupada: (Le ritvik) qui initie… le petit-disciple (du ritvik)

Sachant que les ritviks ne font qu’officier et que leur rôle n’est que représentatif, le lecteur aura compris que cette interprétation des lignes 17-20 est une ineptie. Il est déjà impropre de dire qu’un ritvik a des disciples, que dire de petits-disciples.

On pourrait nous accuser d’interpréter ici les propos de Srila Prabhupada en jouant sur la grammaire, mais notre présentation est cohérente avec le rôle que Srila Prabhupada assigna à ses ritviks. Il s’avère qu’il n’y a que deux options possibles pour la compréhension de cet entretien:

  1. Les futurs nouveaux initiés allaient être disciples de prêtres ritviks, qui par définition ne sont pas des diksa gurus mais des officiants spécifiquement mis en fonction pour agir comme mandataires.
  2. Les futurs nouveaux initiés allaient être disciples du diksa-guru, Srila Prabhupada.

L’option 1) est simplement absurde. Nous avons donc opté pour l’option 2) puisque c’est le seul choix rationnel, c’est sur cette ligne que nous avons présenté notre analyse de l’entretien.

Lignes 25-26: Srila Prabhupada stipule de manière conclusive et sans équivoque que seulement quand il en donnerait l’ordre, quelqu’un pourrait devenir guru. A ce moment là les nouveaux initiés seraient des ‘disciple(s) de mon disciple’.

Il est fait grand cas de l’emploi du terme ‘petit-disciple’. Beaucoup voient en cette phrase de Srila Prabhupada un argument décisif, car il ne peut en effet y avoir de petit-disciples que s’il existe un ou des diksa gurus. Ce qui est vrai, mais ce qui est souvent moins bien retenu sont les mots qui suivent les termes ‘son petit-disciple’. Srila Prabhupada ajoute qu’il n’y aura de petit-disciple, et donc de diksa guru, uniquement lorsqu’il ordonnera à un disciple de devenir un (diksa) guru. En d’autres termes, Srila Prabhupada dit naturellement que lorsqu’un guru ordonne à son disciple de devenir un diksa guru, il aura des petit-disciples (“son petit-disciple”), le nouveau diksa guru initiant alors de plein droit (“il devient disciple de mon disciple”). Voilà qui est suffisamment clair, simple et incontestable. Mais alors, où est donc cet ordre de devenir diksa guru? Certainement pas dans les lignes 25-26 ni, en l’occurrence, nulle part ailleurs dans l’entretien.

À la vérité, dans l’entretien du 28 mai, Srila Prabhupada n’ordonne à personne de faire quoi que ce soit. Il exprime simplement son intention de désigner dans quelques temps des ritviks. Puis il répond à des questions quelque peu embrouillées sur la relation guru-disciple dans le cadre de la procédure ritvik. Enfin, il conclut en précisant ce qu’il adviendrait s’il devait un jour décider de donner l’ordre spécifique à quelqu’un de devenir un diksa guru. Il est clair qu’un ordre spécifique nommant des personnes en particulier à des fonctions précises fut effectivement donné dans un premier temps le 7 juillet (voir en annexe), puis confirmé dans la directive signée du 9 juillet. Mais, comme on peut le constater en lisant la directive du 9 juillet, il n’y a pas la moindre mention que les onze ritviks désignés deviendraient un jour des diksa gurus; ni que la procédure ritvik devrait être suspendue.

À l’issue de notre analyse détaillée de l’entretien du 28 mai, il est clair que ce que le GBC présente est un argument circulaire classique:

Pour soutenir les modifications A et B, qui sont absolument vitales à la position actuelle sur les gurus dans ISKCON, on nous dit que la lettre du 9 juillet doit être modifiée par un ‘ordre’ que Srila Prabhupada a donné au cours de l’entretien du 28 mai. Or, à la lecture attentive de la transcription de cet entretien, nous voyons Srila Prabhupada dire qu’ils peuvent être guru seulement “Quand j’ordonnerai”. Comment peut-on alors affirmer que ce “Quand j’ordonnerai” est le même ‘ordre’ donné dans l’entretien du 7 juillet et la directive du 9 juillet, alors que cet ‘ordre’ porte uniquement sur la mise en place de ritviks, et qu’il s’agit de l’‘ordre’ requis par le GBC pour être d’abord modifié à seule fin de soutenir ses cruciales modifications A et B?

Malheureusement, en adoptant la ligne de raisonnement de GII, nous nous trouvons inexorablement entraîné dans cette absurde impasse dialectique.
(pour mieux comprendre cette impasse, un diagramme (2) explicatif est présenté en page 96).

En fin de compte, outre un manque évident de preuve solide, la plus grande faille de cette théorie des ‘modifications’ est qu’on ne peut pas modifier légitimement une instruction par des informations dont ne disposent pas ceux-là mêmes qui étaient censés mettre à exécution cette instruction.

Si l’entretien du 28 mai avait véritablement contenu des instructions claires soutenant les modifications A et B, la dernière lettre en aurait certainement fait état. À vrai dire, l’objet principal de l’entretien du 28 mai était de savoir exactement ce qu’il faudrait faire pour les initiations après le départ de Srila Prabhupada. Or, on nous propose d’accepter que lorsque Srila Prabhupada envoie sa dernière directive sur l’initiation, d’une manière ou d’une autre, il n’aura parlé que de ce qu’il fallait faire avant qu’il ne quitte la planète.

Autrement dit, sur le sujet sur lequel il n’était pas interrogé, Srila Prabhupada aurait donné des instructions claires et catégoriques; alors qu’en ce qui concerne la véritable question, celle pour laquelle tous étaient venus s’enquérir – les futures initiations pour les dix mille ans à venir – il aurait complètement omis dans sa dernière directive sur le sujet, d’y répondre!

Nous n’avons trouvé aucun exemple où Srila Prabhupada aurait dirigé son Mouvement de la manière suivante:

1) Délivrant des directives importantes sans que l’objet principal de ces directives y soit même abordé.

2) Retenant délibérément des informations essentielles sur un nouveau système d’administration important.

3) S’attendant à ce que les destinataires de ses instructions soient de puissants devins mystiques pour qu’ils puissent suivre correctement ces instructions.

L’argument bateau selon lequel Srila Prabhupada n’avait pas besoin de détailler dans sa lettre ce qu’il faudrait faire concernant les futures initiations puisqu’il avait déjà clairement expliqué dans ses livres et classes qu’il voulait que chacun devienne un diksa guru, a déjà été réfuté plus haut. (voir l’objection n° 7, page 14)

Il y a une autre tentative dans GII d’extraire quelque chose de l’entretien du 28 mai pour soutenir A et B, où il est souligné que Srila Prabhupada emploie le verset ‘amara ajnaya guru hana’ à la ligne 12. Ce verset est également cité plus loin dans l’entretien du 28 mai, après des clarifications sur la traduction de ses livres. Selon cette opinion, l’instruction ritvik correspond à l’ordre de devenir diksa guru, par le seul fait que Srila Prabhupada mentionne cette instruction du Seigneur Caitanya (‘que chacun devienne guru’) au cours du même entretien où il parle de ritvik. Mais tout ce que Srila Prabhupada dit c’est:

“…celui qui comprend l’ordre de son guru, la même parampara, peut devenir guru. Par conséquent je choisirai certains d’entre vous.”
(Entretien du 28 mai 1977)

Les points essentiels à considérer ici sont:

1. Quel était “l’ordre du guru” qu’ils devaient comprendre? – Exercer la fonction de ritvik. (“je recommanderai certains d’entre vous pour exercer la fonction d’acarya officiant.”)

2. Ils furent choisis pour faire quoi? – Exercer la fonction de ritvik. (voir la lettre du 9 juillet p.111)

3. En exécutant l’ordre du guru, quelle sorte de guru deviennent-ils? Comme l’analyse de l’ordre du Seigneur Caitanya de ‘devenir guru’ l’a montré plus haut, quiconque exécute avec foi cet ordre se qualifie automatiquement comme un siksa guru.

GII présente la proposition contradictoire selon laquelle en suivant l’ordre du guru d’exercer uniquement une fonction de ritvik (et non de diksa guru), on doit automatiquement exercer une fonction de diksa guru.

Selon cette logique, quiconque suit une quelconque directive du guru a plus ou moins automatiquement reçu par-là l’ordre spécifique de devenir un diksa guru! Malheureusement, GII n’offre aucun élément de preuve pour cette théorie. Comme nous l’avons montré précédemment, le verset ‘amara ajnaya’ est une injonction donnée à chacun de devenir uniquement un siksa guru. (“Il est préférable de ne pas accepter de disciples.”)

En Conclusion:

1. Le 9 juillet 1977, Srila Prabhupada désigna onze ritviks pour accomplir ‘dorénavant’ la procédure des premières et secondes initiations.

2. Il n’y a aucun élément de preuve dans l’entretien du 28 mai qui puisse être utilisé pour changer la directive du 9 juillet, comme le fait, que les ritviks désignés devraient cesser d’accomplir leurs devoirs au départ de Srila Prabhupada.

3. Il n’y a pas non plus d’élément de preuve dans l’entretien du 28 mai qui puisse être utilisé pour changer la directive du 9 juillet, comme le fait que les ritviks se métamorphosent en diksa gurus dès que Srila Prabhupada quitterait la planète.

4. La chose clairement établie par l’entretien du 28 mai est que les ritviks devaient exercer leur fonction après le départ de Srila Prabhupada.

Il faut noter qu’il existe au moins quatre transcriptions différentes et quatre interprétations ‘officielles’ différentes par le GBC de ce même entretien. Pour cette seule raison déjà, nombre de dévots considèrent que cet entretien ne constitue pas un élément de preuve indiscutable. Si telle était aussi la conclusion du lecteur, il n’aurait d’autre choix que de revenir à la lettre du 9 juillet en tant que dernière directive, directive claire, signée et adressée à tout le Mouvement. Telle serait sûrement la décision d’un tribunal, car les preuves écrites et signées l’emportent toujours sur les enregistrements magnétiques. La seule raison pour laquelle nous avons poussé ainsi notre examen de l’entretien du 28 mai, est que le GBC l’a présenté comme l’unique élément de preuve pour soutenir les modifications A et B.

Nous ne pouvons que rejeter totalement les modifications A et B, qui sont aux fondements même de la politique actuelle du GBC sur l’initiation dans ISKCON, car aucune preuve ne les soutient. Par conséquent, les dispositions énoncées dans la directive du 9 juillet 1977 constituent bien les dernières instructions de Srila Prabhupada concernant les initiations et doivent donc être respectées.

Suivent d’autres objections qu’il nous a semblé utile d’aborder.

 

 

Autres Objections

 

1. “Srila Prabhupada n’a pas mentionné l’emploi de ritviks dans ses livres.”

1) Le mot ‘ritvik’ (qui signifie prêtre) et ses dérivés ont 31 références dans les livres de Srila Prabhupada, soit un peu moins que le mot diksa et ses dérivés qui en comptent 41. Il est clair que le recours à des prêtres ritviks pour seconder lors de cérémonies est une formule de représentation pleinement sanctionnée dans les livres de Srila Prabhupada:

ritvik:
4.6.1 / 4.7.16 / 5.3.2 / 5.3.3 / 5.4.17 / 7.3.30 / 8.20.22 / 9.1.15
Rtvijah:
4.5.7 / 4.5.18 / 4.7.27 / 4.7.45 / 4.13.26 / 4.19.27 /
4.19.29 / 5.3.4 / 5.3.15 / 5.3.18 / 5.7.5 / 8.16.53 / 8.18.21 / 8.18.22 / 9.4.23 / 9.6.35
Rtvijam:
4.6.52 / 4.21.5 / 8.23.13 / 9.13.1
Rtvigbhyah:
8.16.55
Rtvigbhih:
4.7.56 / 9.13.3
(toutes ces références viennent du Srimad-Bhagavatam)

2) Bien que des principes spirituels furent largement exposés par Srila Prabhupada dans ses livres, les détails de leur application n’y sont souvent pas donnés (par exemple, dans le domaine de l’adoration des Murtis). Les détails spécifiques étaient habituellement transmis d’autres façons, dans des lettres et par démonstration pratique. Il faut donc faire la distinction entre le principe de diksa, l’initiation, et les détails de sa formalisation. Srila Prabhupada n’a jamais défini diksa comme une cérémonie rituelle, mais comme la réception de la connaissance transcendantale qui mène à la libération:

“En d’autres termes, le maître spirituel réveille l’être vivant endormi et le ramène à sa conscience originelle pour qu’il puisse adorer Sri Visnu. C’est le but de diksa, de l’initiation. L’initiation consiste à recevoir la pure connaissance de la conscience spirituelle.”
(C.C. Madhya, 9.61, Teneur et portée)

diksa, à proprement parler, consiste à initier un disciple à la connaissance transcendantale par laquelle il sera délivré de toute souillure matérielle.”
(C.C. Madhya, 4.111, Teneur et portée)

diksa est le processus par lequel on peut éveiller sa connaissance transcendantale et anéantir toutes les réactions causées par des activités pécheresses. Ceux qui sont versés dans l’étude des Écritures révélées appellent ce processus diksa.”
(C.C. Madhya, 15.108, Teneur et portée)

En général, diksa comprend une cérémonie, mais celle-ci n’est pas d’une nécessité absolue; c’est plus une formalité:

“Ainsi de 1922 à 1933, pratiquement je n’étais pas initié, mais j’avais le sentiment de prêcher le culte de Caitanya Mahaprabhu. C’est ainsi que je pensais et cela fut l’initiation par mon Guru Maharaja.”
(SP Classe, 10/12/76, Hyderabad)

“L’initiation est une formalité. Si vous êtes sérieux, cela est la véritable initiation. Mon contact n’est qu’une formalité. C’est votre détermination, c’est cela l’initiation.”
(BTG, ‘Search for the Divine’ # 49)

“La lignée disciplique ne signifie pas toujours qu’on doit être officiellement initié. La lignée disciplique signifie en suivre l’enseignement.”
(SP Lettre à Dinesh, 31/10/69)

“Chanter Hare Krsna est notre activité principale, c’est la véritable initiation. Étant donné que tous vous suivez mes instructions, en cela l’initiation est déjà là.”
(SP Lettre à Tamal Krsna, 19/08/68)

“Initiation ou pas initiation, la première chose est la connaissance… la connaissance. L’initiation est une formalité. C’est comme aller à l’école pour apprendre: l’admission est une formalité. Ce n’est pas quelque chose de très important.”
(SP Interview, 16/10/76, Chandigarh)

Srila Prabhupada: Qui est mon disciple? Qu’il suive tout d’abord strictement les règles de discipline.
Invité: Tant qu’il les suit, il est…
Srila Prabhupada: Il est bien situé.
(SP Promenade matinale, 13/06/76, Détroit)

“…à moins qu’il y ait discipline, il n’est pas question de disciple. Disciple signifie celui qui suit la discipline.”
(SP Promenade matinale, 8/03/76, Mayapur)

“ Si l’on n’observe pas la discipline on n’est pas un disciple.”
(SP S.B. Classe, 21/01/74, Hawaii)

Ainsi la cérémonie de l’initiation est une formalité qui est accomplie pour renforcer dans l’esprit du disciple le sérieux de son engagement dans le processus de diksa. Cet engagement comprend:

  • Recevoir la connaissance transcendantale qui purifie de toute souillure matérielle.
  • Maintenir une ferme détermination de toujours suivre les directives du diksa guru.
  • Servir avec cœur les ordres du maître spirituel.

Srila Prabhupada a clairement enseigné que la formalité d’une cérémonie d’initiation n’est justement qu’une formalité et non une chose essentielle. De plus, cette formalisation de l’initiation comprend elle-même divers éléments:

  1. La recommandation par un officiel de l’institution, en général le président du temple.
  2. L’acceptation par un ritvik en fonction.
  3. La participation à un sacrifice du feu.
  4. L’attribution d’un nom spirituel.

Seuls les points 2 et 4 requièrent nécessairement un prêtre ritvik, les deux autres étant habituellement accomplis par un président du temple.

Comme déjà mentionné, il n’est dit nulle part que le guru et le disciple doivent coexister sur la même planète pour que le disciple puisse recevoir les divers éléments de diksa, comme la connaissance transcendantale, l’annihilation des conséquences des activités pécheresses, une cérémonie de sacrifice du feu et un nom spirituel. D’autre part, tous ces éléments de diksa (la transmission de la connaissance, le yajna, etc.) peuvent aisément être prodigués sans la présence physique du guru. Ceci fut démontré pratiquement par Srila Prabhupada en ce qu’il prodigua tous les éléments de diksa par le biais de ses livres et de ses disciples. Ainsi, aucun principe spirituel n’est changé par l’emploi de ritviks. C’est seulement un ajustement de l’ordre du détail.

Pour remettre en juste perspective l’utilisation de ritviks, nous avons montré qu’il s’agit là d’un détail de la cérémonie formelle, cérémonie qui elle-même ne représente qu’un des éléments du processus transcendantal de diksa, cet élément n’étant lui-même pas d’une absolue nécessité. (voir le diagramme diksha p. 95).

Nous remarquons que Srila Prabhupada a traité ces éléments en proportion de leur importance:

Item Expliqué dans les livres? Suivent la tradition? Changements majeurs de la tradition? Changements majeurs de la tradition expliqués dans les livres?
diksa OUI NON Connaissance donnée principalement par vani et non par contact physique

pariksa personnel peu utilisé

Nouveaux standards d’initiation

SOME
Processus de la cérémonie d’initiation NON NON Utilisation de représentants pour chanter sur les chapelets des initiés

Don du gayatri mantra par

cassette audio

NON
Processus d’attribution du nouveau nom NON NON Attribution du nom au moment de l’Harinama diksa

Utilisation de représentants pour donner le nom

NON

Ainsi l’absence de mention dans les livres de Srila Prabhupada de l’emploi de ritviks pour les procédures d’initiation, qu’elles soient traditionnelles ou contemporaines, concorde avec la manière générale dont il aborde les questions relatives à l’initiation – dans ses livres, les mentions spécifiques étant proportionnelles à l’importance des innovations.

2. “Comment pariksa (l’examen mutuel entre le disciple et le guru), élément essentiel de diksa, peut-elle s’effectuer sans contact physique?”

Cette question vient du fait qu’il est dit que le disciple doit ‘approcher’, ‘s’enquérir’ et ‘servir’ le guru (Bhagavad-gita 4.34), et que le guru doit observer le disciple (C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée). Si l’on examine ces versets, les points suivants apparaissent:

  • Il n’est pas mentionné que ‘s’enquérir’, ‘servir’ et ‘observer’ nécessitent un contact physique direct.
  • La Teneur et portée. (Bg 4.34) dit que ces activités sont essentielles pour le disciple. Si ces activités exigent absolument que le guru soit sur la même planète que son disciple, alors personne n’est plus disciple de Srila Prabhupada depuis le 14 novembre 1977.
  • Le disciple ‘s’enquiert’ et le ‘maître spirituel’”révèle la connaissance”. ‘Révéler la connaissance’ est aussi la définition de siksa, or il est admis que pour transmettre siksa ou en reconnaître la demande, le guru n’a pas besoin d’être sur la même planète que son disciple (voir les citations en annexe). Comme nous l’avons dit plus haut, si on suit la logique de cette proposition alors personne n’a reçu de ‘révélation de connaissance’ depuis le 14 novembre 1977.
  • L’acte d’‘observer’ consiste simplement à voir si l’aspirant disciple observe les principes régulateurs de la vie spirituelle, ce qui peut être fait par les représentants du guru:

“Au sein de notre Mouvement pour la Conscience de Krishna, la condition primordiale avant de recevoir l’initiation est d’être prêt à abandonner les quatre piliers de la vie pécheresse […] Dans les pays d’Occident tout particulièrement, nous veillons tout d’abord à ce qu’un disciple potentiel soit prêt à suivre ces principes régulateurs.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

Ce recours à des représentants est mentionné de nouveau quelques lignes plus loin, s’agissant de l’observation des candidats à la seconde initiation:

“Un tel disciple se consacre ainsi au service de dévotion sous la direction du maître spirituel ou de son représentant pendant une période allant de six mois à un an.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

Quelques lignes plus loin, on peut voir à quel point l’emploi de représentants s’avère essentiel:

“Le maître spirituel doit juger du sérieux de la quête du disciple pendant une période d’au moins six mois ou un an.”
(C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée)

  • Gardant à l’esprit la façon dont Srila Prabhupada organisa le Mouvement, cette dernière stipulation aurait été impossible à suivre. Il n’aurait pas été possible à Srila Prabhupada d’observer personnellement chacun de ses milliers de disciples durant six mois d’affilée. Plus qu’une question de choix, l’emploi de représentants était donc absolument inévitable si Srila Prabhupada devait s’acquitter de la tâche énoncée dans cette ‘Teneur et portée’. Si une pariksa personnelle du guru (dans le sens d’une implication physique) était un principe sastrique inviolable, pourquoi Srila Prabhupada aurait-il délibérément établi une mission de prédication (avec des disciples et des centres dans le monde entier) qui rendît un tel examen personnel impossible? En fait, on avance par-là que Srila Prabhupada n’eut de réussite dans son oeuvre de prédication qu’au prix d’une transgression des sastras, un argument communément présenté par d’autres groupes de ‘Vaisnavas Gaudiya’ en Inde.
  • Tous les points précédents sont confortés par la meilleure preuve qui soit – l’exemple pratique de l’acarya lui-même: Srila Prabhupada initia la majorité de ses disciples sans aucune pariksa personnelle. En l’occurrence, Srila Prabhupada institua une procédure par laquelle approcher ses représentants revenait à l’approcher directement. On pourrait objecter que l’absence de pariksa personnelle s’entendait du fait que le guru était alors encore présent sur la planète et donc une pariksa personnelle était tout au moins théoriquement possible. Mais l’argument est sans fondement car:

i) Aucun texte ne mentionne une telle considération concernant la pariksa personnelle. Ce ne serait là qu’une invention destinée à justifier une situation après coup.

ii) Quand il décrit l’utilisation de représentants pour assurer la pariksa personnelle, Srila Prabhupada ne dit pas qu’ils ne peuvent opérer que s’il est lui-même sur la planète. Quel principe sastrique, non encore mentionné, limiterait l’emploi de représentants à une proximité physique de la personne qui les emploie?

iii) Comme déjà démontré, la pariksa personnelle du guru n’est pas une exigence sastrique. L’emploi de représentants comme ses disciples et ses livres en lieu de pariksa personnelle est approuvé par Srila Prabhupada. La question de savoir en quelles circonstances la pariksa personnelle peut ou non être assumée ne se pose donc même pas.

iv) Le fait que diksa était donnée sans contact physique avec Srila Prabhupada prouve que diksa peut être reçue sans une pariksa personnelle du guru.

v) Le fait qu’une pariksa personnelle n’était pas couramment observée, alors même qu’il était possible de le faire, prouve qu’elle ne saurait être indispensable au processus de diksa.

Srila Prabhupada a très clairement défini les standards de vie qu’il attendait d’un disciple; les présidents de temple et les ritviks étaient là pour s’assurer de leur pérennité. Les conditions requises pour l’initiation demeurent aujourd’hui les mêmes que celles établies par Srila Prabhupada lorsqu’il était présent parmi nous. Si à l’époque il demandait qu’on ne le consulte pas, alors même qu’il était présent, qu’est-ce qui nous fait penser qu’aujourd’hui il voudrait intervenir de toute urgence? Notre seule préoccupation doit être de veiller à ce que les standards soient strictement maintenus, sans modification ni spéculation.

3. “Nous pouvons accepter Srila Prabhupada, mais comment savoir si même en son absence physique il nous accepte comme ses disciples?”

Le 7 juillet 1977, alors qu’il formalisait la procédure ritvik, Srila Prabhupada dit que les ritviks pouvaient accepter des dévots comme disciples de lui-même, sans avoir à le consulter. Srila Prabhupada n’était donc pas impliqué dans la sélection ou acceptation de nouveaux disciples. Les ritviks avaient pleins pouvoirs discrétionnaires. L’implication physique de Srila Prabhupada n’était pas requise:

Srila Prabhupada: Donc, sans devoir m’attendre, quiconque vous jugerez digne. Cela se fera par discrétion.
Tamal Krsna Goswami: Par discrétion.
Srila Prabhupada: Oui.
(SP Entretien, 7/07/77, Vrindavan)

De plus, c’est par Tamal Krsna Goswami que les noms donnés par les ritviks allaient être inscrits dans le registre des “Disciples Initiés”. Ainsi, du moins d’un point de vue externe, Srila Prabhupada n’avait pas même connaissance de l’existence du disciple. Par conséquent, le processus maintenant serait en tout point identique à ce qu’il était alors, le ritvik ayant plein pouvoir décisionnaire.

4. “On ne peut continuer à approcher, s’enquérir et servir le guru que si diksa, l’initiation, a eu lieu avant que le guru ne quitte la planète.”

Au moins, cette assertion concède qu’il est possible d’approcher, s’enquérir et servir un maître spirituel physiquement absent. La restriction que cela est uniquement possible – ‘si le lien de diksa est formalisé avant que le guru ne quitte la planète’ – est une pure invention dénuée de référence dans les livres de Srila Prabhupada et que l’on peut donc parfaitement écarter. diksa, à proprement parler, ne requiert même pas une cérémonie formelle pour être effective; c’est la transmission de la connaissance transcendantale du guru au disciple réceptif (avec l’annihilation des réactions causées par des activités pécheresses).

“La lignée disciplique ne signifie pas toujours qu’on doit être officiellement initié. La lignée disciplique signifie en suivre l’enseignement.”
(SP Lettre à Dinesh, 31/10/69)

“Initiation ou pas initiation, la première chose est la connaissance… la connaissance. L’initiation est une formalité. C’est comme aller à l’école pour apprendre: l’admission est une formalité. Ce n’est pas quelque chose de très important.”
(SP Interview, 16/10/76, Chandigarh)

Il est irrationnel d’avancer que le processus transcendantal de diksa ne peut pas fonctionner si le guru n’est pas physiquement présent lors d’un sacrifice du feu lui-même non-essentiel, d’autant que:

  • Srila Prabhupada n’était souvent pas physiquement présent lors des cérémonies d’initiation. La plupart du temps, elles étaient conduites par ses représentants – présidents de temple, sannyasis aînés et ritviks.
  • Il est admis que des milliers de disciples de Srila Prabhupada continuent à bénéficier du processus de diksa, même si leur guru est physiquement absent depuis plus de deux décennies.

On pourrait objecter que si Srila Prabhupada n’était pas présent à ces initiations, il était tout de même physiquement présent sur la planète lorsqu’elles avaient lieu. La présence physique du guru sur la planète au moment de l’initiation est-elle donc essentielle à diksa? Pour donner quelque poids à cet argument, il faudrait trouver dans les livres de Srila Prabhupada une injonction selon laquelle:

diksa ne peut avoir lieu que si lors de la cérémonie d’initiation formelle, la distance entre le guru et le disciple ne dépasse pas le diamètre de la Terre’

À ce jour, personne n’a trouvé pareille injonction. Au contraire, un exemple très connu de diksa dans notre philosophie contredit cette proposition, comme le montre la citation suivante (Bg 4.1):

“Il n’y avait aucune difficulté pour communiquer avec Manu ou le fils de Manu, Iksvaku. Les ondes radio étaient si claires que la communication pouvait être transmise d’une planète à une autre.”
(SP Classe, 24/08/68)

Il semble donc que les distances physiques entre gurus et disciples ne fassent pas obstacle au processus diksa.

5. “Ce que vous proposez ressemble étrangement au christianisme.”

1) Ce n’est pas nous qui proposons la procédure ritvik, mais Srila Prabhupada – dans sa dernière directive. Que cela ressemble au christianisme ou non, c’est ce que nous devons suivre puisque c’est l’ordre du guru.

2) Srila Prabhupada approuvait l’idée qu’après le départ de Jésus-Christ, les chrétiens continuent à le suivre comme leur guru. Il enseigna que celui qui suit les enseignements du Christ est un disciple et qu’il atteindrait le niveau de libération offert par Jésus-Christ:

Madhudvisa: Est-il possible pour un chrétien, sans l’aide d’un Maître Spirituel mais en croyant en la Parole de Jésus-Christ et en s’efforçant de suivre ses enseignements, d’atteindre le Monde Spirituel?
Srila Prabhupada: Je ne te suis pas.
Tamal Krsna: Un chrétien à notre époque peut-il, sans Maître Spirituel mais en lisant la Bible et en suivant la Parole de Jésus, atteindre le…
Srila Prabhupada: Quand on lit la Bible, on suit un Maître Spirituel. Comment peux-tu dire “sans”? Lorsqu’on lit la Bible, cela signifie qu’on suit les instructions du Seigneur Jésus-Christ et on suit donc un Maître Spirituel. Comment peut-on alors se considérer “sans Maître Spirituel”?
Madhudvisa: Je voulais parler d’un Maître Spirituel vivant.
Srila Prabhupada: Le Maître Spirituel, ce n’est pas une question de…le Maître Spirituel est éternel. Le Maître Spirituel est éternel. En fait, ta question est ‘sans Maître Spirituel’. On n’est jamais sans Maître Spirituel, à aucun moment de l’existence. On peut accepter tel ou tel Maître Spirituel, c’est une autre chose; mais il faut en accepter un. Quand tu dis “en lisant la Bible”, lorsqu’on lit la Bible cela signifie qu’on suit le Maître Spirituel, qui est représenté par un prêtre ou un pasteur dans la lignée du Seigneur Jésus-Christ. (SP Promenade matinale, 2/10/68, Seattle)

“Quant à la destination des dévots du Seigneur Jésus-Christ, ils peuvent aller au paradis, c’est tout. C’est une des planètes de ce monde matériel. Est dévot du Seigneur Jésus-Christ celui qui suit strictement les dix commandements. […] En conclusion, les dévots du Seigneur Jésus-Christ sont promus aux planètes célestes qui se trouvent dans ce monde matériel.”
(SP Lettre à Bhagavan, 2/03/70)

“En fait, celui qui est guidé par Jésus-Christ obtiendra certainement la libération.”
(Questions Parfaites, Réponses Parfaites, chap.9)

“…Les chrétiens suivent le Christ, une grande âme. mahajano yena gatah sa panthah. Suivez un mahajana, une grande âme […] Suivez un acarya, comme les chrétiens suivent un acarya, le Christ. Les musulmans suivent un acarya, Mohammed. C’est une bonne chose. Il faut suivre un acarya […] evam parampara praptam.”
(SP Entretien, 20/05/75, Melbourne)

3) Cette objection d’être ‘chrétien’ peut prêter à sourire, quand on voit que le système actuel de gurus dans ISKCON a lui-même adopté des procédures chrétiennes; la théologie derrière l’élection des gurus dans ISKCON s’apparente au système du collège des cardinaux qui élit les papes dans l’église catholique:

“Les procédures de vote […] pour le candidat guru […] qui sera établi par les membres votants [...] le processus de voter pour un guru […] par un vote à la majorité des deux-tiers du GBC […] tous les membres du GBC sont candidats à la nomination de guru.”
(Résolutions du GBC)

Egalement, le GBC s’auto proclame la “plus haute autorité ecclésiastique guidant ISKCON” (Back to Godhead 1990-1991): encore une terminologie ‘chrétienne’.

Ces pratiques ‘chrétiennes’ particulières ne furent jamais enseignées par Jésus, et furent totalement condamnées par Srila Prabhupada:

“Des votes n’ont aucune autorité pour élire un acarya. Un acarya vaisnava rayonne par lui-même et il n’est point besoin d’un verdict juridique pour l’établir.”
(C.C. Madhya, 1.220, Teneur et portée)

“Srila Jiva Goswami nous avise de ne pas accepter un maître spirituel en fonction de sa naissance ou de coutumes sociales et de conventions ecclésiastiques.”
(C.C. Adi, 1.35, Teneur et portée)

6. “Les ritviks donnent une forme de diksa. Srila Prabhupada n’est que notre siksa guru.”

1) La fonction du ritvik n’est pas celle du diksa guru. Son seul objet est d’assister le diksa guru dans l’initiation de ses disciples et non de les prendre pour lui-même.

2) Le ritvik supervise simplement la procédure de l’initiation, donne un nom spirituel, etc. En l’occurrence, le yajna du feu était souvent accompli par le président du temple – mais personne ne dit pour cela qu’il est le diksa guru.

3) Pourquoi ne pas laisser Srila Prabhupada être ce qu’il entend être? Il est assurément notre siksa guru, mais comme il l’a clairement indiqué le 9 juillet, il devait aussi être notre diksa guru.

4) Srila Prabhupada étant notre siksa guru prééminent, il est de facto notre diksa guru car:

  • Il donne divya-jnana, la connaissance transcendantale - définition de diksa.
  • Il plante la bhakti-lata-bija – définition de diksa.

Les dévots peuvent assister (par la prédication, la distribution des livres, etc.) et devenir ainsi des vartma-pradarsaka-gurus, mais cela ne fait pas d’eux des diksa gurus; bien que par leur service ils puissent aussi s’élever au stade d’âme libérée.

5) Quoi qu’il en soit, le siksa guru prééminent devient généralement le diksa guru:

“Srila Prabhupada est le siksa guru fondamental pour tous les dévots d’ISKCON […] les instructions de Srila Prabhupada sont les enseignements essentiels pour tous les dévots d’ISKCON.”
(Résolutions du GBC, nº 35, 1994)

“En général, le maître spirituel qui instruit constamment un disciple dans la science spirituelle devient par la suite son maître spirituel initiateur.”
(C.C. Adi, 1.35, Teneur et portée)

“Il incombe au siksa guru ou au diksa guru d’instruire le disciple comme il se doit, et c’est ensuite à ce dernier de s’engager dans le processus donné. Selon les injonctions des sastras, il n’existe pas de différence entre le siksa guru et le diksa guru, et en général, le siksa guru d’un disciple devient par la suite son diksa guru.”
(S.B. 4.12.32, Teneur et portée)

7. “Si Srila Prabhupada est le siksa guru de tous, comment peut-il aussi être le diksa guru?”

La confusion entre diksa et siksa gurus apparaît lorsqu’on confond leur titre avec leur fonction. Ainsi croit-on parfois que seul le siksa guru peut donner siksa, mais pas le diksa guru. Or, comme le montre la dernière citation, le diksa guru instruit également. Et cela devrait être évident car sinon comment transmettrait-il divya-jnana?:

Pradyumna: Guru-padasrayah. “Il faut tout d’abord prendre refuge aux pieds pareils au lotus d’un maître spirituel”, Tasmat Krsna-diksadi-siksanam, Tasmat: “de lui”, Krsna-diksadi-siksanam: “il faut prendre Krsna-diksa, l’initiation, et siksa.”
Srila Prabhupada: diksa signifie divya-jnanam ksapayati iti diksa. Ce qui explique divya jnana, la connaissance transcendantale, est diksa. Di, divya, diksanam. diksa. Donc, divya-jnana, la connaissance transcendantale… Si vous n’acceptez pas un Maître spirituel, comment pourrez-vous recevoir la connaissance transcen… On vous enseignera ici et là, et à la fin vous aurez perdu votre temps. Perte d’un temps précieux pour vous et pour l’enseignant. C’est pourquoi il faut être guidé par un maître spirituel de premier ordre. Continue de lire…
Pradyumna: “…Krsna-diksadi-siksanam
Srila Prabhupada: siksanam. Il faut apprendre. Sans apprendre, comment progresserez-vous? Ensuite…
(SP Entretien, 27/01/77, Bhubaneswar)

Cette siksa transcendantale est l’essence de diksa, c’est établi dans le verset si connu sur la relation guru-disciple de la Bhagavad-gita 4.34. Dans ce verset, le mot ‘upadeksyanti’ est traduit dans la traduction littérale (mot à mot) par ‘initie’. Mais dans la traduction littéraire le mot ‘initie’ est remplacé par “révèle le savoir”, selon un processus soutenu par le disciple qui s’en ‘enquiert’. Ainsi le processus d’initiation est décrit ici comme synonyme de révéler la connaissance. Les partisans de l’idée que ‘Prabhupada est siksa et non diksa’ se retrouvent pris à leur propre piège. Si, sans être présent sur la planète Srila Prabhupada est en mesure de ‘révéler la connaissance’, par définition c’est bien divya-jnana, la connaissance transcendantale, qu’il révèle. Si Srila Prabhupada peut être un siksa guru sans qu’une interaction physique soit nécessaire, pourquoi pas aussi un diksa guru? Il est absurde d’avancer que sans être présent sur la planète Srila Prabhupada peut donner siksa en agissant en tant que siksa guru, mais qu’il ne peut le faire si on change juste son titre. Le fait qu’il puisse être un siksa guru sans être présent sur la planète atteste qu’il peut de la même manière transmettre diksa.

Certains sont même allés plus loin en arguant que Srila Prabhupada ne peut même pas donner la siksa transcendantale sans avoir un corps physique. Si c’était le cas, on se demande alors pourquoi Srila Prabhupada a fait l’effort d’écrire tant de livres et fonder le BBT à seule fin de les diffuser au cours des dix mille ans à venir? S’il n’est plus possible de recevoir les instructions transcendantales de Srila Prabhupada par ses livres, pourquoi alors les distribuer? Et pourquoi, par leur seule vertu, inspirent-ils toujours les gens à s’abandonner?

8. “Insinuez-vous que Srila Prabhupada n’a créé aucun pur dévot?”

Non, tout ce que nous disons c’est que Srila Prabhupada a établi la procédure ritvik pour que les initiations continuent. Que Srila Prabhupada ait créé des purs dévots ou non n’a rien à voir avec sa directive claire et nette sur l’initiation. En tant que disciples, notre devoir est simplement de suivre les instructions du guru. On n’abandonne pas l’instruction du guru pour spéculer sur le nombre de purs dévots qui existeraient actuellement ou existeront dans le futur.

Même en considérant le pire scénario, qu’il n’existe de fait aucun pur dévot actuellement, il faut se rappeler la situation après le départ de Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati. Presque quarante ans plus tard, Srila Prabhupada indiqua qu’il n’existait qu’un seul acarya initiateur accrédité issu de la Gaudiya Matha:

“En fait, parmi mes frères spirituels, aucun d’entre eux n’est qualifié pour devenir acarya*. […] Au lieu d’être source d’inspiration pour nos disciples et élèves, ils pourraient les contaminer. […] ils sont très compétents pour nuire à notre progrès naturel.”
(SP Lettre à Rupanuga, 28/04/74)

*(Srila Prabhupada employait indifféremment les termes acarya et guru):

“Je générerai des gurus. Je dirai qui est guru. ‘Maintenant, devenez acarya. […] Vous pouvez tromper, mais cela ne produira rien de tangible. Voyez la Gaudiya Matha. Tous voulaient être des gurus. Un petit temple et son ‘guru’. Quelle sorte de guru?”
(SP Promenade matinale, 22/04/77)

On pourrait voir en de tels propos une condamnation sans appel de l’œuvre de prédication de Srila Bhaktisiddhanta. Il serait cependant fort inconsidéré d’avancer que Srila Bhaktisiddhanta ‘échoua’. Nous savons que Srila Bhaktisiddhanta dit que si même un seul pur dévot émergeait de sa mission, il la considérerait couronnée de succès.

Dans tous les cas, le fonctionnement d’une procédure ritvik n’exclut pas a priori l’existence possible de purs dévots. Divers scénarios peuvent parfaitement allier l’existence de ritviks et de purs dévots. Ainsi:

Srila Prabhupada peut très bien créer des purs dévots qui n’ont pas le désir de devenir des diksa gurus. Rien ne permet d’affirmer que les dévots d’ISKCON qui ont le plus progressé sont ceux qui se portent candidats tous les ans. Ces purs dévots peuvent très bien souhaiter simplement et humblement assister Srila Prabhupada dans sa mission. Il n’est dit nulle part qu’un pur dévot doit obligatoirement devenir un diksa guru. De tels purs dévots seraient ravis d’œuvrer en suivant la procédure ritvik si tel est l’ordre de leur guru.

Srila Prabhupada souhaite peut-être un grand nombre de gurus instructeurs mais pas nécessairement de gurus initiateurs. Ce qui coïncide avec l’instruction citée plus haut que tous deviennent des siksa gurus, et avec l’avertissement de Srila Prabhupada de ne pas accepter de disciples. Cela concorde également avec le fait que Srila Prabhupada a déjà à lui seul mis en oeuvre les conditions pour la réussite de sa mission:

Invité: Envisagez-vous de nommer un successeur?
Srila Prabhupada: C’est déjà un succès.
Invité: Mais, il doit y avoir quelqu’un, vous savez, pour prendre les choses en main.
Srila Prabhupada: Oui. C’est ce que nous créons. Nous créons ces dévots, qui s’en chargeront.
Hanuman: Cette personne demande, et j’aimerais aussi savoir, si vous avez nommé un successeur ou votre successeur va …
Srila Prabhupada: Mon succès est toujours là.
(SP Entretien, 12/02/75, Mexico)
“Il n’y a rien de nouveau à dire. Tout ce que j’avais à dire, je l’ai dit dans mes livres. Vous devez maintenant essayer de les comprendre et poursuivre vos efforts. Que je sois présent ou non, cela importe peu.”
(SP Entretien, 17/05/77, Vrindavan)
Journaliste: Qu’adviendra-t-il du Mouvement aux États-Unis quand vous mourrez?
Srila Prabhupada: Je ne mourrai jamais!
Dévots: Jaya! Haribol! (éclats de joie)
Srila Prabhupada: Je vivrai à travers mes livres et vous les utiliserez.
(SP Conférence de presse, 16/07/75, San Francisco)

Journaliste: Est-ce que vous formez un successeur?
Srila Prabhupada: Oui, mon Guru Maharaja est là.
(SP Conférence de presse, 16/07/75, San Francisco)

“Seul le Seigneur Caitanya peut prendre ma place. Il veillera sur le Mouvement.”
(SP Entretien - Traduit de l’Hindi - 2/11/77, Vrindavan)

Journaliste: Qu’adviendra-t-il au moment inévitable où il faudra un successeur?
Ramesvara: Il parle du futur, qui guidera le Mouvement dans le futur.
Srila Prabhupada: Ce sont eux qui guideront. Je les forme.
Journaliste: Mais, y aura-t-il un chef spirituel?
Srila Prabhupada: Non. Je forme des GBC, 18 répartis sur la planète.
(SP Interview, 10/06/76, Los Angeles)

Journaliste: Allez-vous nommer quelqu’un comme successeur ou l’avez-vous déjà fait?
Srila Prabhupada: Cela n’est pas actuellement dans mes pensées. Mais il n’y a pas besoin d’une personne en particulier.
(SP Interview, 4/06/76, Los Angeles)

Journaliste: Je me demandais s’il y avait un successeur pour… Avez-vous un successeur qui prendra votre place quand vous mourrez?
Srila Prabhupada: Pas encore décidé. Pas encore décidé.
Journaliste: Et par quel processus? Est-ce que les Hare Krsna…
Srila Prabhupada: Nous avons des secrétaires. Ils administrent.
(SP Interview, 14/07/76, New York)

Le fait que Srila Prabhupada n’autorisa aucun de ses disciples à agir en tant que diksa guru ne veut pas nécessairement dire qu’aucun d’entre eux n’était un pur dévot. Un siksa guru peut aussi être une âme libérée. Il semble que le plan de Krsna ne prévoyait pas qu’ils aient un tel rôle. Ceux qui suivent Srila Prabhupada ont cependant un rôle important à jouer, comme lorsqu’il était physiquement présent sur la planète, lui servir d’assistants et non d’acaryas successeurs:

“Les membres du GBC doivent tous être des gurus instructeurs. Je suis le guru initiateur, et vous devez être des gurus instructeurs, enseignant ce que j’enseigne et faisant ce que je fais.”
(SP Lettre à Madhudvisa, 4/08/75)

“Il arrive que le diksa guru ne soit pas toujours présent. On peut alors apprendre et recevoir des instructions d’un dévot avancé. C’est ce qu’on appelle un siksa guru.”
(SP Classe, 4/07/74, Honolulu)

La question n’est donc pas de savoir si Srila Prabhupada a créé des purs dévots ou non, mais de prendre acte qu’il a établi une procédure ritvik. Bien qu’actuellement le diksa guru ne soit pas présent physiquement, cela ne veut pas dire qu’il ne soit pas le diksa guru. En son absence, nous pouvons être instruits par des siksa gurus authentiques, dont le nombre peut éventuellement atteindre des millions.

9. “Tant qu’un guru suit strictement, peu importe son niveau d’avancement; avec le temps, il se qualifiera et ramènera ses disciples auprès de Dieu.”

Comme nous l’avons déjà vu, agir en tant que diksa guru requiert tout d’abord d’avoir atteint le stade le plus élevé du service de dévotion appelé maha-bhagavata, puis d’être habilité à initier par son propre acarya. La philosophie qui consiste en quelque sorte à libeller un chèque postdaté de la valeur d’un guru est une spéculation offensante, comme l’illustre la citation suivante:

“Bien que Prithu Maharaja fût effectivement un avatar du Seigneur Suprême, il rejeta toutes les louanges qu’on lui offrait puisque les qualités de la Personne Suprême n’étaient pas encore manifestées en lui. Il désirait ainsi souligner le fait que celui qui ne possède pas réellement ces qualités ne doit pas chercher à être glorifié par ses partisans et ses disciples, même si ces vertus peuvent se manifester par la suite. Certains hommes n’ayant pas vraiment les caractéristiques d’une grande âme incitent leurs partisans à les louer avec l’espoir que ces qualités s’épanouiront en eux par la suite, mais en fait, les éloges qu’on leur offrira ainsi ne seront pour eux que des insultes.”

(S.B. 4.15.23, teneur et portée)

De même qu’il serait insultant d’appeler un aveugle ‘oeil de lotus’, appeler des âmes partiellement conditionnées ‘l’égal de Dieu’ (GII p.15, point 8) est tout aussi offensant; non seulement pour celui qui est flatté à tort, mais aussi à l’égard de la pure lignée des maîtres spirituels parfaits qui remonte au Seigneur Suprême Lui-même.

“Suivre strictement” est le processus par lequel le disciple progresse, mais ce n’est pas une qualification en soi. Les dévots confondent souvent le processus avec la qualification et prêchent même parfois qu’il s’agit de la même chose. Qu’une personne suive strictement ne signifie pas qu’il est un maha-bhagavata ou que son maître spirituel lui a demandé d’initier; et si un disciple entreprend d’initier avant d’être dûment qualifié et accrédité, il devient clair alors qu’il ne “suit plus strictement”.

Des dévots citent parfois la Teneur et portée du verset 5 de l’Upadesamrta pour prouver “qu’un vaisnava néophyte et celui qui se situe sur le plan intermédiaire peuvent aussi accepter des disciples…” Pour quelques raisons qui leur appartiennent, ils ne retiennent pas le reste de la phrase qui prévient les disciples de tels gurus que “sous direction insuffisante, ils ne progressent que très difficilement vers le but ultime.” Il est alors dit:

“Tout disciple sérieux doit donc veiller à n’accepter pour maître spirituel que l’uttama-adhikari.”
(l’Upadesamrta, verset 5, Teneur et portée)

Les gurus non qualifiés sont eux aussi prévenus:

“Nul ne doit devenir maître spirituel s’il n’a d’abord atteint le niveau d’uttama-adhikari.”
(l’Upadesamrta, verset 5, Teneur et portée)

Si un guru ne peut offrir qu’une ‘direction insuffisante’ il ne saurait, par définition être un diksa guru car c’est une divya-jnana complète qui doit être transmise. ‘Insuffisante’ signifie – pas assez. Il est clair que les gurus initiateurs qui ne peuvent aider à progresser que ‘très difficilement’, sont à éviter’

10. “La procédure ritvik signifie par définition la fin de la lignée disciplique.”

La lignée des maîtres spirituels ou parampara est éternelle; elle ne saurait prendre fin. Selon Srila Prabhupada, le Mouvement de Sankirtani (et donc ISKCON) n’existera que durant les 9500 ans à venir. En regard de l’éternité, 9500 ans n’est rien, un simple “bip” dans le temps cosmique. Il semble que telle sera la période pendant laquelle Srila Prabhupada demeurera le ‘représentant actuel’ au sein d’ISKCON, à moins que Krsna ou lui-même ne revienne sur la directive du 9 juillet ou que des circonstances extérieures la rendent impossible à suivre dans la pratique (comme un cataclysme thermonucléaire).

Certains acaryas précédents sont restés des ‘représentants actuels’ de la lignée des maîtres spirituels pendant de longues périodes; des milliers d’années (Srila Vyasadeva) voire des millions d’années (voir la citation ci-dessous). Nous ne voyons pas pourquoi la durée du statut de ‘représentant actuel’ de Srila Prabhupada, devrait-elle s’étendre jusqu’à la fin du Mouvement de Sankirtani, devrait poser un quelconque problème.

“En ce qui concerne la parampara, il n’y a pas lieu de s’étonner de grands intervalles […] Nous lisons dans la Bhagavad-gita qu’elle fut enseignée au Deva du soleil il y a des millions d’années; or, de cette parampara, Krsna cite seulement trois noms, nommément: Vivasvan, Manu et Iksvaku. Ces intervalles ne gênent nullement notre compréhension de la parampara. Il faut adopter l’enseignement de l’acarya prééminent et suivre ses traces […] de l’acarya de la sampradaya à laquelle nous appartenons.”
(SP Lettre à Dayananda, 12/04/68)

La directive du 9 juillet est d’importance primordiale, car elle signifie que Srila Prabhupada demeurera l’acarya d’ISKCON tant que l’institution existera. Seule l’intervention directe de Srila Prabhupada ou de Krsna pourrait révoquer La Dernière Directive (une telle intervention devant être au moins aussi claire et évidente qu’une directive signée et adressée au Mouvement entier). À moins d’un tel contre-ordre, la science du service de dévotion continuera d’être transmise directement par Srila Prabhupada à des générations de disciples. S’agissant là d’un phénomène courant dans notre lignée disciplique, il n’y a pas lieu de s’alarmer. La lignée ne peut être considérée “stoppée” que si cette science du service de dévotion se trouve perdue. Lorsque cela se produit, Krsna descend habituellement en Personne pour rétablir les principes de la religion. Tant que les livres de Srila Prabhupada seront disponibles, cette “science” restera dynamiquement intacte et parfaitement accessible.

11. “La procédure ritvik signifie la fin de la relation guru-disciple, qui est la tradition depuis des milliers d’années.”

Par la procédure ritvik, un nombre potentiellement illimité de disciples sincères seront reliés au plus grand acarya qui vint bénir la Terre – Srila Prabhupada. Leur relation avec Srila Prabhupada sera basée sur l’étude de ses livres et l’offrande de service au sein de son Mouvement, lequel offre de nombreuses opportunités de relations siksa guru - disciple. En quoi ceci met-il fin à la tradition des relations guru-disciple?

Les détails sur la manière dont la relation diksa guru-disciple est officiellement établie peuvent être adaptés par l’acarya, en fonction du temps, du lieu et des circonstances, mais le principe reste le même:

“Srimad Viraraghava acarya, qui appartient à la filiation spirituelle de la Ramanuja sampradaya, a noté dans son commentaire que les candalas – les âmes conditionnées qui naissent de parents inférieurs aux sudras – peuvent eux aussi recevoir l’initiation spirituelle dans certaines circonstances. Pour en faire des Vaisnavas, on peut éventuellement apporter de légères modifications aux formalités requises.”
(S.B. 4.8.54, Teneur et portée)

En l’occurrence, le principe d’accepter l’initiation du maître spirituel authentique n’est aucunement minimisé ou compromis par la procédure ritvik.

Certains prennent pour référence les gurus traditionnels que l’on peut voir dans les villages en Inde, comme un modèle pour ISKCON. Chaque guru a quelques disciples qu’il forme personnellement. Si l’exemple paraît confortable, cela n’a rien à voir, et de loin, avec la mission planétaire prédite par le Seigneur Caitanya, et qui fut établie par Srila Prabhupada. Dans cette mission, Srila Prabhupada est l’acarya universel aux milliers voire millions de disciples potentiels. Srila Prabhupada fonda un Mouvement planétaire au sein duquel chacun peut-l’‘approcher’, le ‘servir’ et ‘s’enquérir’ auprès de lui n’importe où dans le monde. Pourquoi vouloir introduire un système de guru de village, quand ce n’est pas ce que Srila Prabhupada a ordonné ou établi?

Comment peut-il y avoir unité d’esprit si tout le monde médite sur des centaines de gurus différents dont les vues, opinions et niveaux de réalisation diffèrent? Plutôt qu’une approche type pochette surprise de la vie spirituelle, Srila Prabhupada nous a offert un processus éprouvé et garanti qui favorise l’abandon direct à une personne fiable, lui-même. Nous savons qu’il ne nous abandonnera jamais et de cette manière ISKCON restera alors unie, non seulement en nom mais en conscience.

Certains dévots croient que sans une succession de diksa gurus initiateurs incarnés, physiquement présents, la science du service de dévotion se perdra. Ce principe n’ayant jamais été enseigné par Srila Prabhupada, il ne saurait exister dans notre philosophie. Tant que la procédure ritvik restera en vigueur (une fois rétablie, naturellement) il y aura une succession de siksa gurus vivants qui instruiront au nom d’un maha-bhagavata éternellement vivant, bien qu’absent physiquement. Tant que ces siksa gurus ne modifient rien, n’inventent pas de philosophies, ne désobéissent pas à d’importantes directives et ne se présentent pas illégalement comme des diksa gurus, la science du service de dévotion demeurera parfaitement intacte. S’il arrivait que de tels écarts de conduite fassent obstacle à la science impérissable de la bhakti, Krsna interviendrait alors d’une manière ou d’une autre, en envoyant peut-être de nouveau un Résident de Goloka pour refonder un Mouvement authentique. Faisons tous en sorte que cela ne soit pas nécessaire.

12. “Ritvik n’est pas la manière de fonctionner standard de la lignée disciplique. La bonne manière consiste pour le guru pendant qu’il est physiquement présent, à apprendre au disciple tout ce qu’il doit savoir sur Krsna. Une fois que le guru a quitté la planète, il est du devoir de tous ses disciples dignes, d’initier alors immédiatement leurs propres disciples, pérennisant ainsi la lignée disciplique. C’est la manière ‘standard’ de faire les choses.”

Mis à part les deux importantes conditions préalables pour pouvoir initier, il est clair que dans notre parampara l’activité liée à diksa prend des formes très diverses. Nous avons noté que des écarts du système soi-disant ‘standard’ s’inscrivent dans cinq catégories principales, mais nous n’excluons pas qu’il puisse en exister d’autres:

a) Intervalles:

Il s’agit des cas où un acarya de la parampara quitte ce monde sans qu’il y ait un nouveau chaînon qui suive pour immédiatement initier. Ou alors la personne qui doit devenir le chaînon suivant ne reçoit pas immédiatement de son maître spirituel l’autorisation d’initier, dès ou après le départ de celui-ci. Par exemple, il y eut un intervalle d’une vingtaine d’années entre le départ de Srila Bhaktisiddhanta et la première nouvelle initiation authentique dans notre sampradaya. Des intervalles de plus d’une centaine d’années ne sont pas rares entre les membres de la lignée des maîtres spirituels.

b) Contre-intervalles:

Il s’agit des cas où un acarya n’a pas encore quitté son corps que ses disciples commencent à initier. Par exemple, le Seigneur Brahma n’a pas encore quitté son corps, mais des générations de gurus successeurs ont initié des millions et des millions de disciples. Srila Bhaktisiddhanta initiait alors que Srila Bhaktivinode ainsi que Srila Gaura Kisora étaient encore physiquement présents. Selon GII (p.23), il s’agit d’un phénomène courant dans notre sampradaya.

c) Liens siksa/diksa:

Il y a des exemples de disciples qui acceptèrent comme maître spirituel principal un acarya après que celui-ci eut quitté la planète. Que l’acarya fut un siksa ou un diksa guru pour ces disciples est souvent difficile à discerner. Srila Prabhupada ne précise généralement pas la nature exacte de ces interactions spirituelles. Par exemple, la nature exacte de la relation qui liait Srila Visvanatha Cakravarti Thakura et Narottama dasa Thakura, alors que tous deux ont vécu à plus d’une centaine d’années d’intervalle, n’est pas précisée par Srila Prabhupada. Nous l’appellerions peut-être une relation siksa, mais ce serait spéculer car Srila Prabhupada dit seulement:

“Srila Narottama dasa Thakura accepta pour serviteur Srila Visvanatha Cakravarti Thakura.”
(C.C. Adi 1, Résumé du chapitre)

“Visvanatha Cakravarti Thakura. Il accepta son guru, Narottama dasa Thakura.”
(SP Classe, 17/04/76, Bombay)

Bien que de tels disciples prirent normalement part à une cérémonie avec quelqu’un qui était physiquement présent, cela n’empêcha pas l’acarya parti d’être leur diksa guru; de même, une cérémonie conduite par un ritvik ne veut pas dire que le ritvik ou le président de temple est le diksa guru éternel. En général, ces disciples reçurent d’une autorité qui, elle, était physiquement présente, la permission d’accepter un sad-guru qui ne l’était pas. De la même manière, la procédure ritvik rétablie, les nouveaux disciples de Srila Prabhupada obtiendraient d’abord l’approbation du président du temple et du ritvik en fonction avant d’être initiés.

d) Modes d’initiation:

Il s’agit de forme non-ordinaire d’initiation, lorsque la transmission de diksa s’effectue de manière unique ou prodigieuse. Par exemple, de Krsna à Brahma ou lorsque Caitanya Mahaprabhu murmura à l’oreille d’un bouddhiste. La transmission interplanétaire de diksa pourrait aussi entrer dans cette catégorie – de grandes âmes initient ou transmettent diksa à un disciple qui se trouve sur une autre planète; par exemple, de Manu à Iksvaku. (Bg. 4.1)

e) Formes de succession:

Il s’agit de formes différentes de succession d’acaryas dans notre sampradaya. Par exemple, Srila Bhaktivinode retint la succession d’un ‘fils Vaisnava puissant’. Srila Bhaktisiddhanta eut vision d’un ‘acarya rayonnant’. Sauf preuve du contraire, Srila Prabhupada laissa en place une procédure “rittik – représentant de l’acarya, pour accomplir les procédures d’initiation…” par laquelle “Les nouveaux initiés sont disciples de Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada.” Le système actuellement prisé par le GBC est un ‘système d’acaryas successeurs multiples’.

Il est clair que l’approche de chaque acarya est toute personnelle, de sorte que parler d’un système ‘standard’ pour la continuation de la parampara n’a pratiquement que peu de sens.

13. “Si nous adoptions la procédure ritvik, qu’est-ce qui nous empêcherait de prendre l’initiation d’un des acaryas précédents, comme Srila Bhaktisiddhanta?”

Deux choses écartent la validité de cette option:

  1. Ni Srila Bhaktisiddhanta ni d’autres acaryas précédents n’ont mis en place de procédure ritvik devant fonctionner ‘dorénavant’.
  2. Nous devons approcher le représentant actuel:

“…pour recevoir le véritable message du Srimad-Bhagavatam, il faut approcher le représentant actuel de la lignée disciplique, le maître spirituel.”
(S.B. 2.9.7, Teneur et portée)

Il est clair que Srila Prabhupada est l’acarya de la sampradaya qui a succédé à Srila Bhaktisiddhanta. Srila Prabhupada est donc le représentant actuel, la personne qu’il convient d’approcher pour recevoir l’initiation.

14. “Pour être le représentant actuel, il faut être physiquement présent.”

Srila Prabhupada n’a rien dit de tel.

Voyons donc la question: Un maître spirituel peut-il être un représentant ‘actuel’ (de la parampara) s’il est physiquement absent?

a) Le terme ‘représentant actuel’ n’apparaît qu’une fois dans les livres de Srila Prabhupada et il n’y a aucune référence à la présence physique. Si la présence physique était essentielle, cela aurait certainement été mentionné.

b) Les définitions du dictionnaire pour le mot ‘actuel’ ne font aucune mention de la présence physique.

c) Les définitions du dictionnaire pour le mot ‘actuel’ sont parfaitement applicables à un maître spirituel physiquement absent ainsi qu’à ses livres: ‘le plus récent’, ‘généralement connu, pratiqué ou accepté’, ‘répandu’, ‘ayant cours et valide actuellement’. (Collins English Dictionary)

Visiblement, toutes ces définitions peuvent s’appliquer à Srila Prabhupada et à ses livres.

d) L’objet même d’approcher un ‘représentant actuel’ est parfaitement satisfait en lisant les livres de Srila Prabhupada:

“…pour recevoir le véritable message du Srimad-Bhagavatam, il faut approcher le représentant actuel de la lignée disciplique, le maître spirituel.”
(S.B. 2.9.7, Teneur et portée)

e) Srila Prabhupada emploie les termes ‘acarya direct’ comme synonyme de ‘représentant actuel’. Le mot ‘direct’ signifie: ‘sans intermédiaire’, ‘le plus proche en effet ou en relation’. (Collins English Dictionary)

Ces définitions valident une relation directe avec Srila Prabhupada sans besoin d’intermédiaires et, là encore, sans considération de présence ou absence physique.

f) Etant donné qu’il y a des exemples de disciples qui initièrent alors que leur guru était encore présent sur la planète, il semble qu’il n’y ait pas de lien direct entre le statut de représentant actuel et la présence ou absence physique. Autrement dit, s’il est possible d’être le prochain représentant actuel alors même que son propre guru est présent physiquement, pourquoi ne serait-il pas possible pour un acarya qui n’est plus présent de demeurer le représentant actuel?

En conclusion, nous ne voyons rien qui puisse donner à penser que le statut de représentant actuel de la parampara s’établit sur la base de considérations de présence ou d’absence physique.

15. “Les frères spirituels de Srila Prabhupada devinrent tous des acaryas initiateurs après le départ de Srila Bhaktisiddhanta; pourquoi les disciples de Srila Prabhupada ne pourraient-ils pas en faire autant?”

En se présentant comme des acaryas initiateurs, les disciples de Srila Bhaktisiddhanta bravèrent La Dernière Directive de leur maître spirituel (de former un GBC et d’attendre l’émergence d’un acarya rayonnant). Srila Prabhupada condamna fermement ses frères spirituels pour leur insubordination, les décrivant incapables de prêcher et que dire d’initier:

“Parmi mes frères spirituels, aucun d’entre eux n’est qualifié pour devenir acarya.”
(SP Lettre à Rupanuga, 28/4/74)

“En somme, sache qu’il (Bon Maharaja) n’est pas une âme libérée et par conséquent il ne peut initier personne dans la Conscience de Krsna. Pour cela, il faut recevoir une bénédiction spirituelle spéciale d’autorités supérieures.”
(SP Lettre à Janardana, 26/4/68)

“Si chacun se met à initier, le résultat sera contraire. Tant que cela durera, il n’y aura que faillite.”
(SP Phalgun Krishnan Pancami, verset 23, 1961)

Nous avons vu encore récemment quels ravages un seul d’entre eux peut causer à la mission de Srila Prabhupada. Nous suggérerons le respect d’une distance la plus grande possible. Il est certain que nous ne pouvons nous permettre de les prendre comme modèles de disciples poursuivant la mission de leur maître spirituel. Ils ont détruit la mission de leur maître spirituel et sont plus que capables d’en faire autant avec ISKCON si on les laissait faire.

Quant au système de gurus dans la Gaudiya Matha, c’est peut-être le seul précédent historique que le S.A.S.M. peut revendiquer, à savoir qu’il fût lui aussi établi au mépris des directives claires de l’acarya-fondateur.

16. “Quand Srila Prabhupada dit qu’ils ne doivent pas être des acaryas, il voulait dire acarya avec un grand A; c’est-à-dire un acarya qui est à la tête d’une institution.”

Où Srila Prabhupada a-t-il fait une distinction entre des acaryas initiateurs avec un grand ‘A’ et d’autres avec un petit ‘a’? Où a-t-il parlé d’une espèce particulière d’acarya initiateur qui peut être à la tête d’une institution, et dit qu’il existe une espèce inférieure qui, à cause d’un quelconque handicap, ne le peut pas?

17. “Tout le monde sait qu’il y a trois sortes d’acaryas. C’est admis par tous dans ISKCON.”

Mais cette idée ne fut jamais enseignée par Srila Prabhupada, elle fut introduite par Pradyumna dasa dans une lettre à Satsvarupa dasa datée du 7 août 1978. Cette lettre fut plus tard reproduite dans le document ‘Under My Order’ et utilisée comme l’une des pierres angulaires de la thèse de ce document sur la manière dont le système de gurus dans ISKCON devait être réformé. C’est ce document, une fois rectifié (‘...Understood’), qui forme la base de la doctrine de GII sur l’initiation (comme mentionné dans l’Introduction). Ce document conduisit à la transformation du système d’acarya par zone en l’actuel Système d’acarya Successeur Multiples:

“J’ai pris cette définition de l’acarya dans la lettre de Pradyumna à Satsvarupa dasa Goswami datée du 7 août 1978. Le lecteur doit maintenant se reporter à cette lettre (que j’ai mis en annexe) et bien l’étudier.”
(‘Under My Order’, Ravindra Svarupa dasa, août 1985)

Dans sa lettre, Pradyumna explique que le terme acarya peut avoir trois acceptions:

1. Celui qui pratique ce qu’il prêche.

2. Celui qui donne l’initiation à un disciple.

3. Le chef spirituel d’une institution à la tête de laquelle l’acarya précédent l’a déclaré être son successeur.

Nous acceptons la définition 1. car Srila Prabhupada l’utilisait. Cette définition s’applique automatiquement à tout prédicateur exemplaire, qu’il soit un siksa ou un diksa guru.

Voyons maintenant la définition 2.: Pradyumna explique que ce type d’acarya peut initier des disciples et être appelé acaryadeva, mais seulement par ses disciples:

“Quiconque accorde l’initiation ou est un guru peut être appelé “acaryadeva”, etc. – seulement par ses disciples. Celui qui l’a accepté comme guru doit lui offrir son respect en tout point, mais ceci ne s’applique pas à ceux qui ne sont pas ses disciples.”
(Lettre de Pradyumna à Satsvarupa dasa Goswami, 7/08/78)

Ceci est une concoction. Srila Prabhupada n’a jamais décrit un guru initiateur dont la nature absolue doit seulement être reconnue par ses disciples et non par le monde entier, ni même par d’autres Vaisnavas de la même lignée. Voyons comment Srila Prabhupada définit le terme acaryadeva. Voici des extraits de l’offrande de Vyasa-Puja de Srila Prabhupada présentée dans ‘The Science of Self Realisation’ (chap.2), offrande dans laquelle il emploie ce terme pour son propre maître spirituel, Srila Bhaktisiddhanta:

“Le guru ou acaryadeva, comme l’enseignent les Écritures révélées, délivre le message du monde absolu, …”

“…le titre de gurudeva ou acaryadeva correspond à un principe fondamental d’application universelle.”

“L’acaryadeva en l’honneur de qui nous nous sommes réunis ce soir, afin de lui rendre hommage, n’est pas le guru d’une institution sectaire ni l’un de ces nombreux prophètes de la Vérité qui tous diffèrent les uns des autres. Il est au contraire le Jagat-Guru, le guru dont nous dépendons tous…”
(‘The Science of Self Realisation’, chapter 2)

L’emploi et la définition du terme acaryadeva par Srila Prabhupada sont diamétralement opposés à ceux de Pradyumna. Ce que Pradyumna dit du terme acaryadeva laisse penser qu’il peut s’appliquer à des personnes qui ne sont pas réellement situées à ce niveau très élevé. Ainsi relativise-t-il la position absolue du diksa guru.

Le terme acaryadeva ne peut s’appliquer qu’à une personne qui est effectivement ‘le guru dont nous dépendons tous’, quelqu’un que le monde entier devrait vénérer:

“C’est là le critère même qui l’établit comme une manifestation directe du Seigneur et un représentant authentique de Sri Nityananda Prabhu. Un tel maître spirituel est appelé acaryadeva.”
(C.C. Adi, 1.46, Teneur et portée)

Dans la définition 3, Pradyumna explique que le terme acarya fait référence au chef spirituel d’une institution, et qu’il y a là une spécificité:

“Cela ne veut pas dire n’importe qui, mais seulement celui qui parmi tous les autres a été spécifiquement désigné par l’acarya précédent comme son successeur à la tête de l’institution spirituelle qu’il dirige. […] telle est la tradition stricte dans toute la Gaudiya Sampradaya.”
(Lettre de Pradyumna, 7 août 1978)

Nous sommes bien d’accord que pour initier il faut d’abord y être autorisé par l’acarya précédent (un point qui n’est même pas mentionné dans la définition 2.)

“Cette initiation, il faut la recevoir d’un maître spirituel authentique issu de la filiation spirituelle et accrédité par son propre maître spirituel.”
(S.B. 4.8.54, Teneur et portée)

Fort bien, mais nous ne voyons pas le rapport avec une passation de pouvoir à la ‘tête de l’institution spirituelle’, c’est même déconcertant puisque Srila Prabhupada est l’acarya d’une institution entièrement distincte de celle de son Guru Maharaja. Selon la philosophie de Pradyumna, Srila Prabhupada ne pourrait alors être qu’un acarya selon la définition 2. Quelle que soit la ‘tradition stricte’ à laquelle Pradyumna se réfère, Srila Prabhupada n’en a certainement jamais parlé; nous pouvons donc sans risque l’écarter. Plus bas dans la même page, nous découvrons d’où proviennent les idées insidieuses de Pradyumna:

“En fait, dans les différentes Gaudiya Mathas, même si un frère spirituel occupe le poste d’acarya, par humilité, il ne s’assied habituellement que sur un mince tissu, rien de plus.”
(Lettre de Pradyumna à Satsvarupa dasa Goswami, 7/08/78)

Aucun des frères spirituels de Srila Prabhupada n’était un acarya accrédité. On se serait attendu à ce qu’une humilité authentique se traduise par l’abandon d’une activité non-autorisée, quelle qu’elle fût, par la reconnaissance de la position prééminente de Srila Prabhupada, puis un abandon au véritable Jagat-Guru. Malheureusement, rares sont les membres de la Gaudiya Matha qui le firent. Le fait que Pradyumna cite de telles personnes en exemple montre qu’il dénigre encore une fois la position du véritable acaryadeva.

“Quant à Bhakti Puri et Tirtha Maharaja, ce sont mes frères spirituels et il convient d’être respectueux envers eux. Mais tu ne dois pas avoir de contact étroit avec eux, car ils sont allés à l’encontre des directives de mon Guru Maharaja.”
(SP Lettre à Pradyumna, 17/02/68)

Il est triste que Pradyumna prabhu ait ignoré cette instruction directe de son Guru Maharaja, et assez incroyable qu’on ait laissé ces opinions déviantes donner corps au ‘siddhanta’ actuel sur le guru dans ISKCON.

Ainsi, quand Srila Prabhupada dit qu’aucun de ses frères spirituels n’était qualifié pour devenir acarya, la question de savoir s’il se référait à une définition 1. ou 3. de l’acarya ne se pose pas. S’ils n’étaient pas qualifiés selon la définition 1. n’enseignant pas par l’exemple, ils se disqualifiaient automatiquement pour la définition 3. de même que pour la seule fonction d’initier. Et s’ils n’étaient pas qualifiés selon la définition 3., n’étant pas accrédités, là encore ils ne pouvaient initier.

En Conclusion:

a) Tout prédicateur doit aspirer à devenir acarya selon la définition 1. ou siksa guru.

b) L’élaboration de la définition 2. de Pradyumna est complètement fausse. Que l’on soit un disciple ou non, il est prohibé de considérer le guru authentique ou acaryadeva comme un homme ordinaire. S’il s’avérait être un homme ordinaire, il ne pourrait alors initier quiconque ni être appelé acaryadeva. De plus, il n’y a pas mention de la nécessité de recevoir une autorisation spécifique de l’acarya précédent, sans laquelle personne ne peut initier.

c) La définition 3. présente le seul type d’acarya qui peut initier – celui qui a été accrédité par son propre maître spirituel et acarya de la sampradaya. Ayant été dûment accrédité, qu’il soit ou non à la tête d’une institution est hors sujet.

Tous les dévots d’ISKCON doivent devenir des acaryas selon la définition 1. – enseignant par l’exemple ou siksa gurus. Un bon début pour devenir un tel acarya serait de commencer par suivre strictement les directives du maître spirituel.

18. “Il semble s’agir ici de détails; en quoi ces idées sur l’acarya ont-elles pu s’avérer dommageables dans ISKCON?”

Dans les faits, la relativisation du diksa guru a engendré toutes sortes de confusions dans ISKCON. Certains gurus d’ISKCON déclarent qu’ils ramènent leurs disciples à Dieu en servant de représentants actuels de Srila Prabhupada qui lui est l’acarya-Fondateur; d’autres disent qu’ils présentent simplement des disciples à Srila Prabhupada qui est, lui, le véritable représentant actuel qui les ramène à Dieu (proche de ritvik). Certains gurus disent que Srila Prabhupada demeure l’acarya actuel, d’autres disent qu’il ne l’est pas; deux d’entre eux se sont dits être l’unique acarya successeur de Srila Prabhupada. Certains gurus d’ISKCON croient encore que Srila Prabhupada nomma onze acaryas successeurs (un mythe récemment rapporté comme un fait avéré par le LA Times); d’autres pensent qu’il a désigné onze ritviks qui juste après son départ devaient se transformer en acaryas avec un petit ‘a’; d’autres pensent encore que ce n’était pas juste les onze qui devaient se transformer en acaryas avec un petit ‘a’ après son départ, mais tous les disciples de Srila Prabhupada (sauf les femmes semble-t-il).

Si l’on revient à GII, on voit que le GBC fait montre d’une ambivalence remarquable envers les gurus qu’il ‘accrédite’.

Tout en reconnaissant qu’estampiller quelqu’un d’acarya de la sampradaya soit une erreur (GII, p.15, point 6), le GBC fait cela même tous les ans à Mayapur, durant Gaura-Purnima. Nous avons maintenant près d’une centaine de gurus initiateurs, tous pareillement oints de la mention sanctifiante ‘pas d’objection’. Tous ces gurus sont vénérés par les disciples comme saksad hari (l’égal de Dieu) conformément aux directives du GBC (GII, p.15, point 8). Ces acaryas initiateurs sont proclamés représentants actuels d’une lignée disciplique de maha-bhagavatas remontant à des milliers d’années, jusqu’au Seigneur Suprême Lui-même:

“Les dévots doivent prendre refuge des représentants de Srila Prabhupada qui sont les ‘représentants actuels’ de la lignée disciplique.”
(GII, p.34)

Mais dans le même temps, l’aspirant disciple est prévenu sans frais que l’accréditation officielle d’ISKCON…“…ne doit pas automatiquement être prise comme un avis sur le niveau de réalisation spirituelle du guru ‘approuvé’.” (GII, p 9, section 2.2)

Plus loin, on nous prévient encore:

“Quand un dévot est autorisé à exécuter “l’ordre” de Srila Prabhupada d’accroître la lignée disciplique en initiant de nouveaux disciples, cela ne doit pas être pris comme une certification ou une attestation qu’il est un “uttama adhikari”, un “pur dévot” ou qu’il a atteint un niveau particulier de réalisation.”
(GII, p.15)

Ces gurus ne doivent pas être vénérés par tous dans le temple, mais seulement par leurs propres disciples et dans un lieu annexe. (GII, p.7) - définition d’acaryadeva de Pradyumna.

Nous avons montré que le seul type de diksa guru authentique est le maha-bhagavata accrédité (nous avons également démontré que “l’ordre” réel donné concernait des ritviks et des siksa gurus). Présenter quelqu’un comme un représentant actuel ou guru initiateur revient à dire qu’il est un acarya avec un grand ‘A’, ou selon la définition 3, un ‘uttama adhikari’ ou ‘pur dévot’.

Nous dirons qu’il est malheureux d’approuver ou de “ne pas s’opposer” à la création de diksa gurus et en même temps de rejeter tout blâme ou responsabilité s’il arrivait qu’ils dévient. C’est ce qu’on appelle dans le langage psychologique moderne “vivre dans le déni”. Nous sommes convaincus que Srila Prabhupada ne voulait pas qu’ISKCON devienne une sorte de loterie, ou de roulette russe, où les gens risquent leur vie spirituelle. Les membres du GBC feraient peut-être bien de s’abstenir d’estampiller davantage de gurus, jusqu’à ce qu’ils puissent se porter garants à cent pour cent de ceux qu’ils approuvent. Chacun d’entre nous accepte bien à cent pour cent que Srila Prabhupada est un maître spirituel authentique. Une telle reconnaissance unanime n’est donc pas impossible.

L’ambivalence du GBC envers les gurus fut récemment résumée de manière succincte par Jayadvaita Swami:

“Le mot “nommé” n’est jamais utilisé. Mais il y a des “candidats au poste de guru initiateur”; on procède à des votes et ceux qui parviennent au bout de toute une procédure deviennent des gurus “APPROUVÉS par ISKCON” ou “ACCRÉDITÉS par ISKCON”. Pour rassurer les gens: d’un côté, le GBC vous encourage à vous faire initier par un guru authentique accrédité par ISKCON et à le vénérer au même titre que Dieu; d’un autre, on dispose d’un système complexe de mesures à prendre de temps à autre lorsque votre guru accrédité par ISKCON déchoît. Qu’on nous pardonne de penser qu’au vu de toutes ces lois et résolutions, le statut de guru reste matière à perplexité, même pour le GBC.”
(‘Where The Ritviks People Are Right’, Jayadvaita Swami, 1996)

Au vu des scandales épouvantables des gurus d’ISKCON depuis le début, une telle méfiance n’a rien d’étonnant. Citons de nouveau Jayadvaita Swami:

FAIT: Les gurus d’ISKCON ont combattu, opprimé et chassé de nombreux frères et sœurs spirituels sincères.
FAIT: Les gurus d’ISKCON ont accaparé et mésusé de fonds et ressources d’ISKCON qu’ils ont détournés pour leur prestige personnel et leur plaisir sensuel.
FAIT: Les gurus d’ISKCON ont eu des rapports sexuels illicites avec à la fois des femmes et des hommes, et probablement des enfants.
FAIT: ..... (...etc, etc... )”
(‘Where The Ritvik People Are Right’, Jayadvaita Swami, 1996)

On dit aux nouveaux venus dans ISKCON qu’il leur appartient d’examiner attentivement les gurus d’ISKCON en se référant aux livres et instructions de Srila Prabhupada pour vérifier par eux-mêmes s’ils sont qualifiés pour initier. Mais si un disciple potentiel en vient à la conclusion qu’aucun des gurus ‘physiquement présents’ qui sont proposés n’est à la hauteur et qu’il préfère reposer sa foi en Srila Prabhupada comme son diksa guru, il est rejeté sans ménagement du Mouvement. Est-ce juste? Après tout, il ne fait que ce que le GBC lui dit de faire. Doit-il être puni pour n’être pas arrivé à la ‘bonne’ conclusion? D’autant qu’il est clairement prouvé que son choix coïncide précisément à ce que Srila Prabhupada a toujours voulu!

Est-il sensé d’attendre de quelqu’un une foi inébranlable en l’un des gurus actuels d’ISKCON, quand la personne voit que les membres du GBC eux-mêmes ont jugé bon de créer un code pénal rigoureux afin de les garder dans la droite ligne? Un code pénal n’étant lui-même aucunement mentionné dans les livres et instructions sur la base desquels on demande au disciple potentiel de forger sa décision. Difficile d’être plus incohérent.

Il serait plus sûr pour les personnes concernées de suivre la directive claire de Srila Prabhupada qui le désigne comme l’unique guru initiateur dans ISKCON. Qui objecterait à cela?

19. “D’après l’‘ISKCON Journal’ de 1990, certains des frères spirituels de Srila Prabhupada étaient certainement des acaryas.”

Qui a dit cela?

  • La même personne qui a dit que le mot ritvik n’existait pas dans le dictionnaire Vaisnava (ISKCON Journal 1990, p.23) alors que le terme est plusieurs fois cité dans le Srimad-Bhagavatam ainsi que dans la lettre du 9 juillet 1977 signée par Srila Prabhupada.
  • La même personne qui a insinué que Srila Prabhupada n’avait pas été spécifiquement autorisé à initier:

“Bhaktisiddhanta Sarasvati n’a pas dit ou rédigé de document selon lequel Swamiji (Srila Prabhupada) serait guru.”
(ISKCON Journal 1990, p.23)

  • La même personne qui a dit que Tirtha, Madhava et Sridhar Maharaja étaient des acaryas authentiques, alors que Srila Prabhupada a dit qu’aucun d’entre eux n’était qualifié:

“Mais il y a un système dans notre sampradaya. Aussi, Tirtha Maharaja, Madhav Maharaja, Sridhar Maharaja, notre Gurudeva, Swamiji – Swamiji Bhaktivedanta Swami – ils sont tous devenus des acaryas.”
(ISKCON Journal 1990, p.23)

Voilà qui contraste avec ce que Srila Prabhupada pensait de l’un de ces acaryas:

Bhakti Vilas Tirtha est très hostile à notre Mouvement; il ne comprend pas ce qu’est le service de dévotion. Il est contaminé.”
(SP Lettre à Sukadeva, 14/11/73)

Et ce qu’il dit des autres:

“Parmi mes frères spirituels, aucun d’entre eux n’est qualifié pour devenir acarya.”
(SP Lettre à Rupanuga, 28/04/74)

  • La même personne qui a récemment insinué que Srila Prabhupada n’avait pas tout donné et qu’il conviendrait d’approcher un guru rasika pour obtenir une connaissance supérieure.
20. “Srila Prabhupada a parfois dit du bien de ses frères spirituels.”

Il est vrai qu’occasionnellement Srila Prabhupada montra qu’il savait être diplomate avec ses frères spirituels, appelant Sridhar Maharaja son siksa guru, etc. Srila Prabhupada était bienveillant et avait une attention et une affection réelles pour ses frères spirituels, cherchant toujours à les engager dans le Mouvement de Sankirtani. Il faut cependant bien comprendre que s’ils avaient été d’authentiques acaryadevas, Srila Prabhupada n’aurait jamais parlé d’eux en termes négatifs, pas même une seule fois. Qualifier des diksa gurus authentiques de désobéissants, serpents envieux, chiens, porcs, guêpes, etc. aurait été en soi une grave offense et donc une chose que Srila Prabhupada n’aurait jamais faite. Pour illustrer la manière dont Srila Prabhupada voyait ses frères spirituels, voici quelques extraits d’un entretien où Bhavananda lit une brochure publiée par la matha de Tirtha Maharaja:

Bhavananda: On y voit d’abord en gros caractères: “Acaryadeva Tridandi Swami Srila Bhaktivilasa Tirtha Maharaja. Tout docte sage sait que durant les heures sombres de l’Inde où la religion hindoue était en grand danger…”
Srila Prabhupada: (rire)… Ça n’a aucun sens.

Il n’y a aucun doute sur l’opinion qu’a Srila Prabhupada de la sorte d’acaryadeva qu’est Tirtha Maharaja (ce même Tirtha qui est salué comme un acarya authentique dans l’ISKCON Journal de 1990). Plus loin, la brochure décrit comment Srila Bhaktisiddhanta était si fortuné d’avoir un être si merveilleux pour poursuivre la mission.

Bhavananda: “…En temps voulu, il (Srila Bhaktisiddhanta) reçut une grande âme qui prit sur ses épaules …”
Srila Prabhupada: Vous voyez. “Il reçut une grande âme”. Il est cette grande âme. Il le prouvera d’ailleurs. (plus tard)… Personne ne l’accepte… En quoi est-il si grand? Qui le connaît? Vous voyez. Il s’emploie à se proclamer grande âme… (Tirtha Maharaja) est très envieux de nous… Ces crapules pourraient causer bien des problèmes.
(SP Entretien, 19/01/76, Mayapur)

Des acaryas authentiques ne seraient jamais décrits comme des crapules envieuses capables de causer des problèmes. Malheureusement, c’est ce que des membres de la Gaudiya Matha font encore à l’heure actuelle. Un respect à distance respectable est la mesure la plus sûre.

21. “Nous savons que les acaryas authentiques n’ont pas besoin d’être si avancés puisqu’il leur arrive de déchoir.”

Srila Prabhupada dit exactement le contraire:

“Le maître spirituel authentique fait partie de toute éternité de la lignée des maîtres spirituels et il ne dévie jamais des instructions du Seigneur Suprême.”
(Bg. 4.42, Teneur et portée)

22. “Mais les acaryas précédents décrivent même ce qu’on doit faire quand son maître spirituel dévie.”

Par définition, les gurus déviants en question n’ont jamais pu être des membres de la lignée éternelle des maîtres spirituels. Il s’agissait plutôt de prêtres de famille non libérés qui se sont fait passer pour des acaryas initiateurs. Les membres authentiques de la lignée des maîtres spirituels ne dévient jamais:

“Dieu est et demeure Dieu. Le Guru est et demeure le Guru.”
(The Science of Self Realization, chap.2)

“S’il est mauvais, comment peut-il être un guru?”
(The Science of Self Realisation, chap.2)

“Le pur dévot du Seigneur est toujours libre de l’emprise de Maya et de son influence.”
(S.B. 5.3.14, Teneur et portée)

“Un dévot de premier ordre ne peut en aucun cas déchoir de sa position spirituelle.”
(C.C. Madhya, 22.71, Teneur et portée)

“ Le maître spirituel est toujours une âme libérée.”
(SP Lettre à Tamal Krsna, 21/6/70)

Il n’y a pas le moindre exemple dans les livres de Srila Prabhupada d’un diksa guru officiellement autorisé de notre lignée disciplique qui ait jamais dévié de la voie du service de dévotion. Le rejet de Sukracarya est parfois cité pour soutenir l’idée que des acaryas peuvent déchoir ou être rejetés, mais l’exemple n’est pas bon car Sukracarya n’est pas un membre accrédité de notre lignée disciplique. Le divertissement de Brahma et de sa fille est parfois cité, mais il est clairement dit dans le Srimad-Bhagavatam que cela se passa avant que Brahma devienne la figure première de notre sampradaya. D’ailleurs, lorsque le disciple Nitai dasa cita ce divertissement comme un exemple de la chute d’un acarya, Srila Prabhupada se montra fort mécontent.

Aksayananda: Un dévot m’a dit récemment qu’un acarya n’avait pas besoin d’être un pur dévot. […]
Srila Prabhupada: Quoi? […]
Aksayananda: Que l’acarya n’avait pas besoin d’être un pur dévot.
Srila Prabhupada: Qui est cette crapule?...Qui l’a dit? Qui est cette crapule? L’acarya n’a pas besoin d’être un pur dévot? [...] Il a fabriqué cette idée. Donc c’est une crapule. Donc c’est une crapule [...] Il pense quelque chose de crapuleux, et il l’exprime. Donc il est encore plus une crapule.
(Promenade matinale, 10 décembre 1975, Vrindavan)

Selon Srila Prabhupada, seuls des gurus non accrédités peuvent se laisser égarer par l’attrait de l’opulence et les femmes.

En dépit de l’absence totale dans les livres de Srila Prabhupada d’exemple de gurus authentiques qui auraient dévié, le livret GII du GBC consacre toute une section à ce qu’un disciple doit faire quand son guru auparavant authentique, dévie! Le chapitre débute en affirmant l’importance d’approcher un représentant actuel et de ne pas ‘sauter par-dessus’ (GII, p.27). Or, c’est exactement ce que font les auteurs en citant nombre d’acaryas précédents dans leur tentative d’établir des principes que Srila Prabhupada n’a jamais enseignés. Les gurus décrits par ces acaryas précédents n’ont jamais pu être des membres authentiques de la parampara:

“Narada Muni, Haridasa Thakura et d’autres acaryas de cet ordre, tous spécialement habilités à répandre les gloires du Seigneur, ne peuvent être ramenés à un niveau matériel.”
(S.B. 7.7.14, Teneur et portée)

Le danger de ‘passer par-dessus’, comme GII le fait, est probant dans le chapitre sur la ‘ré-initiation’ (un terme que ni Srila Prabhupada ni aucun acarya précédent n’a jamais employé). Dans la section ‘questions et réponses’ (GII, question nº 4, p.35), des circonstances dans lesquelles on peut rejeter un guru et se faire ‘ré-initier’ sont présentées. Suit cette ‘explication’:

“Heureusement, le nœud de l’affaire a été dénoué pour nous par Srila Bhaktivinode Thakura dans son Jaiva Dharma et par Srila Jiva Goswami dans son Bhakti Sandarbha.”
(GII, p.35)

Le terme ‘heureusement’ est plutot malheureux, car il implique que: ‘Srila Prabhupada a négligé de nous dire ce qu’il faut faire quand un guru dévie, nous n’avons plus qu’à passer par-dessus lui jusqu’à tous ces acaryas précédents’. Mais Srila Prabhupada nous a dit que tout ce qu’il nous faut savoir sur la vie spirituelle se trouve dans ses livres. Pourquoi introduire des choses que notre acarya n’a pas mentionné?

23. “Mais quel mal y a-t-il à consulter des acaryas précédents?”

Aucun, tant que nous ne cherchons pas à nous servir d’eux pour introduire des principes que notre propre acarya n’a pas mentionnés. L’idée qu’un guru authentique puisse dévier est complètement étrangère à tout ce que Srila Prabhupada a enseigné. Les polémiques sur la question de ‘l’origine du jiva’ résultent de cette tendance à vouloir ‘passer par-dessus’:

“Nous devons voir les acaryas précédents à travers Prabhupada. Nous ne pouvons pas passer par-dessus Prabhupada puis nous retourner et le voir à travers le regard d’acaryas précédents.”
(Our Original Position, p.163, GBC Press)

En quoi l’adoption de principes philosophiques complètement nouveaux, jamais mentionnés par Srila Prabhupada, revient-il à ‘voir les acaryas précédents à travers Prabhupada’?

Même si les interprétations faites par le GBC dans GII sur les écrits de ces acaryas précédents étaient valables, nous ne pourrions pas davantage les prendre pour les rajouter ou modifier les enseignements de Srila Prabhupada. C’est ce qu’expliquent clairement deux versets du Sri Krsna Bhajanamrta de Srila Narahari Sarakara. Par prudence, GII aurait dû citer aussi ces versets, en même temps que les autres versets du même ouvrage qu’il utilise pour soutenir sa thèse:

Verset 48:

“Le disciple peut entendre l’instruction d’un autre Vaisnava avancé, mais après avoir reçu cette instruction, il doit la soumettre à son propre maître spirituel. Après quoi, il doit entendre de son maître spirituel le même enseignement accompagné d’instructions appropriées.”

Verset 49:

“Le disciple qui écoute d’autres Vaisnavas mais qui, même si leurs instructions sont justes et convenables, ne vérifie pas cet enseignement auprès de son propre maître spirituel mais accepte directement ces instructions, doit être vu comme un mauvais disciple et un pécheur.”

Dans l’intérêt spirituel de tous les membres d’ISKCON, nous suggérons humblement que le livret GII soit révisé d’une manière conforme aux injonctions ci-dessus.

24. “Pourquoi Srila Prabhupada n’a-t-il pas expliqué en détail ce qu’il faut faire quand un guru dévie?”

D’après La Dernière Directive signée par Srila Prabhupada, il devait rester l’initiateur pour longtemps encore; comme tout représentant véritable de la lignée des maîtres spirituels la question d’une déviation de la voie de la dévotion pure, même pour un instant, ne se pose donc pas:

“Le maître spirituel authentique s’absorbe constamment dans le pur service de dévotion à Dieu la Personne Suprême.”
(C.C. Adi, 1.46, Teneur et portée)

Srila Prabhupada enseigne qu’un guru ne déchoira que s’il n’est pas dûment autorisé à initier:

“Mais il arrive parfois que de faux maîtres, s’étant eux-mêmes faits gurus, succombent à cause de l’accumulation de richesses et d’une multitude de disciples.”
(Le Nectar de la Dévotion, Chap.14)

La chute d’un guru est la preuve qu’il n’a pas été dûment autorisé par son propre acarya. Toutefois, même si aucun des gurus d’ISKCON n’avait chuté, on resterait en droit de leur demander d’où vient leur autorisation d’initier.

Le problème pour le GBC est qu’en acceptant la vérité crue de citations telles la précédente, diverses implications déplaisantes se profilent alors devant eux comme des menaces. Étant donné que les gurus d’ISKCON se disent tous pareillement autorisés, appartenant à un même lot (le prétendu ‘ordre’ de Srila Prabhupada valant pareillement pour tous), le fait que plusieurs d’entre eux aient notoirement chuté est la preuve que “l’ordre” n’a pas été compris. S’ils avaient été dûment autorisés, aucun d’entre eux n’aurait jamais chuté. En vérité, ils seraient tous des maha-bhagavatas.

“Le maître spirituel est toujours une âme libérée.”
(SP Lettre à Tamal Krsna, 21/06/70)

25. “Dès qu’un des disciples de Srila Prabhupada aura atteint la perfection, la procédure ritvik deviendra caduque.”

Parfois appelée ‘soft ritvik’, cette assertion repose sur le préalable que la procédure ritvik fut mise en place uniquement parce qu’aucun disciple n’était qualifié lorsque Srila Prabhupada quitta la planète.

Ce préalable est une spéculation car Srila Prabhupada n’a jamais rien dit de tel. Rien ne prouve que la procédure ritvik fut uniquement mise en place à cause d’un manque de personnes qualifiées, et que lorsque quelqu’un le deviendrait, il faudrait la suspendre. Cette idée a le préjudice d’impliquer que la procédure ritvik n’est qu’un second choix ou palliatif, alors qu’en fait, c’est un plan parfait de Krsna. Cela ouvre également la possibilité à un futur individu charismatique et sans scrupule de suspendre la procédure ritvik après quelques démonstrations de fausse dévotion.

En théorie, même s’il y avait actuellement des disciples qualifiés, des uttama-adhikaris, ils devraient continuer à honorer la procédure ritvik s’ils entendent rester dans ISKCON. Comme vu précédemment, il n’y a pas de raison qu’une personne parfaitement qualifiée ne soit pas pleinement heureuse de suivre la directive de Srila Prabhupada.

Une cause possible de la méprise peut encore venir d’une référence aux instructions que Srila Bhaktisiddhanta donna à la Gaudiya Matha. Srila Prabhupada nous a dit que son Guru Maharaja avait demandé la création d’un GBC et qu’en temps voulu un acarya rayonnant se manifesterait. Comme nous le savons, la Gaudiya Matha ne suivit pas ce plan, d’où les résultats désastreux que l’on connaît. Certains dévots croient que nous devons toujours rechercher un acarya rayonnant, et pouvant apparaître à tout moment, la procédure ritvik n’étant qu’une mesure transitoire.

Le problème dans cette théorie est que les instructions que Srila Bhaktisiddhanta donna à ses disciples et celles que Srila Prabhupada nous a données sur le sujet ne sont pas les mêmes. Srila Prabhupada a bien donné des directives pour que le GBC continue à administrer son Mouvement, mais il n’a jamais rien dit d’une émergence d’un futur acarya rayonnant pour ISKCON. Au lieu de cela, il établit une procédure ritvik par laquelle il demeure ‘dorénavant’ l’acarya. Bien évidemment, en tant que disciples, nous ne saurions sauter par-dessus Srila Prabhupada pour suivre Srila Bhaktisiddhanta.

Si Srila Prabhupada avait reçu de Krsna un message selon lequel un nouvel acarya allait incessamment prendre la direction de son Mouvement, il en aurait fait état dans ses dernières instructions. Au lieu de cela, il déclara que seuls ses livres devront être distribués et qu’ils feront loi pour les dix mille ans à venir. Que resterait-il à faire à un nouvel acarya? Srila Prabhupada a déjà établi le Mouvement qui accomplira toutes les prophéties et desseins de notre lignée disciplique pour toute la durée du Mouvement de Sankirtani.

Comment un nouveau diksa guru rayonnant pourrait-il exister dans ISKCON, quand la seule personne autorisée à donner diksa est Srila Prabhupada?

Certains ont avancé que les acaryas ont le pouvoir de changer les choses et qu’un nouvel acarya pourrait donc reconsidérer la procédure ritvik dans ISKCON. Mais est-ce qu’un acarya accrédité contredirait les ordres directs que l’acarya précédent a laissé à ses disciples? Agir ainsi saperait l’autorité de l’acarya précédent. Cela sèmerait la confusion et le trouble chez des disciples placés devant le dilemme insoutenable de choisir quel ordre suivre.

Tous ces soucis disparaissent lorsqu’on lit La Dernière Directive. On n’y trouve tout simplement aucune mention d’une disposition ‘soft’ ritvik. La lettre dit seulement ‘dorénavant’. Ainsi, dire que la procédure ritvik se terminera avec la venue d’un nouvel acarya, ou disciple accompli, revient donc à superposer une spéculation à une requête parfaitement claire. La lettre ne soutient qu’une compréhension ‘hard’ ritvik, à savoir:

‘Srila Prabhupada sera l’initiateur au sein d’ISKCON aussi longtemps que l’institution existera’

Cette compréhension concorde avec le fait que Srila Prabhupada a déjà établi à lui seul les conditions du succès de sa mission. (voir l’objection nº 8 page 59)

On avance parfois qu’étant donné que la lettre du 9 juillet n’autorise que les 11 ritviks originellement désignés, la procédure devra s’arrêter une fois que ces onze personnes désignées seront mortes ou auront dévié.

C’est un argument plutôt extrême. La lettre du 9 juillet ne dit pas que seul Srila Prabhupada peut choisir des ritviks, ni que la liste des ritviks en place ne pourra jamais être allongée. Dans d’autres systèmes d’administration mis en place par Srila Prabhupada, comme le GBC, on ajoute ou on enlève sans problème des membres lorsque cela est jugé nécessaire. Il est illogique de prendre séparément un système d’administration et le traiter différemment d’autres systèmes d’administration d’égale importance. D’autant que Srila Prabhupada n’a jamais laissé entendre que la procédure ritvik devait être traitée différemment des autres systèmes qu’il mît personnellement en place.

Cet argument étant assez répandu, nous invitons le lecteur à considérer les points suivants:

1) La transcription des entretiens de Topanga Canyon relate qu’alors qu’il se préparait à taper la liste des ritviks désignés, Tamal Krsna Goswami posa la question suivante à Srila Prabhupada:

Tamal Krsna: Srila Prabhupada, est-ce tout ou voulez-vous en ajouter d’autres?
Srila Prabhupada: Si nécessaire, d’autres pourront être ajoutés.
(Confessions de la Pyramid House, Topanga Canyon 3/12/80)

Il est évident que si certains ou même tous les ritviks mouraient ou déviaient notoirement, il serait alors jugé ‘nécessaire’ de les remplacer et d’en ‘ajouter’ d’autres.

2) La lettre du 9 juillet définit le ritvik comme un ‘représentant de l’acarya’. Il est parfaitement de la compétence du GBC d’appeler ou de relever quelqu’un comme représentant de Srila Prabhupada, qu’il s’agisse de sannyasis, de présidents de temple ou mêmes de membres du GBC. À l’heure actuelle, ils approuvent des diksa gurus qui sont censés être des représentants directs du Seigneur Suprême. Il est donc facilement à leur portée de désigner quelques prêtres pour donner des noms et agir de manière responsable pour le compte de Srila Prabhupada.

3) La lettre du 9 juillet montre l’intention de Srila Prabhupada de mettre en place ‘dorénavant’ une procédure ritvik. Srila Prabhupada fit du GBC l’autorité administrative ultime afin de péréniser et régler tous les systèmes qu’il mit en place. La procédure ritvik était le système qu’il avait donné pour gérer les initiations. C’est un devoir des membres du GBC de pérenniser cette procédure, en ajoutant ou soustrayant des personnes comme ils sont amenés à le faire dans tous les autres domaines qu’ils sont autorisés à superviser.

4) Dans les lettres des 9, 11 et 21 juillet, les termes ‘jusqu’ici’, ‘jusqu’à présent’, ‘liste initiale’ indiquent que la liste pouvait être allongée. Donc un dispositif pour ajouter d’autres ritviks aurait dû être mis en place, et reste à mettre en place car cela n’a pas été fait.

5) Pour bien comprendre une instruction, on doit en considérer le but. La lettre dit que Srila Prabhupada a désigné ‘certains de Ses disciples aînés à la fonction de “rittik” – représentant de l’acarya, dans le but d’accomplir les procédures d’initiation…”, et qu’à l’époque, Srila Prabhupada avait “jusqu’ici” donné onze noms. Le disciple soumis s’attachera à comprendre et satisfaire le but de l’instruction. Le but de La Dernière Directive n’était sûrement pas de lier les initiations futures à un cercle d’‘élites’ (‘certains’ [...] ‘jusqu’ici’) qui mourront un jour et ce faisant sonneront ainsi le glas du processus d’initiation au sein d’ISKCON. Le but était au contraire d’assurer que les initiations se poursuivent de façon pratique à partir de ce moment là. Par conséquent, cette procédure doit donc rester en vigueur tant qu’il y aura le besoin d’initier. L’ajout d’autres ‘disciples aînés’ qui, lorsque cela s’avèrera nécessaire, exerceront la fonction de ‘représentant de l’acarya’, permettra de satisfaire le but de la procédure.

6) En mettant en parrallèle le testament de Srila Prabhupada (où il est indiqué que tous les futurs administrateurs des propriétés permanentes en Inde ne pourront être choisis que parmi ses disciples initiés), il est très clair que Srila Prabhupada voulait que cette procédure fonctionne indéfiniment, avec le GBC pour simplement gérer le tout. Ceci dit, il est toujours possible que Srila Prabhupada aurait pu révoquer l’ordre, s’il l’avait voulu. Comme nous l’avons déjà dit, le contre-ordre aurait dû être au moins aussi clair et net que la lettre instaurant la procédure ritvik en premier lieu signée de sa main. Avec Krsna et Ses purs dévots, tout est possible:

Newsday Reporter: Vous êtes actuellement le dirigeant et le Maître Spirituel. Qui prendra votre place?
Srila Prabhupada: Qui prendra ma place, cela Krsna le dictera.
(SP Interview, 14/07/76, New York)

Toujours est-il qu’il nous semble plus sûr de suivre les directives que nous avons effectivement reçues de notre acarya, plutôt que spéculer sur d’autres qui pourraient ou non venir un jour, ou pire encore: en inventer.

26. “Les apologistes ritviks ne veulent simplement pas se soumettre à un Guru.”

Cette accusation vient de la conception erronée selon laquelle pour s’abandonner à un Maître Spirituel, il faut qu’il soit physiquement présent. Si c’était le cas, aucun des disciples aînés de Srila Prabhupada ne pourrait alors s’abandonner à lui à l’heure actuelle. S’abandonner au Maître Spirituel signifie suivre ses instructions, ce qui est faisable, qu’il soit physiquement présent ou non. Le but d’ISKCON vise à prodiguer direction et encouragements à tout nouveau-venu par le biais d’innombrables relations siksa. Lorsque le GBC lui-même se soumettra à l’ordre de Srila Prabhupada, cette formule inspirera naturellement chacun à plus d’abandon, peut-être même de la part d’activistes ritvik purs et durs.

Même si tous les apologistes ritvik refusaient obstinément de s’abandonner à un Guru, cela n’invaliderait pas pour autant la directive du 9 juillet. Le fait que les “ritviks” soient prétendument si insoumis devrait inciter le GBC à suivre plus diligemment encore La Dernière Directive de Srila Prabhupada, ne serait-ce que pour établir un contraste.

27. “Mais qui guidera et donnera un service aux dévots s’il n’y a pas de diksa gurus?”

Il y aura un diksa guru – Srila Prabhupada. La direction et le service seront donnés exactement de la même manière que lorsqu’il était présent – par la lecture de ses livres et des relations siksa avec d’autres dévots. Avant 1977, lorsque quelqu’un devenait membre d’un temple, il était instruit par l’Instructeur des Bhaktas, le Responsable de Sankirtani, le Président du Temple, le Cuisinier, un Pujari, des sannyasis itinérants, etc. Il était extrêmement rare d’être guidé directement par Srila Prabhupada; en fait, il n’encourageait pas de telles interactions et ce, afin de se concentrer sur l’écriture de ses livres. Nous suggérons que les choses continuent simplement comme Srila Prabhupada les a établies.

28. “Par trois fois, Srila Prabhupada dit qu’il faut avoir un guru sur le plan physique; or, votre position repose sur l’idée qu’il n’en est rien.”

“Ainsi, dès que l’on manifeste quelque intérêt pour Krsna, Krsna qui est situé dans notre cœur nous guide favorablement pour que nous puissions progresser, graduellement. Krsna est le maître spirituel originel et quand notre intérêt augmente, il faut alors nous tourner vers un maître spirituel physiquement manifesté.”
(SP Classe, 14/08/66, New York)

“En tant que caitya-guru, Krsna est le maître spirituel situé dans le cœur de chacun. Pour nous aider, il se manifeste sur le plan physique en la personne du maître spirituel.”
(SP Classe, 28/05/74, Rome)

“Ainsi appelle-t-on Dieu caitya-guru, le maître spirituel situé dans le cœur. Le maître spirituel physiquement manifesté représente la miséricorde de Dieu […] Il vous aidera de l’intérieur et de l’extérieur; de l’extérieur sous la forme physiquement manifestée du maître spirituel, et de l’intérieur en tant que maître spirituel situé dans le cœur.”
(SP Entretien, 23/05/74, Rome)

Srila Prabhupada parle du guru physiquement manifesté pour expliquer qu’à l’état conditionné nous ne sommes pas en mesure de nous en remettre directement au caitya-guru, à l’Ame Suprême. Il nous faut impérativement nous abandonner à la manifestation externe de l’Ame Suprême, au diksa guru. Un tel maître spirituel, qui est vu comme appartenant au monde spirituel et un proche du Seigneur Krsna, se manifeste sur le plan physique à seule fin de guider les âmes déchues. Souvent, ce Maître Spirituel écrira des livres physiques; il donnera des conférences qu’une oreille physique pourra écouter et qui seront enregistrées à l’aide de magnétophones physiques; il laissera des murtis physiques de lui-même et même un GBC physique pour continuer à gérer après son départ physique.

Mais ce que Srila Prabhupada n’a jamais enseigné est que ce guru physique ou physiquement manifesté doit être physiquement présent pour agir en tant que guru. Comme nous l’avons souligné, si c’était le cas, personne ne pourrait actuellement être considéré son disciple. Si le guru devait toujours être physiquement présent pour que la connaissance transcendantale soit transmise, tous ses disciples auraient alors dû recevoir une ‘ré-initiation’ dès que Srila Prabhupada quitta la planète. De plus, des milliers de disciples de Srila Prabhupada furent initiés sans qu’ils aient eu le moindre contact avec le corps physique de Srila Prabhupada. Il est cependant admis qu’ils ont approché, se sont enquis, se sont abandonnés, ont servi et ont reçu l’initiation du maître spirituel physique ou physiquement manifesté. Personne ne viendrait dire que leur initiation est nulle et non avenue en vertu des trois citations ci-dessus.

29. “Le diksa guru ne peut-il être une âme conditionnée?”

Comme nous l’avons déjà mentionné, la qualification du diksa guru n’est mentionnée de manière spécifique qu’en un seul endroit des enseignements de Srila Prabhupada: dans la section du Caitanya-Caritamrta qui traite spécifiquement de diksa (C.C. Madhya, 24.330, Teneur et portée). Il y est clairement établi que le diksa guru doit être un mahabhagavata. On notera que les termes choisis par Srila Prabhupada sont: “doit”, “doit” et “seul”. On ne peut pas être plus catégorique. Il n’existe aucune citation selon laquelle le diksa guru peut être une âme conditionnée. Cela n’a rien de surprenant, car sinon Srila Prabhupada prêcherait guru-tattva de manière contradictoire. Certaines citations peuvent donner l’impression qu’elles soutiennent l’idée du guru non-libéré, mais elles s’inscrivent communément dans deux catégories:

1) Citations qui font références aux qualifications d’un siksa guru: Ces citations soulignent combien il est facile d’agir en tant que guru, même pour un enfant, et elles sont souvent accompagnées du verset amara ajnaya du Seigneur Caitanya.

2) Citations qui décrivent le processus à suivre pour devenir guru: Le mot ‘devenir’ est souvent présent dans ces citations. En effet, en ‘suivant strictement’ le processus indiqué, on progressera jusqu’à se qualifier pour la responsabilité de guru. De cette manière, on ‘deviendra’ guru. Ces citations ne diront jamais que la qualification d’un tel guru peut être moindre que celle d’un maha-bhagavata. En général, elles ne font que décrire le processus.

Nous avons gardé cette réponse courte car ce sujet en lui-même pourrait faire l’objet d’un autre livre; du reste, cela ne concerne pas directement la question qui nous occupe, à savoir ce que Srila Prabhupada a ordonné de faire. Le fait que le diksa guru doive être un maha-bhagavata n’est pas une preuve en soi que l’on doive suivre une procédure ritvik ou que Srila Prabhupada a établi une telle procédure. À l’inverse, même si la qualification d’un diksa guru devait être minime, cela ne veut pas dire que Srila Prabhupada n’a pas ordonné de suivre une procédure ritvik. Nous devons simplement examiner ce que Srila Prabhupada a fait et continuer à le faire; et non ce que Srila Prabhupada aurait pu ou dû faire. Ce document traite exclusivement des dernières instructions que Srila Prabhupada a effectivement données.

30. “Srila Prabhupada a mis le GBC à la tête du Mouvement pour administrer toute chose, et c’est de cette manière que le GBC a choisi de régler les initiations.”
  • Srila Prabhupada n’a jamais autorisé le GBC à modifier un quelconque système d’administration qu’il mit personnellement en place:

“Résolution: Le GBC (Governing Body Commission) a été établi par Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada pour Le représenter en assumant la responsabilité de l’administration de l’International Society for Krishna Consciousness dont Il est l’acarya-Fondateur et l’autorité suprême. Le GBC accepte Ses divines instructions comme sa vie et son âme et reconnaît qu’il dépend pleinement et en tout point de Sa miséricorde. Le GBC n’a pas d’autre fonction ou objet que suivre les instructions données avec tant de bienveillance par Sa Divine Grâce, préserver et diffuser Ses Enseignements à travers le monde dans toute leur pureté.”
(Définition du GBC, Résolution nº1, Minutes du GBC, 1975)

“Le système d’administration continuera tel qu’il est actuellement et il n’y a aucun besoin de changer quoi que ce soit.”
(Testament de Srila Prabhupada, 4 juin 1977)

  • La procédure ritvik est la manière choisie par Srila Prabhupada pour administrer l’initiation dans ISKCON. La tâche des membres du GBC est de veiller à son bon fonctionnement et non de la suspendre pour introduire leur propre système et développer leur propre philosophie:

“Je vous ai déjà donné les règles à suivre, efforcez-vous maintenant de les maintenir en tout temps et circonstances, en suivant la procédure standard. N’essayez pas d’innover, de créer ou d’inventer quoi que ce soit, cela ruinerait tout.”
(SP Lettre à Bali Mardan et Pusta Krsna, 18/09/72)

“Maintenant que j’ai confié au GBC la charge de maintenir les normes et règles au sein de notre Mouvement pour la Conscience de Krsna, que ce GBC reste très vigilant. Je vous ai déjà donné toutes les instructions dans mes livres.”
(SP Lettre à Satsvarupa, 13/09/70)

“J’ai désigné à l’origine 12 membres du GBC et leur ai donné 12 zones à administrer et gérer, mais d’un commun accord, vous avez tout changé, quelle est donc cette façon d’agir?”
(SP Lettre à Rupanuga, 4/04/72)

“Qu’adviendra-t-il quand je ne serai plus là? Tout sera-t-il gâché par le GBC?”
(SP Lettre à Hansadutta, 11/04/72)

Le GBC devrait seulement agir dans le cadre des paramètres établis par Srila Prabhupada. Il est douloureux de voir que le corps administratif représentant Srila Prabhupada a dévié de plusieurs manières, car son désir était que tous coopèrent sous sa direction.

Coopérons donc sous la direction de Srila Prabhupada et sa dernière directive.

 

 
Conclusion

 

Nous espérons que le lecteur a maintenant une compréhension et une appréciation plus profondes de cette dernière directive essentielle de Srila Prabhupada au sujet des futures initiations dans ISKCON. Nous présentons nos excuses si en quelque endroit de cette présentation nous avons offensé quelqu’un ; ce n’était pas notre intention, s’il vous plait, pardonnez nos imperfections.

Au début de ce document, nous avons souligné que si des erreurs ont été commises, elles n’étaient pas délibérées et qu’il n’y avait donc pas lieu d’ouvrir une chasse aux sorcières ou perdre son énergie à blâmer autrui. Il est vrai que le départ de l’acarya provoque inéluctablement une certaine confusion. Quand on considère que ce Mouvement existera pendant encore au moins 9.500 ans, dix huit ans de confusion est peu de chose en vérité. Le temps est maintenant venu de digérer ce qui s’est mal passé, d’apprendre de nos erreurs, laisser le passé derrière nous et oeuvrer ensemble pour construire un meilleur ISKCON.

Il conviendra peut-être d’introduire la procédure ritvik en douceur, peut-être par étapes. Elle pourrait peut-être même fonctionner conjointement avec le S.A.S.M. durant une courte période spécifiée par avance, de manière à éviter des tensions ou perturbations inutiles. Ces points devront être considérés et discutés avec soin. Tant que la démarche sera de rétablir La Dernière Directive de Srila Prabhupada, la transition devrait pouvoir se faire avec tact et sans froisser personne. Il faut ménager les dévots et leur accorder un temps d’adaptation. Si un programme de présentation des enseignements et instructions de Srila Prabhupada sur le guru et l’initiation était mis en oeuvre méthodiquement, nous sommes certains que la situation pourrait se rétablir rapidement, avec un minimum de maux.

Dès lors qu’il sera établi que la procédure ritvik est la voie à suivre, il y aura besoin d’une période de détente pour permettre à une certaine inimitié accumulée de part et d’autre de se dissiper. Des retraites pourraient être organisées où les parties pourront renouer d’amitié. Malheureusement, il y a à l’heure actuelle une certaine immaturité, tant dans les rangs des défenseurs de la procédure ritvik qu’ailleurs. Pour notre part, nous ne sommes pas certains que si nous avions fait partie des disciples aînés de Srila Prabhupada au temps de son départ, nous aurions nécessairement agi autrement ou mieux. Il est bien possible que nous eussions fait pire.

L’expérience nous a montré que de nombreux dévots d’ISKCON, même parmi les plus aînés, n’ont jamais vraiment pu examiner de près et en détail la question ritvik. Malheureusement, une partie non négligeable de la littérature ritvik revêt une forme qui, étant remplie d’accusations personnelles mais pauvre en philosophie, suffirait à elle seule à repousser n’importe qui. Il nous semble que la meilleure solution serait que les membres du GBC résolvent eux-mêmes le problème. Avec une information correcte devant eux, nous sommes confiants qu’avec le temps tout s’ajustera comme il se doit. Ce qui serait sans doute préférable à se retrouver constamment poussés au changement par certains dévots mécontents et aigris dont quelques-uns d’entre eux pourraient bien avoir des intentions qui ne s’inscrivent pas exactement dans la ligne de La Dernière Directive de Srila Prabhupada.

Évidemment, étant nous-mêmes sujets aux quatre imperfections, tout commentaire ou critique est bienvenu. Nous avons rédigé cet ouvrage surtout dans l’espoir que les discussions qu’il inspirera aideront à résoudre une des plus longues et difficiles controverses auxquelles ISKCON s’est vu confronté depuis le départ de Sa Divine Grâce. Pardonnez nos offenses, s’il vous plait. Toutes gloires à Srila Prabhupada.

Seul Srila Prabhupada peut nous unir.

 

Qu’est-Ce Qu’un Ritvik?

 

Les ritviks sont souvent définis de manière erronée comme:

1) Des prêtres sans importance, de simples fonctionnaires qui distribuent des noms spirituels comme des automates.

2) Des apprentis diksa gurus qui exercent la fonction de ritvik en attendant d’être pleinement qualifiés pour initier en leurs propres noms.

Comparons maintenant ces définitions avec le rôle que Srila Prabhupada donna aux ritviks.

Voyons d’abord la définition 1). La fonction de ritvik est une responsabilité importante. Cela est évident car Srila Prabhupada choisit expressément 11 dévots qui avaient déjà assumé d’importantes responsabilités au sein de sa mission. Il ne les a pas simplement fait sortir d’un chapeau. Ainsi, bien que la plupart du temps leur fonction soit objectivement de routine, ils seraient aussi les premiers à épingler d’éventuels écarts avec les conditions strictes requises pour l’initiation. Un peu comme le gendarme, dont le travail est assez routinier car la plupart des gens respectent la loi, cependant il est souvent le premier informé des délits commis. Srila Prabhupada exprimait souvent son souci de ne voir l’initiation accordée que si le candidat s’était montré capable pendant au moins six mois de réciter 16 chapelets par jour, de suivre les quatre principes régulateurs, de lire ses livres, etc. Si un président de temple devait envoyer des recommandations de candidats qui ne rempliraient pas une de ces conditions essentielles, le ritvik pourrait refuser l’initiation. Le ritvik assurerait ainsi que les standards en vigueur dans ISKCON demeurent les mêmes que lorsque Srila Prabhupada a quitté la planète.

Le ritvik devant lui-même suivre strictement ces principes, il serait dès lors un siksa guru qualifié. Que le ritvik ait ou non une relation d’instructeur (siksa) avec les initiés est une autre chose. C’est selon. Pour le dévot qui assume ces fonctions, le rôle de ritvik demeure distinct et indépendant de celui de siksa guru, mais les deux peuvent aussi être simultanés. Quand Srila Prabhupada était présent, les nouveaux initiés ne rencontraient pas nécessairement le ritvik en fonction dans leur zone. Très souvent, la cérémonie d’initiation était accomplie par le président du temple, les noms des initiés arrivant par un courrier envoyé par le ritvik mandaté. En même temps nous ne voyons pas ce qui empêche un ritvik de rencontrer les nouveaux initiés et d’accomplir la cérémonie, si cela convient également aux autorités locales du temple.

Voyons maintenant la définition 2). Comme nous l’avons plusieurs fois mentionné, seul un maha-bhagavata dûment accrédité peut accepter des disciples. Avant de quitter la planète, Srila Prabhupada mit en place une procédure qui rend dans ISKCON toute initiation illégale si non accomplie par lui-même. Ainsi il n’y a pas d’autorisation pour quiconque et de tous temps dans ISKCON d’initier en son propre nom hormis Srila Prabhupada. Par conséquent, si un ritvik, ou qui que ce soit d’autre, atteint le stade de maha-bhagavata, il doit continuer à suivre la procédure ritvik s’il souhaite rester dans ISKCON. Un ordre nous a été donné le 9 juillet 1977 et cet ordre ne prévoit pas que les ritviks deviennent jamais des diksa gurus.

Quel est leur rôle et comment sont-ils choisis?

a) Le ritvik accepte le disciple, lui donne un nom spirituel, chante sur le chapelet et pour la seconde initiation donne le mantra gayatri – tout ceci au nom de Srila Prabhupada (voir la lettre du 9 juillet en annexe p.111). Telle était la méthode choisie par Srila Prabhupada par laquelle des dévots responsables supervisaient les procédures d’initiation et les standards dans ISKCON. Le ritvik examine les recommandations envoyées par les présidents de temple afin de s’assurer que les aspirants disciples ont atteint le standard requis dans le service de dévotion.

b) Le ritvik est un prêtre; il doit donc être un brahmana qualifié. Lorsqu’il désigna les ritviks, Srila Prabhupada mentionna tout d’abord des “sannyasis aînés” puis aussi des disciples qui n’étaient pas des sannyasis (voir l’entretien du 7 juillet en annexe). Les ritviks désignés étaient des disciples aînés responsables qui devaient veiller à ce que les procédures d’initiation soient bien suivies dans le monde entier.

c) Les futurs ritviks pourront être nommés par le GBC. Ils seront nommés, corrigés ou démis de leur fonction pratiquement de la même manière que les ‘diksa gurus’ le sont actuellement par le GBC dans ISKCON. Ceci entre dans le cadre des pouvoirs accordés au GBC par Srila Prabhupada, le GBC ayant autorité pour nommer et examiner des membres aînés comme les sannyasis, les administrateurs, les secrétaires régionaux, etc. Le fait que davantage de ritviks puissent être nommés par le GBC fut admis par Tamal Krsna Goswami lors des entretiens de Topanga Canyon en 1980. (voir en annexe)

Donc, en résumé la procédure fonctionnerait exactement de la même manière que lorsque Srila Prabhupada était encore sur la planète. L’état d’esprit, l’attitude, la nature des relations entre les parties concernées, etc. seront exactement ce qu’elles étaient au cours de la courte période de quatre mois, en 1977. Comme Srila Prabhupada le déclare très solennellement au second paragraphe de son testament:

“Le système d’administration continuera tel qu’il est actuellement et il n’y a aucun besoin de changer quoi que ce soit.”

 

 

diksa

 

 

 

 

flow

 

 

Le Guru Doit-Il Être Présent Physiquement?

 

“La présence physique est immatérielle. La présence de la vibration sonore transcendantale émanant du Maître Spirituel doit guider notre existence. C’est ainsi que nous aurons du succès dans notre vie spirituelle. Si vous ressentez trop fortement mon absence, vous pouvez placer ma photo sur mon asana ce sera là une source d’inspiration pour vous.”

(SP Lettre à Brahmananda et autres étudiants, 19/01/67)

“Mais rappelle-toi que je suis toujours avec toi. De même que tu penses toujours à moi, je pense également toujours à toi. Bien que physiquement nous ne soyons pas ensemble, spirituellement rien ne nous sépare. Nous devons donc nous soucier uniquement de ce lien spirituel.”

(SP Lettre à Gaurasundara, 13/11/69)

“Nous devons être en relation par la vibration et non par la présence physique. Tel est le véritable lien.”

(SP Classe, 18/08/68, Montréal)

“Il y a deux conceptions de la présence – le contact physique et le contact par la vibration. Le contact physique est temporaire alors que le contact par la vibration est éternel. […] Lorsqu’on ressent la séparation de Krsna ou du Maître Spirituel, nous devons essayer de nous rappeler leurs paroles, leurs instructions; alors, ce sentiment s’apaisera. Cette relation avec Krsna et le Maître Spirituel doit exister par la vibration et non par la présence physique. Tel est le véritable lien.”

(Elevation to Krsna Consciousness, chap. 4)

“Même si d’un point de vue matériel Sa Divine Grâce Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura Prabhupada a quitté ce monde le dernier jour de décembre 1936, je considère Sa Divine Grâce toujours présente auprès de moi par sa vani, Ses paroles. […] La relation peut exister sous deux formes – vani et vapu; vani signifie ‘paroles’ et vapu ‘présence physique’. La présence physique peut parfois être appréciable et parfois non, mais vani, elle, continue d’exister éternellement. Il faut donc tirer profit de la vani et non de la présence physique.”

(C.c. Antya, Conclusion)

“Il faut donc tirer profit de la vani et non de la présence physique.”

(SP Lettre à Suci Devi dasi, 4/11/75)

“Je demeurerai personnellement votre guide, que je sois physiquement présent ou non, de la même manière que je suis guidé personnellement par mon Guru Maharaja.”

(SP Entretien, 14/07/77, Vrindavan)

“On croit parfois qu’en fréquentant les personnes qui s’engagent dans le service de dévotion, on ne sera pas en mesure de régler les problèmes économiques de l’existence. Pour éclairer cette question, il est répondu ici qu’il ne s’agit pas d’établir un contact direct, physique, avec les âmes libérées, mais de comprendre par la philosophie et la logique les problèmes de l’existence.”

(S.B. 3.31.48, Teneur et portée)

“Je suis toujours avec vous. Qu’importe si je suis physiquement absent.”

(SP Lettre à Jayananda, 16/09/67)

Paramananda: Nous ressentons toujours très fort votre présence parmi nous, Srila Prabhupada, simplement par vos enseignements et vos instructions. Nous méditons toujours sur vos instructions.”
Srila Prabhupada: Merci. C’est la véritable présence. La présence physique n’est pas importante.
(SP Entretien, 6/10/77, Vrndavana)

“Dans ta lettre tu exprimes le désir d’être de nouveau auprès de moi, mais pourquoi oublies-tu que tu es toujours en contact avec moi ? Comme tu m’assistes dans ma mission de prédication, je pense toujours à toi, et toi à moi. C’est le véritable lien. Tout comme je pense toujours à mon Guru Maharaja à chaque instant, même s’Il n’est pas présent physiquement, et parce que je fais de mon mieux pour Le servir, je suis convaincu qu’Il m’aide par Ses bénédictions spirituelles. Il y a donc deux formes de contact : physique et par le précepte. Le contact physique n’a pas autant d’importance que le contact par précepte.”

(SP Lettre à Govinda dasi, 18/08/69)

“Quant à ma bénédiction, elle ne nécessite pas ma présence physique. Si tu chantes Hare Krsna, suis mes instructions, lis les livres, ne manges que du prasadam de Krsna etc., il est hors de question que tu ne reçoives pas les bénédictions du Seigneur Caitanya, dont je m’efforce humblement de promouvoir la mission.”

(SP Lettre à Bala Krsna, 30/06/74)

“Quiconque a développé une foi inébranlable en Dieu et le Maître Spirituel voit le message des Écritures se révéler à lui” Persévère donc dans cette attitude et ton progrès spirituel sera couronné de succès. Je suis certain que même si je ne suis pas physiquement présent devant de toi, si tu suis ces principes, tu seras parfaitement en mesure de t’acquitter de tous tes devoirs spirituels dans la Conscience de Krsna.”

(SP Lettre à Subala, 29/09/67)

“Ainsi, même si le corps n’est pas présent physiquement, la vibration doit être acceptée comme la présence du Maître Spirituel, la vibration. Ce que nous avons entendu du Maître Spirituel, cela est vivant.”

(SP Classe, 13/01/69, Los Angeles)

Dévot: “…le Maître Spirituel est parfois très loin, à Los Angeles par exemple. Quelqu’un qui vient au temple de Hambourg pourrait s’interroger: “Comment satisfaire le Maître Spirituel?”
Srila Prabhupada: “Suivez ses instructions ; le Maître Spirituel vous accompagne par ses paroles. Par exemple, mon Maître Spirituel n’est pas présent physiquement, mais je suis en contact avec Lui par Ses paroles.”
(SP Classe, 18/08/71, Londres)

“Par exemple quand j’agis, mon Guru Maharaja est là, Bhaktisiddhanta Sarasvati. Il n’est peut-être pas là physiquement, mais dans chacun de mes actes, Il est là.”

(SP Entretien, 27/05/77, Vrindavan)

“On appelle cela prakata, la présence physique ; l’autre état est appelé aprakata, l’absence physique. Mais cela ne veut pas dire que Krsna est mort, que Dieu est mort; prakata ou aprakata, physiquement présent ou non, cela n’a pas d’importance.”

(SP Classe, 11/12/73, Los Angeles)

“Spirituellement, il n’est pas question de séparation, même si physiquement nous nous trouvons éloignés.”

(SP Lettre à Syama dasi, 30/08/68)

“Je suis venu dans votre pays pour y propager la Conscience de Krsna et vous m’aidez dans ma mission. Bien que je ne sois pas physiquement présent auprès de vous, spirituellement je suis toujours avec vous.”

(SP Lettre à Nandarani, Krsna Devi et Subala, 3/10/67)

“Nous ne sommes pas séparés, en réalité. Il y a deux aspects – vani et vapu; vapu est la présence physique et vani la présence par la vibration, mais les deux sont équivalentes.”

(SP Lettre à Hansadutta, 22/06/70)

“Quand le Maître Spirituel n’est pas présent physiquement, vaniseva a plus d’importance. Mon Maître Spirituel, Sarasvati Goswami Thakura n’est peut-être pas présent physiquement, mais comme je m’efforce de servir Son instruction, je ne me sens jamais séparé de Lui.”

(SP Lettre à Karandhara, 22/08/70)

“Moi-même, je n’ai pas l’impression d’être séparé de mon Guru Maharaja. Étant engagé à Son service, Son image me donne suffisamment d’énergie. Servir la parole du maître est plus important que le servir physiquement.”

(SP Lettre à Syamasundara, 19/07/77)

 

Suivre L’instruction Et Non Le Corps

 

“En ce qui concerne la relation personnelle avec le Guru, je ne fus auprès de mon Guru Maharaja qu’en quatre ou cinq occasions mais je n’ai jamais quitté Sa compagnie, même un instant. Étant donné que je suis Son instruction, je n’ai jamais ressenti de séparation. Ici en Inde, certains de mes frères spirituels ont eu un contact personnel constant avec mon Guru Maharaja, mais ils négligent Ses instructions. C’est comme l’insecte qui s’est assis sur les genoux du roi. Il peut s’enorgueillir de la situation, mais tout ce qu’il parvient à faire, c’est piquer le roi. Le contact personnel n’a pas autant d’importance que la relation créée par le service.”

(SP Lettre à Satyadhana, 20/02/72)

“Spirituellement, il n’y a pas de différence entre l’avènement et le départ… spirituellement, il n’y a pas une telle différence, apparition ou disparition. Ainsi, bien que ce soit aujourd’hui le jour de commémoration de la disparition de Om Visnupada Sri Srimad Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura, il n’y a pas de raison de se lamenter, même si nous ressentons une certaine séparation.”

(SP Classe, 13/12/73, Los Angeles)

“Mon Guru Maharaja sera très content de vous… ce n’est pas qu’Il est mort et enterré. Cela n’est pas une compréhension spirituelle des choses… Il observe. Je ne me sens jamais seul.”

(SP Classe, 2/03/75)

Vani a plus d’importance que vapu.

(SP Lettre à Tusta Krsna, 14/12/72)

“Oui, je suis content que ton centre fonctionne si bien et que tous les dévots apprécient maintenant la présence de leur Maître Spirituel en suivant ses instructions, alors qu’il n’est plus physiquement présent parmi eux. C’est le bon état d’esprit.”

(SP Lettre à Karandhara, 13/09/70)

“Par ses paroles le Maître Spirituel peut pénétrer dans le cœur de l’être qui souffre et lui insuffler le savoir spirituel qui seul peut éteindre le brasier de l’existence matérielle.”

(S.B. 1.7.22, Teneur et portée)

“Il y a deux termes: vani et vapu; vani signifie ‘paroles’ et vapu ‘corps physique’. Vapu aura une fin; ce corps matériel aura une fin, c’est dans la nature des choses. Mais si on garde vani, les paroles du Maître Spirituel, on peut demeurer ferme dans sa conscience de Krsna… si vous restez toujours pur, en accord avec les paroles et instructions des plus hautes autorités spirituelles, vous serez constamment vivifiés. Telle est la compréhension spirituelle.”

(SP Classe, 2/03/75)

“Alors nous devons mettre davantage l’accent sur la vibration sonore, qu’elle vienne de Krsna ou du Maître Spirituel. Ne pensez pas que je ne sois pas parmi vous. La présence physique n’est pas essentielle; le véritable contact réside dans le message [ou l’écoute].”

(SP Lettre à ses étudiants, 2/08/67)

“La réception du savoir spirituel ne peut être entravée par aucune condition matérielle.”

(S.B. 7.7.1, Teneur et portée)

“La puissance de la vibration sonore transcendantale n’est jamais affaiblie par l’absence apparente de l’orateur.”

(S.B. 2.9.8, Teneur et portée)

“Le disciple et le Maître Spirituel ne sont jamais séparés l’un de l’autre, car le Maître Spirituel demeure auprès de son disciple tant que celui-ci suit strictement ses instructions. Cette présence est dite vani. La présence physique est dite vapu. Quand le Maître Spirituel est physiquement présent, le disciple doit servir le corps physique du Maître Spirituel, et lorsque le Maître Spirituel n’est physiquement plus là, le disciple doit servir les instructions du Maître Spirituel.”

(S.B. 4.28.47, Teneur et portée)

“S’il n’est pas possible de servir directement le Maître Spirituel, on doit alors le faire en se rappelant ses instructions. En effet, il n’y a aucune différence entre les instructions du Maître Spirituel et le Maître Spirituel lui-même. En son absence, ses directives doivent être l’objet de la fierté du disciple.”

(C.c. Adi 1.35, Teneur et portée)

“Il vit à jamais à travers ses divines instructions, et ceux qui les suivent vivent avec lui.”

(S.B. Dédicace)

“Il divague certes qui croit mourir le Vaisnava, quand dans le son se perpétue son existence.”

(Srila Bhaktivinoda Thakura)

“Oui, l’extase que l’on éprouve dans un sentiment de séparation du Maître Spirituel surpasse même celle de la rencontre avec le Maître Spirituel.”

(SP Lettre à Jadurani, 13/01/68)

“Krsna et Son représentant sont semblables. De même que Krsna peut être présent simultanément en des milliers d’endroits, le Maître Spirituel peut se manifester partout où son disciple le souhaite. Le Maître Spirituel est le principe et non le corps. De la même façon qu’un programme de télévision peut être reçu en des milliers d’endroits grâce au système de relais émetteurs.”

(SP Lettre à Malati, 28/05/68)

“Il est mieux d’offrir un service à Krsna et au Maître Spirituel dans un sentiment de séparation; il peut y avoir un risque à servir directement.”

(SP Lettre à Madhusudana, 30/12/67)

 

 
Les Livres Suffisent

 

Dévot: “Srila Prabhupada, quand vous n’êtes pas présent parmi nous, comment pouvons nous recevoir des instructions? Par exemple s’il y a des questions…”
Srila Prabhupada: “Les réponses aux questions… les réponses sont là, dans mes livres.”

(SP Promenade matinale, 13/05/73, Los Angeles)

“Utilise le temps que tu peux à bien étudier mes livres. Tu y trouveras toutes les réponses à tes questions.”

(SP Lettre à Upendra, 7/01/76)

“S’il t’est possible de te rendre au temple, tires-en profit. Le temple est un lieu où il est possible d’offrir directement un service dévotionnel au Seigneur Suprême Sri Krsna. Tu dois également lire quotidiennement mes livres; tu y trouveras la réponse à toutes tes questions et tes fondations dans la Conscience de Krsna s’affermiront. De cette manière, ta vie deviendra parfaite.”

(SP Lettre à Hugo Salemon, 22/11/74)

“Chacun d’entre vous doit lire régulièrement nos livres, au moins deux fois par jour, le matin et le soir, alors automatiquement, toutes les questions trouveront leurs réponses.”

(SP Lettre à Randhir, 24/01/70)

“Dans mes livres, la philosophie de la Conscience de Krsna est expliquée de manière complète; et s’il y a quelque chose que tu ne comprends pas, il te suffit de lire encore et encore. En lisant chaque jour, le savoir te sera révélé et par ce processus ta vie spirituelle se développera.”

(SP Lettre à Bahurupa, 22/11/74)

Srila Prabhupada: “Le contact d’un pur dévot, même pour un instant – grande fortune!”
Revatinandana: “Cela s’applique-t-il aussi à la lecture des paroles du pur dévot?”
Srila Prabhupada: “Oui.”
Revatinandana: “Même un bref contact avec vos livres peut produire le même effet?”
Srila Prabhupada: “En effet. Bien sûr, il faut les deux. On doit être très désireux de lire.”

(SP Entretien, 13/12/70)

Paramahamsa: “Voici ma question: Si quelqu’un lit le commentaire, les explications d’un pur dévot sur la Bhagavad-gita, mais sans jamais voir physiquement l’auteur, est-ce la même chose ?”
Srila Prabhupada: “Oui. On peut être en contact avec Krsna en lisant la Bhagavad-gita. Les Saints du passé en ont présenté leur commentaire, leurs explications. Ce n’est pas un problème?”
(SP Promenade matinale, 11/06/74, Paris)

“Il n’y a rien de nouveau à dire. Tout ce que j’avais à dire, je l’ai déjà dit dans mes livres. Vous devez maintenant essayer de les comprendre et persévérer dans vos efforts. Que je sois présent ou non importe peu.”

(SP Entretien, 17/05/77, Vrindavan)

“Mon départ ne doit pas être une cause de lamentation. Je serai toujours avec vous à travers mes livres et instructions. Je demeurerai toujours avec vous ainsi.”

(BTG 13. 1-2, Décembre 1977)

 

Srila Prabhupada Est Notre Maître Spirituel Éternel

 

Journaliste: Qu’adviendra-t-il du Mouvement aux États-Unis quand vous mourrez?
Srila Prabhupada: Je ne mourrai jamais!
Dévots: Jaya! Haribol! (éclats de joie)
Srila Prabhupada: Je vivrai à travers mes livres et vous les utiliserez.

(SP Conférence de presse, 17/05/75, Berkeley)

Une Indienne: “…est-ce que le Maître Spirituel guide encore après la mort?”
Srila Prabhupada: “Oui, oui. De même que Krsna nous guide, le Maître Spirituel nous guidera aussi.”

(SP Classe, 3/09/71)

“Le lien éternel qui lie le disciple et le Maître Spirituel s’établit dès la première écoute.”

(SP Lettre à Jadurani, 4/09/72)

“L’influence du pur dévot est telle qu’en l’approchant avec un peu de foi on a l’opportunité d’entendre ce qui a trait au Seigneur à travers des textes authentiques comme la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam [...] C’est le premier stade de la relation avec le pur dévot.”

(Le Nectar de la Dévotion, chap. 19)

“Ces livres ne sont pas ordinaires. C’est un chant enregistré. Celui qui les lit, écoute.”

(SP Lettre à Rupanuga, 19/10/74)

“En ce qui concerne la parampara, il n’y a pas lieu de s’étonner de grands intervalles [...] Il faut adopter l’enseignement de l’acarya prééminent et suivre ses traces.”

(SP Lettre à Dayananda, 12/04/68)

“Ces grandes âmes (membres de la lignée des Maîtres Spirituels) ne sont pas de simples comètes éphémères qui, leur mission accomplie, disparaissent à jamais du firmament. Elles sont autant de soleils resplendissants de lumière et de chaleur pour le bien d’innombrables générations et poursuivent longtemps leur course avant que ne les relayent d’autres astres de sublimes caractère, beauté et grandeur.”

(Srila Bhaktivinode Thakura)

Narayana: “Les disciples qui n’ont pas la possibilité de vous voir ou de s’adresser à vous...”
Srila Prabhupada: “C’est ce qu’il a dit, vani et vapuh. Même si vous ne voyez pas son corps, prenez ses paroles, vani.”
Narayana: “Mais comment sauront-ils si vous êtes satisfait d’eux?”
Srila Prabhupada: “Si vous suivez réellement les paroles du Guru, il est satisfait. Mais si vous ne les suivez pas, comment pourrait-il l’être?”
Sudama: “Nous seulement vous serez satisfait, mais votre miséricorde s’étend partout et vous nous avez dit que si nous l’acceptons, nous en ressentirons les bienfaits.”
Srila Prabhupada: “Oui.”
Jayadvaita: “Et si nous avons foi en la parole du Guru, naturellement nous le ferons.”
Srila Prabhupada: “Oui. Mon Guru Maharaja quitta ce monde en 1936, et j’ai créé ce Mouvement en 1965, trente ans plus tard. Mais? Je reçois la miséricorde du Guru. C’est cela vani. Même si le Guru n’est pas présent physiquement, si vous suivez vani, vous recevez de l’aide”
Sudama: “Il n’est donc pas question de séparation tant que le disciple suit les instructions du Guru.”
Srila Prabhupada: “Non. Cakhu-dano-dilo-jei. Quelle est la suite”
Sudama: Cakhu-dano-dilo-jei, janme janme prabhu sei.
Srila Prabhupada: Janme janme prabhu sei. Où est la séparation? Celui qui vous a ouvert les yeux, il est vie après vie votre prabhu.

(SP Promenade matinale, 21/07/75, San Francisco)

Madhudvisa: “Est-il possible pour un chrétien, sans l’aide d’un Maître Spirituel mais en croyant en la Parole de Jésus-Christ et en s’efforçant de suivre ses enseignements, d’atteindre le Monde Spirituel?”
Srila Prabhupada: “Je ne te suis pas.”
Tamal Krsna: “Un chrétien à notre époque peut-il, sans Maître Spirituel mais en lisant la Bible et en suivant la Parole de Jésus, atteindre le…”
Srila Prabhupada: “Quand on lit la Bible, on suit un Maître Spirituel. Comment peux-tu dire sans ? Lorsqu’on lit la Bible, cela signifie qu’on suit les instructions du Seigneur Jésus-Christ et on suit donc un Maître Spirituel. Comment peut-on alors se considérer ‘sans Maître Spirituel’?”
Madhudvisa: Je voulais parler d’un Maître Spirituel vivant.
Srila Prabhupada: Le Maître Spirituel, ce n’est pas une question de…le Maître Spirituel est éternel. En fait, ta question est ‘sans Maître Spirituel’. On n’est jamais sans Maître Spirituel, à aucun moment de l’existence. On peut accepter tel ou tel Maître Spirituel, c’est autre chose ; mais il faut en accepter un. Quand tu dis “en lisant la Bible”, lorsqu’on lit la Bible cela signifie qu’on suit le Maître Spirituel, qui est représenté par un prêtre ou un pasteur dans la lignée du Seigneur Jésus-Christ.

(SP Promenade matinale, 2/10/68, Seattle)

“Tu as demandé s’il est vrai que le Maître Spirituel reste dans l’univers jusqu’à ce que tous ses disciples soient transférés dans le Monde Spirituel. La réponse est oui, telle est la règle.”

(SP Lettre à Jayapataka, 11/07/69)

 

 

 
Annexes

 

 

 
9th

 

 
Lettre Du 9 Juillet 1977

 

ISKCON

INTERNATIONAL SOCIETY FOR KRISHNA CONSCIOUSNESS

Founder-Acharya: Sa Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada

le 9 juillet 1977

A tous les G.B.C. et Présidents de Temple

Chers Maharajas et Prabhus,

Je vous prie d’accepter mes humbles hommages à vos pieds. Récemment, alors que tous les membres du GBC étaient auprès de Sa Divine Grâce à Vrindavana, Srila Prabhupada indiqua qu’Il désignerait bientôt certains de Ses disciples aînés à la fonction de “ritvik” – représentant de l’acarya, pour effectuer les premières et secondes initiations. Sa Divine Grâce a donné pour l’instant une liste de onze disciples qui exerceront cette fonction:

Sa Sainteté Kirtanananda Swami
Sa Sainteté Satsvarupa das Goswami
Sa Sainteté Jayapataka Swami
Sa Sainteté Tamal Krsna Goswami
Sa Sainteté Hrdayananda Goswami
Sa Sainteté Bhavananda Goswami
Sa Sainteté Hamsadutta Swami
Sa Sainteté Ramesvara Swami
Sa Sainteté Harikesa Swami
Sa Grâce Bhagavan das Adhikari
Sa Grâce Jayatirtha das Adhikari

Auparavant, les Présidents de Temple écrivaient à Srila Prabhupada pour recommander un dévot pour l’initiation. Maintenant que Srila Prabhupada a nommé ces représentants, les Présidents de Temple peuvent dorénavant envoyer la recommandation pour la première et la seconde initiation à celui de ces onze représentants situé le plus proche de leur temple. Après examen de la recommandation, ces représentants peuvent accepter le dévot comme disciple initié de Srila Prabhupada en donnant un nom spirituel ou pour la deuxième initiation en chantant sur le cordon Gayatri, exactement comme le faisait Srila Prabhupada. Les nouveaux initiés sont disciples de Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, les onze dévots aînés mentionnés ci-dessus agissant comme Ses représentants. Après avoir reçu une lettre de ces représentants donnant le nom spirituel ou le cordon brahmanique, le président du temple peut accomplir le yajna du feu dans le temple comme par le passé. Le nom du disciple nouvellement initié doit être envoyé par le représentant qui l’a accepté(e) à Srila Prabhupada, pour qu’il soit inscrit dans le registre des “Disciples Initiés” de Sa Divine Grâce. Espérant que ce courrier vous trouve tous au mieux.
Votre serviteur,

Tamal Krsna Goswami (signature sur l’original)

Secrétaire de Srila Prabhupada

Approuvé (Signature de Srila Prabhupada)

 

10 Juillet 1977

 

10th

ISKCON

ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LA CONSCIENCE DE KRISHNA

Acharya-Fondateur: Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada

10 Juillet 1977

Mon cher Hamsadutta Maharaja,

Accepte, s’il te plait mon humble hommage à tes pieds. Srila Prabhupada a reçu tes lettres des 4 et 5 juillet 1977 et m’a demandé d’y répondre.

Srila Prabhupada était très heureux d’entendre comment tu avais tout organisé à Ceylan, et que tant de gens portent de l’intérêt maintenant sérieusement, est la preuve de l’efficacité de ta prédication. Sa Divine Grâce a dit que “tu es la personne appropriée et que tu pouvais donner l’initiation à ceux qui étaient prêts. Je t’ai nommé avec dix autres personnes aux fonctions de “ritvik” ou représentant de l’acharya, pour donner les premières et secondes initiations, en mon nom”. (Une circulaire a été envoyée à tous les Présidents de Temple et à tous les GBC à ce sujet, désignant les onze représentants sélectionnés par Sa Divine Grâce. Les nouveaux initiés sont disciples de Srila Prabhupada, et les noms de ceux que tu juges digne et que tu inities de cette manière, doivent être envoyés pour être inclus dans le livre des Disciples Initiés de Srila Prabhupada. Ainsi les Présidents de Temple enverront leurs recommandations pour l’initiation directement au représentant qui est le plus proche, et il donnera un nom spirituel ou chantera sur le cordon gayatri exactement comme Srila Prabhupada le faisait).

Srila Prabhupada a franchement souri lorsqu’il a entendu le succès du programme organisé par les gens du cru auquel 2000 personnes ont assisté. Lorsqu’il a entendu que tu avais inauguré l’idée d’un programme complet avec festin le dimanche, il dit que “Tu es bon cuisinier, alors enseigne aux autres maintenant la manière de cuisiner exactement comme je l’ai fait pour toi.”

En ce qui concerne l’impression qui avance lentement, Sa Divine Grâce a répondu: “peu importe. Avance sûrement. Peut importe la vitesse.” J’ai demandé à Pradyumna prabhu où en était les traductions Cinghalaises. Il m’a dit que “Chanter le Mantra Hare Krishna” était traduit en Cinghalais, et actuellement dans sa malle à Bombay. Nous essayerons de la récupérer le plus tôt possible. Je ne sais pas si Gopal Krishna a des manuscrits en Tamoul, mais si c’est le cas, lorsque je le verrais dans une dizaine de jours, je lui demanderai de te les envoyer. Tu peux aussi lui demander directement. Pradyumna affirme que ce sera aussi rapide de le traduire à nouveau – ça ne fait qu’une page.

Srila Prabhupada était très content d’apprendre que tu essaierais d’amener des dévots Cinghalais à Mayapura il dit: “Oh, ça c’est très bien!” Il ne sait pas si l’histoire d’un disciple de Srila Bhaktisiddhanta qui aurait vu un homme manger un rat est vraie. En ce qui concerne la situation exacte de Sri Lanka, c’est l’opinion de certaines personnes. Srila Prabhupada nous a demandé de ne pas parler de ce sujet en public maintenant. Prabhupada a aussi recommandé que tu récupères du ghee auprès de Hari Sauri. Il dit que tu pouvais avoir un cinquième de tout ce qu’Hari Sauri enverrait en Inde. En ce qui concerne l’usage du nom Swami ou Goswami, Srila Prabhupada dit: “Choisis en un. Swami est mieux.”

Ton serviteur

(signature sur le document d’origine)

Tamala Krsna Gosvami
Secrétaire de Srila Prabhupada

à sa Sainteté Hamsadutta Swami c/o ISKCON Colombo

 

11 juillet 1977

 

11th

 

LETTRE de Tamal Krsna Goswami à Kirtanananda

ISKCON

INTERNATIONAL SOCIETY FOR KRISHNA CONSCIOUSNESS

Founder-Acharya: Sa Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada

11 juillet 1977

Mon Cher Kirtanananda Maharaja,

Accepte mon humble hommage à tes pieds. Sa Divine Grâce Srila Prabhupada vient de recevoir à Sa grande joie le dernier numéro de ‘Brijabasi Spirit’, Vol. IV, no 4. Quand Il vit la couverture, qui montre Kaladri conduisant une cérémonie du feu, Il dit: “Voyez son visage quel dévot il est, expert en tout.” Lorsque Srila Prabhupada a ouvert à la première page, Son regard se fixa sur la photo de Radha-Vrndavana Candra et Il dit: “Vrndavana Bihari” – tellement beau. Où que se trouve Vrndavana Candra, le danger n’existe pas.” Après avoir parcouru avec plaisir tout le magazine, Srila Prabhupada dit: “Il a été imprimé sur leur propre presse; c’est un grand progrès.” Sa Divine Grâce a beaucoup apprécié l’article ‘Comment j’ai été déprogrammé’ d’un jeune dévot. Au récit de l’histoire du garçon, Prabhupada exprima une grande compassion à son égard et dit: “Si une seule personne évolue comme ce garçon, alors ce mouvement est une réussite. L’avenir est plein de promesses et d’espoir. Unissez-vous tous pour répandre ce mouvement. Je suis maintenant certain qu’il progressera.” Dans la revue, Srila Prabhupada vit aussi ta photo à la page ‘Istagosthi’ et il t’accorda un long regard affectueux, exprimant ainsi Sa profonde appréciation de ta compréhension de la Conscience de Krsna.

Une lettre a été envoyée à tous les Présidents de temple et GBC et tu devrais la recevoir bientôt, décrivant la procédure à suivre pour les initiations dans le futur. Srila Prabhupada a jusqu’à présent nommé onze représentants qui initieront pour Lui les nouveaux dévots. Attends que cette lettre te parvienne (l’original a été envoyé à Ramesvara Maharaja pour en faire des copies), et toutes les personnes que tu a recommandées dans tes lettres précédentes pourront alors être initiées.

La santé de Sa Divine Grâce s’est stabilisée et, très étonnamment, Il a doublé le rythme de Ses traductions, suivant ainsi celui de la distribution des livres. Espérant que ce courrier te trouve au mieux.

Ton serviteur,

Tamal Krsna Goswami

Secrétaire de Srila Prabhupada (signature sur l’original)

Sa Sainteté Kirtanananda Swami c/o ISKCON New Vrndavana

 

21 juillet 1977

 

21st
 

Lettre De Ramesvara

 

BBT

INTERNATIONAL SOCIETY FOR KRISHNA CONSCIOUSNESS

Founder-Acharya: Sa Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada

21 juillet 1977

GLOIRES A SRI GURU ET GAURANGA!

Chers Frères spirituels membres du GBC, Prabhus,

Acceptez mon humble hommage dans la poussière de vos pieds. Toutes gloires à Srila Prabhupada! Je viens de recevoir quelques lettres de Tamal Krsna Maharaja, et je vous joins ici deux documents : 1) la version finale du testament de Srila Prabhupada, et 2) la liste initiale des disciples désignés par Srila Prabhupada pour accomplir les procédures d’initiation pour le compte de Sa Divine Grâce. Cette liste initiale est envoyée aussi à tous les centres.

D’après les lettres de Tamal, il semble que Prabhupada soit enthousiaste et traduit avec un regain d’énergie malgré sa mauvaise santé. Les progrès de la prédication et diverses autres bonnes nouvelles qu’il reçoit de différents temples et membres du GBC le réjouissent tout particulièrement. Tamal Krsna Maharaja souligne que nous devrions tous envoyer de tels rapports à Sa Divine Grâce qui demande souvent, “Quelles sont les nouvelles?” Un exemple frappant de l’état d’esprit de Prabhupada fut sa réaction quand il reçut un rapport de prédication encourageant à Ceylan venant d’Hansadutta Swami; Srila Prabhupada dit: “Je veux aller à Ceylan. Je peux y aller. Je peux aller n’importe où, en fauteuil. L’obstacle n’est qu’imaginaire. Le gonflement affecte la peau, pas mon âme.”

Plus que tout, Tamal insiste sur l’importance de visites régulières d’un membre du GBC tous les mois pour offrir quelque service personnel. Comme Prabhupada a récemment dit que ces visites régulières étaient importantes, tous les membres du GBC devraient être prompts à venir ; d’autant que cela ne comprend pas seulement le fait de s’acquitter de tâches essentielles pour soulager Prabhupada du poids de l’administration, mais aussi prendre soin de Srila Prabhupada personnellement, le masser, offrir d’autres doux services et d’une manière générale avoir l’opportunité de plus de contact personnel qu’auparavant. Le GBC comptant plus de 23 membres, tous les mois devraient être complets.

Un dernier rapport: Srila Prabhupada a nommé un nouveau membre du GBC pour l’Inde du nord (incluant Delhi, mais pas Vrndavana) – Sa Sainteté Bhakti Caitanya Swami. Tamal Krsna Maharaja dit que Sa Divine Grâce l’a nommé pour l’encourager, en considération de la prédication remarquable qu’il fait au Penjab.

Jai, je vous espère tous au mieux et pleinement absorbés dans la prédication pour le plaisir de Srila Prabhupada.

Votre très indigne serviteur

Ramesvara dasa Swami, (signature sur l’original) Pièces jointes

 

31 juillet 1977

 

31st

 

 

LETTRE de Tamal Krsna Goswami à Hansadutta, (au nom de Srila Prabhupada)

ISKCON

INTERNATIONAL SOCIETY FOR KRISHNA CONSCIOUSNESS

Founder-Acharya: Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada

31 juillet 1977

Mon Cher Hansadutta Maharaja,

Accepte mon humble hommage à tes pieds. Sa Divine Grâce Srila Prabhupada m’a dit de te remercier pour ta lettre du 25 juillet 1977.

Tu écris à Srila Prabhupada que tu ne comprends pas pourquoi Il t’a choisi comme bénéficiaire de Sa miséricorde. Sa Divine Grâce a aussitôt répondu, “Parce que tu es un serviteur sincère. Tu as su te détacher d’une épouse belle et accomplie, ce qui est une grande bénédiction. Tu es un vrai prédicateur. D’où mon affection pour toi. (en riant). Parfois, tu t’obstines, mais cela est vrai de tout homme intelligent. Tu as maintenant un très bon ‘champ d’action’. Organise le bien, cela sera à ton crédit. Personne ne viendra t’y déranger. Crée ton propre ‘champ d’action’ et continue d’agir en mon nom en tant que ritvik.”

Srila Prabhupada écouta avec grand enthousiasme la lecture que je lui fis de l’article publié dans le journal. Sa Divine Grâce en fut très contente : “Cet article grandira ton prestige. C’est un très bon article. C’est pourquoi le journal lui a accordé tant d’espace. Un très bon article. Il faut le publier dans ‘Back to Godhead’. Dans ‘Back to Godhead’, il y a une rubrique intitulée ‘Prabhupada déclare’. Ton article pourrait s’intituler ‘Un disciple de Srila Prabhupada déclare’. Oui, c’est un article que nous publierons. Que l’imposteur soit publiquement exposé. Cet article m’a beaucoup plu. Je veux que mes disciples montent comme cela au créneau... sur la force d’un raisonnement sans faille, ‘brahma sutra sunisthita’, (...illisible). Sois béni. Que tous mes disciples fassent de même. Tu as lancé un défi et ils ne peuvent y répondre. Invitez ce Docteur Kovoor au congrès du Docteur Svarupa Damodara sur ‘La Vie procède de la Vie’. Il pourra apprendre quelque chose à ce congrès scientifique.”

“Oui tu devrais obtenir des fonds d’ISKCON Food Relief. Des fonds collectés en Amérique et envoyés pour la distribution de nourriture, voilà ce que je propose pour ton programme. Trois cents invités, ce n’est pas rien. Tu mentionnes tant de délicieuses préparations. J’aimerais bien les goûter mais je ne peux pas. En entendre ne serait ce que les noms est réjouissant. Je pensais justement à toi ce matin et voilà que tu m’écris.”

(dernier paragraphe illisible)

Ton serviteur,

Tamal Krsna Goswami (signature sur l’original)

Secrétaire de Srila Prabhupada

 

 

Testament De Srila Prabhupada

 

 

will1

 

 
will2

 

will3

 


Tridandi Goswami
A.C. Bhaktivedanta Swami

Founder-Acharya: International Society for Krishna Consciousness



CENTRE : Krsna-Balarama Mandir,
Bhaktivedanta Swami Marg,
Ramanareti, Vrndavana, U.P.


DATE      : 4 juin 1977                         



TESTAMENT


Je soussigné, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, Acarya-Fondateur de l’International Society for Krishna Consciousness, Fondateur du Bhaktivedanta Book Trust, et disciple de Om Visnupada 108 Sri Srimad Bhaktisiddhanta Sarasvati Goswami Maharaja Prabhupada, demeurant actuellement au Sri Krsna-Balarama Mandir de Vrndavana, déclare que ceci est mon testament:
 

  1. Le GBC (Governing Body Commission) sera l’autorité administrative ultime de l’International Society for Krishna Consciousness.

  2. Chaque temple sera la propriété d’ISKCON et sera administré par trois directeurs exécutifs. Le système d’administration continuera tel qu’il est actuellement et il n’y a aucun besoin de changer quoi que ce soit.

  3. Les propriétés en Inde seront administrées par les directeurs exécutifs suivants:
    a) Les propriétés de Sri Mayapur Dhama, Panihati, Haridaspur et Calcutta: Gurukrpa Swami, Jayapataka Swami, Bhavananda Goswami et Gopal Krsna das Adhikari.
    b) Les propriétés de Vrndavana: Gurukrpa Swami, Akshoyananda Swami et Gopal Krsna das Adhikari.
    c) Les propriétés de Bombay: Tamal Krsna Goswami, Giriraj das Brahmachary et Gopal Krsna das Adhikari.
    d) Les propriétés de Bhubaneswar: Gour Govinda Swami, Jayapataka Swami et Bhagawat das Brahmachary.
    e) Les propriétés de Hyderbad: Mahamsa Swami, Sridhar Swami, Gopal Krsna das Adhikari et Bali Mardan das Adhikari.
    Les directeurs exécutifs qui sont désignés ici sont nommés à vie. En cas de décès ou d’incapacité quelconque d’un directeur, un (ou des) directeur successeur pourra être nommé par les directeurs restants, à condition que le nouveau directeur soit mon disciple initié, suivant strictement les règles et principes de l’International Society for Krishna Consciousness, tels qu’ils sont détaillés dans mes livres, et à condition qu’il n’y ait jamais moins de trois (3) ni plus de cinq (5) directeurs exécutifs en même temps.
     

  4. J’ai créé, développé et organisé l’International Society for Krishna Consciousness et à ce titre, je stipule par les présentes qu’aucun des biens immobiliers en Inde au nom d’ISKCON ne devra jamais être hypothéqué, mis en gage, vendu, transféré ou d’aucune façon obéré ou placé sous un autre contrôle. Cette directive est irrévocable.
     

  5. Les propriétés hors de l’Inde ne doivent en principe jamais être hypothéquées, mises en gage, vendues, transférées ou d’aucune façon obérées ou placées sous un autre contrôle sauf si cela s’avère nécessaire et avec le consentement des membres du comité du GBC associés à la propriété concernée.
     

  6. Les propriétés hors de l’Inde et les membres du comité du GBC associés à celles-ci sont les suivants:
    a) Les propriétés de Chicago, Détroit et Ann Arbor: Jayatirtha das Adhikari, Harikesa Swami et Balavanta das Adhikari.
    b) Les propriétés d’Hawaï, Tokyo et Hong Kong: Guru Krpa Swami, Rameswara Swami et Tamal Krsna Goswami.
    c) Les propriétés de Melbourne, Sydney et la ferme d’Australie: Guru Krpa Swami, Hari Sauri et Atreya Rsi.
    d) Les propriétés d’Angleterre (Londres Radlett), France, Allemagne, Pays-Bas, Suisse et Suède: Jayatirtha das Adhikari, Bhagavan das Adhikari et Harikesa Swami.
    d) Les propriétés du Kenya, Île Maurice et Afrique du Sud: Jayatirtha das Adhikari, Brahmananda Swami et Atreya Rsi.
    e) Les propriétés du Mexique, Venezuela, Brésil, Costa Rica, Pérou, Équateur, Colombie et Chili: Hrdayananda Goswami, Panca Dravida Swami et Brahmananda Swami.
    f) Les propriétés de Georgetown, Guyane, République Dominicaine et Saint Augustin: Adi Kesava Swami, Hrdayananda Goswami et Panca Dravida Swami.
    g) Les propriétés de Vancouver, Seattle, Berkeley et Dallas: Satsvarupa Goswami, Jagadisa das Adhikari et Jayatirtha das Adhikari.
    h) Les propriétés de Los Angeles, Denver, San Diego et Laguna Beach: Rameswara Swami, Satsvarupa Swami et Adi Kesava Swami.
    i) Les propriétés de New York, Boston, Porto Rico, Port-Royal, St-Louis et la ferme de St-Louis: Tamal Krsna Goswami, Adi Kesava Swami et Rameswara Swami.
    j) Les propriétés d’Iran: Atreya Rsi, Bhagavan das Adhikari et Brahmananda Swami.
    k) Les propriétés de Washington (D.C.), Baltimore, Philadelphie, Montréal et Ottawa: Rupanuga das Adhikari, Gopal Krsna das Adhikari et Jagadisa das Adhikari.
    l) Les propriétés de Pittsburgh, La Nouvelle Vrndavana, Toronto, Cleveland et Buffalo: Kirtanananda Swami, Atreya Rsi et Balavanta das Adhikari.
    m) Les propriétés d’Atlanta, la ferme du Tennessee, Gainesville, Miami, La Nouvelle-Orléans, la ferme du Mississippi et Houston: Balavanta das Adhikari, Adi Kesava Swami et Rupanuga das Adhikari.
    n) Les propriétés de Fidji: Hari Sauri, Atreya Rsi et Vasudev.
     

  7. Je déclare et confirme que tous les biens mobiliers et immobiliers qui sont à mon nom, y compris les comptes courants, comptes d’épargne et comptes rémunérés dans diverses banques, sont les actifs et les biens de l’International Society for Krishna Consciousness, et que les héritiers et successeurs de mon ancienne vie ou quiconque se réclamant d’eux, n’ont aucun droit, prétention ou intérêt que ce soit sur ces biens, sauf et à l’exception des dispositions qui suivent.
     

  8. Bien que l’argent déposé à mon nom dans différentes banques soit dépensé pour ISKCON et appartienne à ISKCON, j’ai réservé des fonds spécifiquement destinés à allouer une pension mensuelle de 1 000 roupies à chacun des membres de mon ancienne famille (deux fils, deux filles et une épouse). Au décès des membres de mon ancienne famille, ces fonds spécifiques (capital, intérêts et épargne) deviendront la propriété d’ISKCON par capital en fidéicommis, et aucune pension supplémentaire ne sera accordée aux descendants de mon ancienne famille ni à quiconque se réclamant d’eux.
     

  9. Par la présente, je nomme Guru Krpa Swami, Hrdayananda Goswami, Tamal Krsna Goswami, Rameswar Swami, Gopal Krishna das Adhikari, Jayatirtha das Adhikari et Giriraj das Brahmachary exécuteurs testamentaires. J’ai fait ce testament en ce 4ème jour du mois de juin 1977, en pleine possession de mes facultés et sans aucune forme de persuasion, force ni contrainte de la part de qui que ce soit.

    Témoins:
    (signatures sur l’original)
    A.C. Bhaktivedanta Swami
    (Signature de Srila Prabhupada sur l’original)

    (Ce testament fut signé par Srila Prabhupada, puis scellé et signé par les témoins suivants: Tamal Krsna Goswami, Bhagavan das Adhikari ainsi que d’autres témoins)


     

CODICILLE

 (5 Novembre 1977)


Je soussigné, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, sannyasi et Acarya-Fondateur de l’International Society for Krishna Consciousness, Fondateur du Bhaktivedanta Book Trust et disciple de Om Visnupada 108 Sri Srimad Bhaktisiddhanta Sarasvati Goswami Maharaja Prabhupada, résidant actuellement au Sri Krsna-Balarama Mandir de Vrndavana, établis par la présente mes dernières volontés et codicille pour faire connaître mes intentions et clarifier certains points qui sont restés dans une certaine mesure imprécis dans mon précédent testament daté du 4 juin 1977, selon les termes suivants:


J’avais fait un testament le 4 juin 1977 qui prévoyait certaines dispositions. L’une d’entre elles était d’accorder une pension alimentaire à Sri M.M. De, Brindaban Chandra De, Mlle Bhakti Lata De et Smt. Suluxmana De, qui furent nés de moi durant mon ashram de grhastha, ainsi qu’à Smt. Radharani De qui fut mon épouse dans l’ashram de grhastha, selon les termes du paragraphe 8 dudit testament. Après mure réflexion, il m’est apparu que ledit paragraphe n’exprimait pas parfaitement mes intentions et je décide donc par la présente que Smt. Radharani De recevra 1000 roupies chaque mois, à vie, hors intérêts produits à partir d’un capital de 120 000 roupies qu’ISKCON déposera dans une banque que les autorités de l’institution jugeront appropriée, et pour une période de 7 ans au nom d’ISKCON, lequel montant ne sera mis à la disposition d’aucun de ses héritiers, et qu’après son décès, ledit montant deviendra propriété d’ISKCON et les autorités d’ISKCON pourront l’utiliser de la manière qu’elles estimeront le mieux servir les objectifs de l’institution.


En ce qui concerne Sri M.M. De, Sri Brindaban Chandra De, Smt. Suluxmana De et Mlle Bhakti Lata De, ISKCON ouvrira dans une banque et pour une durée de sept ans, quatre comptes séparés, en versant sur chacun de ces comptes 120 000 roupies, afin qu’ils produisent chacun un minimum de 1000 roupies d’intérêts par mois. De ladite somme de 1000 roupies, seulement 250 roupies par mois seront versés à chacun d’entre eux, à partir des intérêts produits par leurs comptes respectifs. Les intérêts restants de 750 roupies seront alors déposés sur des nouveaux comptes rémunérés, à leur nom et pour une durée de sept ans. A l’échéance de ces comptes créés à partir des 750 roupies d’intérêts mensuels durant les sept premières années, les dites sommes seront investies par les personnes sus-nommées dans des emprunts d’état, comptes d’épargne ou tout autre plan d’épargne gouvernemental ou seront utilisées pour acheter des propriétés ou biens immobiliers, de manière à ce que le capital soit préservé et ne soit pas dilapidé. Toutefois, si les personnes sus-nommées ou l’une d’entre elles ne respectaient pas ces conditions et employaient ladite somme à d’autres fins que celles mentionnées plus haut, les autorités d’ ISKCON seront libres de cesser le versement de l’allocation mensuelle provenant du capital originel de 120 000 roupies à cette ou ces personnes, et à la place donneront les 1000 roupies d’intérêts mensuels au Bhaktivedanta Swami Charity Trust. Il est clairement établi que les héritiers des dites personnes n’auront aucun droit sur les dites sommes et que ces sommes ne sont destinées qu’aux dites personnes de mon ancienne vie, et seulement au cours de leur propre existence.
 

J’ai désigné certains exécuteurs testamentaires. J’ajoute ici le nom de Sri Jayapataka Swami, mon disciple, qui réside à Sri Mayapur Chandrodoya Mandir, Dist. Nadia, Bengale de l’Ouest, comme exécuteur testamentaire conjointement avec les personnes déjà nommées dans le testament daté du 4 juin 1977. J’ajoute ici que mes exécuteurs testamentaires auront pouvoir d’agir conjointement ou individuellement pour remplir leurs obligations, selon les termes de mon testament.


Par la présente j’amende, modifie et remanie mon testament daté du 4 juin 1977 de la manière décrite ci-dessus. À tous autres égards, le dit testament demeure valide et le demeurera indéfiniment.


Par la présente, j’établis donc ce codicille en ce cinquième jour de novembre 1977, en pleine conscience et possession de mes facultés et sous aucune forme de persuasion, force ni contrainte de la part de qui que ce soit.

Témoins:

(signatures sur l’original)

A.C. Bhaktivedanta Swami
 

 

ENTRETIEN – 22 Avril 1977, Bombay

 

 
Srila Prabhupada: “Je lui ai dit : “Tu ne peux pas agir en montrant tant d’indépendance. Tu fais du bon travail, mais ne le fais pas dans le… Reconnais-le.” (pause) On se plaint de Hansadutta. Le savais-tu?”
Tamala Krsna: “Je ne connais pas les détails, mais j’ai entendu dire…”
Srila Prabhupada: “En Allemagne, en Allemagne.”
Tamala Krsna: “Les dévots, là-bas.”
Srila Prabhupada: “Tant de plaintes.”
Tamala Krsna: “Le changement a donc du bon.”
Srila Prabhupada: “Vous devenez un guru, mais vous devez d’abord être qualifié. Alors, vous pouvez le devenir.
Tamala Krsna: “Oh, c’était ce genre de plainte.”
Srila Prabhupada: “Le savais-tu?”
Tamala Krsna: “Oui, j’en ai entendu parler, oui.”
Srila Prabhupada: “A quoi bon créer des gurus factices?”
Tamala Krsna: “M’étant moi-même observé et l’ayant fait de tous vos disciples, il est clair que nous sommes tous des âmes conditionnées, nous ne pouvons donc pas être guru. Peut-être qu’un jour cela sera possible.”
Srila Prabhupada: “Hmm!”
Tamala Krsna: “…mais pas maintenant.”
Srila Prabhupada: “Oui, je formerai des gurus. Je dirai qui est guru. ‘Maintenant, devenez acarya. Soyez accrédités.’ J’attends ce jour. Devenez tous acarya. Je me retirerai entièrement. Mais la formation doit être complète.”
Tamala Krsna: “Le processus de purification doit être là.”
Srila Prabhupada: “Oh oui, doit être là. C’est le souhait de Caitanya Mahaprabhu. amara ajnaya guru hana. “Devenez guru.” (rire) Mais soyez qualifiés. Il n’y faut pas grand chose : suivre strictement.”
Tamala Krsna: “Pas d’estampillage.”
Srila Prabhupada: “Alors vous ne produirez rien de tangible. Vous pouvez tromper, mais cela ne produira rien de tangible. Voyez la Gaudiya Matha. Tous voulaient être des gurus. Un petit temple et son ‘guru’. Quelle sorte de guru ? Pas de publication, pas de prédication, qu’on m’apporte un peu à manger… Mon Guru Maharaja disait: “Un mess, un endroit pour manger et dormir.”

 

ENTRETIEN – 27 Mai 1977, Vrindavan

 

Bhavananda: “Il y en aura, je le sais. Il y en a aura qui voudront essayer de se faire passer pour des Gurus.”
Tamala Krsna: “C’est ce qui s’est passé il y a quelques années. Vos frères en Dieu pensaient comme ça. Madhava Maharaja…”
Bhavananda: “Oh, oui, oh, prêts à sauter sur l’occasion.”
Srila Prabhupada: “Une direction ferme sera requise ainsi qu'une observation vigilante.”

 

ENTRETIEN – 28 Mai 1977, Vrindavana


Satsvarupa: “Notre prochaine question concerne les initiations dans le futur, plus particulièrement lorsque vous ne serez plus parmi nous. Nous voulons savoir comment les première et seconde initiations devront être conduites.”
Srila Prabhupada: “Oui, je recommanderai certains d’entre vous. Une fois cette question réglée, je recommanderai certains d’entre vous pour exercer la fonction d’acarya officiant.”
Tamal Krsna: “Cela est-il appellé ritvik acarya?”
Srila Prabhupada: ritvik. Oui.”
Satsvarupa: “Quelle est la relation de la personne qui donne l’initiation et…”
Srila Prabhupada: “Il est guru. Il est guru.”
Satsvarupa: “Mais il le fait en votre nom.”
Srila Prabhupada: “Oui. C’est une formalité. Car en ma présence, on ne doit pas devenir guru, donc en mon nom. Sur mon ordre, amara ajnaya guru hana, soit effectivement guru. Mais sur mon ordre.”
Satsvarupa: “Alors ils peuvent être aussi considérés vos disciples?”
Srila Prabhupada: “Oui, ils sont disciples, mais considérer…qui…”
Tamal Krsna: “Non. Il demande: ces ritvik acaryas, ils officient, donnent diksa, leurs - ceux à qui ils donnent diksa - de qui sont-ils les disciples?”
Srila Prabhupada: “Ils sont ses disciples.”
Tamal Krsna: “Ils sont ses disciples.”
Srila Prabhupada: “Qui initie … Son petit disciple”
Satsvarupa: “Ensuite, nous avons une question concernant..”
Srila Prabhupada: “Quand j’ordonnerai: deviens guru, il devient un guru standard. C’est tout. Il devient disciple de mon disciple. Vu.”

 

ENTRETIEN – 7 Juillet 1977, Vrindavan

 

Tamala Krsna: “Srila Prabhupada, nous recevons un bon nombre de lettres de personnes qui veulent être initiées. Jusqu’à présent, puisque vous étiez malade, nous leur avons demandé d’attendre.”
Srila Prabhupada: “Les responsables locaux, les sannyasis aînés peuvent le faire.”
Tamala Krsna: “C’est ce que nous faisions. Je veux dire, officiellement nous étions…le GBC local, les sannyasis chantaient sur leur chapelet, ils écrivaient à Votre Divine Grâce, et vous leur donniez un nom spirituel. Faut-il reprendre cette procédure ou devrions nous…je veux dire, il est dit que le maître spirituel prend le…enfin, il prend le…il doit purifier le disciple en…or, nous ne voulons pas que vous ayez à, heu…votre santé n’est pas très bonne et il ne faudrait pas…c’est pourquoi nous avons demandé à tous d’attendre. Je voudrais juste savoir si nous devons continuer d’attendre encore quelque temps.”
Srila Prabhupada: “Non, les sannyasis aînés.”
Tamala Krsna: “Ils doivent donc continuer à…”
Srila Prabhupada: “Tu peux me donner une liste de sannyasis. J’indiquerai qui…”
Tamal Krsna: “OK.”
Srila Prabhupada: “Tu peux le faire. Kirtanananda peut le faire. Satsvarupa aussi peut le faire. Ces trois-là, vous pouvez commencer.”
Tamala Krsna: “Si par exemple quelqu’un se trouve en Amérique, doit-il simplement écrire directement à Kirtanananda ou Satsvarupa?”
Srila Prabhupada: “Au plus près. Jayatirtha peut donner.”
Tamala Krsna: “Jayatirtha.”
Srila Prabhupada: “Bhagavan. Il peut aussi le faire. Harikesa.”
Tamala Krsna: “Harikesa Maharaja.”
Srila Prabhupada: “Cinq six hommes, répartissez, celui qui est le plus près.”
Tamala Krsna: “Celui qui est le plus près. Il n’est donc pas nécessaire que les personnes écrivent à Votre Divine Grâce. Ils peuvent leur écrire directement? En fait, ils initient la personne au nom de Votre Divine Grâce. Les personnes qui sont initiées sont toujours vos…”
Srila Prabhupada: “Seconde initiation. Pour la seconde initiation, nous verrons.”
Tamala Krsna: “C’était pour la première initiation. OK. Et pour la seconde initiation, pour le moment, ils doivent…”
Srila Prabhupada: “Non, ils doivent attendre. La seconde initiation doit être donnée….”
Tamala Krsna: “Certains dévots vous écrivent en ce moment pour la seconde initiation, et je leur réponds d’attendre un peu, parce que vous n’êtes pas en bonne santé. Dois-je continuer à leur dire cela?”
Srila Prabhupada: “Ils peuvent recevoir la seconde initiation.”
Tamala Krsna: “En vous écrivant?”
Srila Prabhupada: “Non, à eux.”
Tamala Krsna: “À eux. Ils peuvent aussi donner la seconde initiation. Il n’est donc pas nécessaire que les dévots vous écrivent pour la première et la seconde initiation; ils peuvent écrire à celui qui se trouve le plus près. Mais toutes ces personnes sont bien vos disciples. Quiconque donne l’initiation le fait en votre nom.”
Srila Prabhupada: “Oui.”
Tamala Krsna: “Le registre des noms de tous vos disciples, que je tiens à jour, dois-je continuer à le faire?
Srila Prabhupada: “Hmm!”
Tamala Krsna: “Donc, si quelqu’un donne l’initiation, par exemple Harikesa Maharaja, il doit nous envoyer ici le nom de la personne et je l’inscris dans le registre. OK. Voulez-vous que quelqu’un d’autre fasse cela en Inde?”
Srila Prabhupada: “En Inde? Je suis là. Nous verrons. En Inde, Jayapataka.”
Tamala Krsna: “Jayapataka Maharaja?”
Srila Prabhupada: “Tu es aussi en Inde. Tu peux noter ces noms.”
Tamala Krsna: “Oui, c’est fait.”
Srila Prabhupada: “Qui sont-ils?”
Tamala Krsna: “Kirtanananda Maharaja, Satsvarupa Maharaja, Jayatirtha prabhu, Bhagavan prabhu, Harikesa Maharaja, Jayapataka Maharaja et Tamal Krsna Maharaja.”
Srila Prabhupada: “C’est bien. Tu peux maintenant les distribuer.”
Tamala Krsna: “Sept. Il y a sept noms.”
Srila Prabhupada: “Pour le moment, sept noms, suffisant. …Tu peux ajouter, Ramesvara.”
Tamala Krsna: “Ramesvara Maharaja.”
Srila Prabhupada: “Et Hrdayananda.”
Tamala Krsna: “Ah oui, l’Amérique du sud.”
Srila Prabhupada: “Donc, sans attendre après moi, quiconque vous considérez le méritant. Cela se fera à discrétion.”
Tamala Krsna: “ A discrétion.”
Srila Prabhupada: “Oui.”
Tamala Krsna: “Pour les premières et secondes initiations.”
Srila Prabhupada: “Hmm!”
Tamala Krsna: “Dois-je faire venir des dévots pour un kirtan, Srila Prabhupada?”

 

ENTRETIEN – 19 Juillet 1977, Vrndavana

 

Tamala Krsna: “Upendra et moi nous pouvions voir qu’en fin de compte… (interrompu)”
Srila Prabhupada: “Et personne ne va te déranger là. Cultive ton propre champ et continue d’agir en tant que ritvik pour moi. Les gens commencent à être réceptifs là bas. L’endroit est très bien.”
Tamala Krsna: “Oui. Il dit; “L’introduction de la Bhagavad Gita a été traduite en Tamoul, je devrais avoir le second chapitre bientôt, et nous publierons un petit livre pour distribution immédiate” ”.

 

ENTRETIEN – 18 Octobre 1977, Vrindavana

 

Srila Prabhupada: “Hare Krsna. Un gentleman Bengali est arrivé de New York? (Un homme était venu de New York pour être initié par Srila Prabhupada).
Tamala Krsna: “Oui, Srila Prabhupada. Monsieur Sukamal Roy Choudry.”
Srila Prabhupada: “Bon, j’ai nommé certains d’entre vous pour initier Hmm?”
Tamala Krsna: “ Oui, Srila Prabhupada.”
Srila Prabhupada: “Aussi, je pense que Jayapataka peut le faire, s’il veut. Je l’ai déjà nommé. Dis-le-lui.”
Tamala Krsna: “Oui”
Srila Prabhupada: Mais, parmi les représentants, le nom de Jayapataka y est-il?
Bhagavan: Il est déjà désigné, Srila Prabhupada. Son nom est sur la liste.
Srila Prabhupada: “Donc je l’ai désigné pour accomplir tout cela à Mayapura et tu peux aller avec lui. J’arrête pour l’instant. Est-ce que ça va?”
Tamala Krsna: “Arrêter de faire quoi, Srila Prabhupada?”
Srila Prabhupada: “J’ai chargé mes disciples de faire les initiations. Est ce clair ou non?”
Giriraja: “C’est clair!”
Srila Prabhupada: “Tu as la liste des noms?”
Tamala Krsna: “Oui, Srila Prabhupada.”
Srila Prabhupada: “Et si par la grâce de Krsna je récupère, alors je recommencerai, ou peut être pas. Mais dans ces conditions, être pressé d’initier, n’est pas bon”.

 

ENTRETIEN – 2 Novembre 1977, Vrindavan

(Srila Prabhupada revient sur un entretien qu’il a eu avec des invités)

Srila Prabhupada: …“Après vous, qui prendra la direction ?” (j’ai répondu): Tous le feront, tous mes disciples. Si vous voulez, vous le pouvez aussi. (rire) Mais il faut suivre. Ils sont prêts à tout sacrifier. Ils prendront la direction. Je peux bien partir, une personne, mais il y en restera des centaines. Des centaines prêcheront. Si vous le voulez vous pouvez aussi être un leader. Nous ne voyons pas en termes de leader. Quiconque suit le précédent leader est un leader.”
Tamala Krsna: “Hmm”
Srila Prabhupada: “Indien! Nous ne faisons pas cette distinction, indien, européen.”
Devotee: “Ils voulaient un leader indien”.
Srila Prabhupada: “Oui. Tous mes disciples sont des leaders. Pour autant qu’ils suivent purement, ils deviendront des leaders. Si vous voulez suivre, vous pouvez devenir leader. Mais vous ne suivez pas. Voilà ce que je leur ai dit.” (pause)
Tamala Krsna: “Oui. Ils voulaient probablement proposer quelqu’un qui aurait mis la main sur notre mouvement.”
Srila Prabhupada: “Oui. Hmm. (pause) ‘Leader’… que des sottises. (pause) Leader signifie un disciple qui est devenu exemplaire ; voilà un leader, ‘evam parampara praptam’, celui qui suit parfaitement nos instructions est un leader. Hmm. Devenir un leader n’est pas très difficile, tout dépend si on est prêt à suivre les instructions d’un guru authentique.”

 

Confessions À Pyramid House – 3 Décembre 1980

Topanga Canyon, Los Angeles

Tamal Krsna Maharaja: J’ai eu une réalisation, il y a quelques jours […] Il est clair que Srila Prabhupada a de nombreuses fois déclaré que son Guru Maharaja n’avait pas nommé de successeur […] Même dans ses livres, Srila Prabhupada dit que Guru s’entend par qualification. […]

L’inspiration vint car je m’interrogeais, alors Krsna parla. À la vérité, Srila Prabhupada n’a jamais nommé de gurus. Il a désigné onze ritviks. Il ne les a jamais nommés gurus. Moi-même et les autres membres du GBC avons rendu le pire service à ce Mouvement durant ces trois dernières années en interprétant la désignation de ritviks comme une nomination de gurus.

Ce qui s’est passé, je vais l’expliquer. Je l’ai déjà expliqué, mais l’interprétation est fausse. Ce qui s’est en fait passé, c’est que Prabhupada mentionna qu’il pourrait désigner des ritviks; le GBC se réunit alors pour diverses raisons, puis cinq ou six d’entre nous vînmes voir Prabhupada (entretien du 28 mai 1977) Nous lui demandâmes: “Srila Prabhupada, après votre départ, si nous acceptons des disciples, ils seront les disciples de qui, vos disciples ou les nôtres ?”

Par la suite, il y avait une liste de personnes qui attendaient pour être initiés, et c’était la confusion. Alors je dis: “Srila Prabhupada, vous avez un jour parlé de ritviks. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Nous ne voulons pas vous solliciter, mais il y a des centaines de dévots et pour le moment je retiens toutes les lettres. Je ne sais pas ce que vous entendez faire.”

Srila Prabhupada répondit:“Bien. Je vais désigner des...” et il commença à citer des noms. Il fit bien comprendre qu’ils étaient ses disciples. À l’époque, c’était très clair dans mon esprit qu’ils étaient ses disciples. Plus tard, je lui posai deux questions: 1) “Et Brahmananda Swami ?” Je lui demandai cela car j’avais quelque affection pour Brahmananda Swami […] Srila Prabhupada répondit: “Non, à moins qu’il ne se qualifie.” Avant de taper la lettre, je lui demandai: 2) “Srila Prabhupada, est-ce tout ou voulez-vous en ajouter d’autres?” Il répondit: “Si nécessaire, d’autres pourront être ajoutés.”

Maintenant je réalise que ce qu’il fit était très clair. Il ne lui était pas possible physiquement d’accomplir les procédures d’initiation et c’est pourquoi il désigna des prêtres officiants pour initier en son nom. Il en désigna onze et dit clairement: “Celui qui est le plus près peut initier”. Cela est important, car quand il s’agit d’initier, ce n’est pas celui qui est le plus près, mais là où va votre cœur. Vous prenez l’initiation de la personne en qui vous reposez votre foi. Mais si c’est pour officier, c’est celui qui se trouve le plus près. Il fut très clair là-dessus. Il les nomma. Ils furent répartis sur le globe et il dit: “Celui qui est le plus près de vous, approchez-le, il examinera votre demande, puis, en mon nom, il vous initiera.” Il ne s’agit pas de faire reposer sa foi en la personne, pas du tout. Ça c’est le rôle du guru.

“Pour administrer ce Mouvement, dit Prabhupada, je dois former un GBC et je vais désigner les personnes suivantes. Pour que les gens continuent à joindre notre Mouvement et reçoivent l’initiation, je dois désigner des prêtres qui m’assisteront car […] Je ne peux physiquement diriger tout ce monde moi-même.”

Ce fut tout et jamais rien de plus. Vous pouvez parier votre dernier dollar que Prabhupada aurait parlé durant des heures, des jours et des semaines entières de la manière de mettre en place cette histoire de gurus, mais il avait dit un million de fois: “Mon Guru Maharaja ne nomma personne, c’est par qualification”. Nous avons commis une grave erreur. Après le départ de Srila Prabhupada, quelle est la position de ces onze personnes ? […]

Prabhupada montra qu’il ne s’agissait pas seulement de sannyasis. Il nomma deux personnes qui étaient des grhastas et pouvaient au moins être ritviks, montrant par-là qu’ils égalaient des sannyasis. Quiconque est spirituellement qualifié. Il est entendu qu’on ne peut accepter de disciples en la présence de son guru, mais quand le guru disparaît, vous pouvez accepter des disciples, si vous êtes qualifié et que quelqu’un peut reposer sa foi en vous. Bien sûr, ils (les disciples potentiels) doivent savoir comment reconnaître un guru digne de ce nom. Mais si vous êtes un tel guru, et que votre guru n’est plus présent, c’est votre droit. C’est comme un homme qui peut procréer […] Malheureusement, le GBC n’a pas admis ce point. Ils ont immédiatement (présumé, décidé) que ces onze personnes sont les gurus choisis. Personnellement, je dois dire qu’il y avait incontestablement en moi, et j’en demande humblement pardon à tous, une tendance à vouloir dominer […] C’est notre nature d’âme conditionnée et cela se manifesta dans la position la plus élevée: “Guru, oh génial! Me voilà guru, et nous ne sommes que onze” […]

Je crois que la réalisation ou compréhension de ceci est essentiel si nous voulons éviter que de telles choses se reproduisent ; car croyez-moi, l’histoire va se répéter. C’est juste une question de temps, après un peu de calme, pour qu’un nouvel incident n’éclate, ici, à Los Angeles ou ailleurs. L’histoire se répétera jusqu’à ce que nous laissions la véritable énergie spirituelle de Krsna se manifester sans restriction […] je le ressens pour le GBC, s’ils ne reconnaîssent pas rapidement ce point, s’ils ne réalisent pas cette vérité. Vous ne pouvez pas me montrer, que ce soit sur bande magnétique ou par écrit, quelque chose où Prabhupada dit: “Je nomme ces onze personnes gurus.” Cela n’existe pas car il n’a jamais nommé de gurus. C’est un mythe […] Le jour où vous êtes initiés, vous recevez le droit de devenir un père quand le vôtre disparaîtra, si vous êtes qualifiés. Pas de nomination. Aucun besoin d’une nomination car il n’en existe pas.

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